

Pour une sortie équitable du pétrole, du gaz et du charbon
Fin avril, un groupe de pays «volontaires» s'est réuni à Santa Marta, en Colombie, afin de faire avancer la transition vers l'abandon des énergies fossiles à l'échelle mondiale. Des organisations de la société civile étaient présentes. Pour elles, une chose est claire: ce changement doit être organisé de manière équitable. Caritas Suisse a participé aux discussions sur place.
Les négociations lors des conférences internationales sur le climat (COP) se sont enlisées ces dernières années. Les résistances de certains États et de puissants acteurs économiques sont trop importantes, et la volonté de trouver un compromis pour maîtriser ensemble la crise climatique est trop faible. Suite à la COP30 au Brésil l'année dernière, une initiative s'est toutefois formée pour tenter de contourner les blocages dans les grandes négociations multilatérales et d'obtenir des progrès dans un cercle plus restreint d’États sélectionnés. La première conférence sur l'abandon des combustibles fossiles (First Conference on Transitioning Away from Fossil Fuels) a marqué le point de départ de cette démarche.

La société civile a joué un rôle important lors de la conférence
Plus de 50 pays, dont la Suisse, se sont réunis à Santa Marta, une ville côtière de Colombie, afin de définir les voies d'une sortie équitable, ordonnée et accélérée du charbon, du pétrole et du gaz. Outre la Colombie, pays hôte, la rencontre a été coorganisée par les Pays-Bas. Une large place a été accordée à la société civile et à la science lors de la réunion, ce qui a été très positif et a donné lieu à des discussions constructives. Les résultats de Santa Marta doivent désormais être pris en compte dans les négociations menées dans le cadre des conférences annuelles sur le climat. Même si les défis sont importants et que le temps presse, cette rencontre constitue une étape importante, car elle a clairement positionné l'abandon du pétrole, du gaz et du charbon comme axe central de la protection internationale du climat, ouvrant ainsi des perspectives prometteuses pour la transition vers l'abandon des combustibles fossiles.
C'est là que l'on voit l'urgence de la question: atteindre les objectifs climatiques mondiaux est essentiel, en particulier pour les personnes les plus pauvres du Sud global. Waidy Fuentes, collaboratrice du programme national de Caritas Suisse en Colombie, a participé à la conférence. Voici ce qu’elle en retire:

«Un sentiment commun d'urgence était clairement perceptible lors de la conférence. L'inquiétude grandit face aux conséquences du changement climatique. Les pays du Sud global sont touchés de manière disproportionnée par ces phénomènes, bien que le Nord global ait contribué dans une plus grande mesure à leur apparition.»Waidy FuentesWaidy Fuentes, collaboratrice du programme national de Caritas Suisse en Colombie
Lors de la conférence, la société civile a présenté une série de revendications centrées sur une sortie juste et équilibrée des énergies fossiles. La sortie des énergies fossiles ne doit pas se faire au détriment des populations locales, qui subissent déjà aujourd'hui les effets négatifs de leur extraction. Cette préoccupation se manifeste dans le voisinage immédiat du lieu de la conférence: l'entreprise suisse de matières premières Glencore exploite, tout près de Santa Marta, l'une des plus grandes mines de charbon au monde. Depuis des années, l'entreprise est en conflit avec une partie de la population locale; ce conflit porte sur les réinstallations forcées et les ressources en eau limitées. Cette situation est particulièrement grave si l'on considère qu'une grande partie de la population de Santa Marta n'a pas d'accès régulier à l'eau potable. Les gens craignent qu'en cas de fermeture de la mine, l'entreprise ne se retire sans avoir remédié aux effets négatifs. Cet exemple montre à quel point il est essentiel d'organiser de manière équitable la sortie des énergies fossiles.
Les pays pauvres ne doivent pas s'endetter pour cette transition
Pour les organisations de la société civile, dont Caritas Suisse, la conférence de Santa Marta a en outre mis l'accent sur l'exigence que les États plus riches soutiennent les pays du Sud global dans leur transition grâce au financement climatique. Aucun pays ne doit être obligé de s'endetter (encore plus) pour pouvoir sortir du système. Ce sont justement des pays comme la Suisse qui peuvent et doivent apporter une contribution décisive dans ce domaine. La réunion de Santa Marta a constitué un forum important pour réitérer ces demandes.

Waidy Fuentes a en outre emporté avec elle des éléments importants pour son travail quotidien dans le programme national de Caritas Suisse en Colombie. «La conférence a renforcé ma conviction que Caritas Suisse joue un rôle clé dans la création de liens entre les communautés et les organes de décision, déclare-t-elle. Elle peut beaucoup contribuer à ce que la transition énergétique vienne de la population et ne repose pas uniquement sur des approches technologiques ou économiques.»

Angela Lindt
Responsable du service Politique de développement et du climat+41 41 419 23 95alindt@caritas.ch
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Photo de couverture: La conférence sur le climat qui se tiendra en Colombie en avril 2026 est porteuse d'espoir. © mis à disposition