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Assumer la responsabilité des réfugiés au lieu de tomber dans l’alarmisme

En 2016, le nombre des demandes d’asile déposées en Suisse a sensiblement baissé, passant de plus de 40 000 à quelque 27 000, soit un recul de 31,2%. Selon Caritas, les statistiques du Secrétariat d’État aux migrations montrent bien que l’alarmisme qui a cours dans la politique d’asile est déplacé. Au lieu de se barricader plus encore, la Suisse est appelée – et peut très bien parvenir - à assumer davantage de responsabilité sur la question des réfugiés : vis-à-vis de pays bien plus touchés par les flux migratoires, en accueillant des réfugiés dans le cadre de contingents et en intégrant les réfugiés à l’intérieur de ses frontières.

 

Que le nombre des réfugiés arrivant en Suisse fléchisse à ce point n’est pas dû à l’absence de raisons de fuir. Au contraire : la guerre dévastant la Syrie s’est poursuivie l’an dernier également. Dans des pays comme l’Irak, l’Afghanistan et l’Érythrée, le niveau de menace n’a en outre pas baissé pour la population civile, même si des acteurs politiques tentent de le faire croire, dans le cas de l’Érythrée particulièrement. Le recul du nombre de réfugiés s’explique surtout par la fermeture de la route des Balkans et par l’accord problématique en termes de politique humanitaire passé entre l’Union européenne et la Turquie.

En 2015, la question du nombre maximal de réfugiés susceptibles d’être accueillis en Suisse a attisé les peurs et les incertitudes. Dans ce contexte, notre pays était nettement moins visé par les flux migratoires que l’Allemagne et l’Autriche par exemple. On constate aujourd’hui que les prévisions excessives étaient erronées. Que des idées de mobilisation de soldats à la frontière pour repousser les réfugiés continuent de circuler doit donc être considéré comme une volonté politique d’effrayer l’opinion, sans lien avec la réalité.

De l’avis de Caritas, l’aide humanitaire n’a rien perdu de son urgence en Syrie et dans les pays voisins. Les États européens de première entrée comme la Grèce et l’Italie sont aussi tributaires d’un soutien. Il est donc nécessaire d’accueillir un contingent de réfugiés – l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) cherche des places d’accueil de toute urgence. Au lieu d’économiser sur l’intégration, il faut un engagement plus résolu pour garantir l’intégration la plus rapide possible des réfugiés. Enfin, sur la base de la Convention relative aux droits de l’enfant, la Suisse est tenue d’accorder protection et soutien aux réfugiés mineurs, selon les besoins de leur âge.

 

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