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Nouvelle prise de position

Ne pas instrumentaliser la coopération au développement

Lors des débats autour de l’orientation stratégique de l’engagement suisse en matière de politique de développement, ou plus récemment, lors des discussions sur les réfugiés érythréens, il y a toujours un groupe de parlementaires qui revendiquent que la coopération au développement soit couplée à la politique de l’asile. Notre prise de position souligne qu’orienter la coopération au développement en fonction des intérêts de la politique d’asile est peu réaliste et politiquement contestable.

 

En 2016, le débat sur l’orientation de la coopération suisse au développement a été marqué par la «crise des réfugiés». La discussion sur la coopération internationale de la Suisse ne s’est donc pas uniquement centrée sur des propositions d’économies. La tentative d’instrumentaliser la coopération au développement moyennant des revendications en termes d’asile a occupé l’avant-scène. Divers parlementaires souhaiteraient ainsi faire dépendre la coopération au développement d’une volonté de collaboration des pays partenaires de la Suisse en matière d’asile. Et la demande d’orienter les programmes par pays vers les « défis géopolitiques actuels » a été récemment formulée.

Notre prise de position souligne qu’orienter la coopération au développement en fonction des intérêts de la politique d’asile est peu réaliste et politiquement contestable. L’idée d’établir un lien entre la politique d’asile et l’aide au développement est fondée sur une compréhension erronée de la coopération au développement. L’engagement de la politique de développement vise à lutter contre la pauvreté et à encourager un développement durable. La coopération au développement ne peut donc pas dépendre des intérêts de la politique migratoire. Les réels défis de la politique migratoire se situent dans des pays comme la Somalie, la Syrie, l’Afghanistan et l’Irak. On ne peut poser des conditions relevant de la politique d’asile à la coopération au développement. Au lieu d’instrumentaliser la coopération au développement, il vaudrait mieux s’engager de manière plus résolue dans l’intérêt d’un développement pacifique, équitable et durable.

En plus de fournir une généreuse aide humanitaire à des régions en crise, la Suisse peut s’attaquer aux causes structurelles de l’exil en mettant en place des mesures à long terme, efficaces en termes de développement et de droits de l’homme, et elle peut ouvrir des perspectives. Elle doit de surcroît s’engager pour la création de couloirs de migration sûrs et légaux, et mettre l’accent sur les droits humains des réfugiés et des migrants.

 
  • Prise de position «Non à l'instrumentalisation de la coopération au développement »
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