

L'engagement en faveur d’un monde plus sûr nécessite des moyens financiers suffisants
Le Conseil fédéral a mis en consultation une nouvelle stratégie de sécurité. Il y reconnaît que la coopération internationale (CI) a un rôle important à jouer pour un monde sûr et stable. Mais parallèlement, la Suisse coupe des fonds dans ce domaine important afin de pouvoir financer le réarmement. Caritas Suisse a pris position sur cette contradiction.
Dans sa proposition relative à la nouvelle stratégie de sécurité 2026, le Conseil fédéral expose son évaluation des risques auxquels la Suisse est confrontée et propose des mesures pour y faire face. Caritas Suisse salue le fait que la stratégie se base sur une compréhension globale de la politique de sécurité. Ainsi, cette stratégie engage la Suisse à contribuer à la sécurité et à la stabilité dans le monde. Elle doit également œuvrer en faveur d'un ordre international pacifique et équitable et promouvoir le droit international et les droits humains.
Pour atteindre ces objectifs, le Conseil fédéral mise sur la coopération internationale, car la pauvreté, les inégalités, la crise climatique et la raréfaction des ressources favorisent les conflits et l'instabilité, comme il l'écrit justement. Il précise que la coopération au développement, l'aide humanitaire et la promotion de la paix font donc partie intégrante de la prévention en matière de sécurité. Caritas Suisse salue cette prise de position claire du Conseil fédéral en faveur d'une CI forte.
Toutefois, Caritas critique le débat actuel sur la politique financière : le réarmement entraîne des coupes massives dans la CI, la protection du climat et la cohésion sociale, qui sont des éléments tout aussi centraux pour la sécurité du pays. La nouvelle stratégie de sécurité est marquée par cette contradiction fondamentale. Caritas Suisse est convaincue que des moyens financiers suffisants sont nécessaires pour assurer une sécurité globale dans le monde, dont la Suisse profiterait également.
En collaboration avec Alliance Sud, Caritas demande donc que l'on discute des recettes supplémentaires afin d'éviter que le budget consacré à la coopération internationale ne soit encore davantage réduit dans les années à venir. Caritas Suisse se montre en principe critique à l'égard d'une augmentation de la TVA. Elle pèse de manière disproportionnée sur les ménages les plus modestes, car ceux-ci doivent consacrer la majeure partie de leur revenu à subvenir à leurs besoins et souffrent déjà de la hausse du coût de la vie. Caritas Suisse est convaincue qu'il faut au contraire des recettes supplémentaires provenant de sources qui ne pèsent pas encore plus sur les personnes à bas revenus. Du point de vue de Caritas Suisse, on pourrait par exemple envisager l'instauration d'un impôt sur la fortune au niveau fédéral ou d'un impôt sur les gains immobiliers.
Réponse détaillée à la consultation à télécharger
en allemand

Vernehmlassungsantwort
Vernehmlassung zur Sicherheitspolitischen Strategie der Schweiz 2026 (Für eine umfassende Sicherheit)
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Photo de couverture: Zerstörte Gebäude in Syrien. © Hasan Belal