Navigation mit Access Keys

 
Ouganda

Revenu et sécurité alimentaire grâce à « l’arbre de vie » (moringa oleifera)

En Ouganda, le taux de chômage se situe entre 61 et 83 %. La jeunesse n’a pas de perspectives d’avenir. Beaucoup font partie de bandes criminelles. Le pays souffre aussi de pénurie alimentaire et des conséquences d’une nutrition déséquilibrée. Le projet de Caritas vise à cultiver des arbres Moringas sur les terres des prisons. Le Moringa, parfois appelé l’arbre de vie, possède de très nombreuses vertus : il est riche en nutriments, et on l’utilise également dans la fabrication de cosmétiques. Les détenus qui travaillent dans les plantations de Moringas touchent un salaire. Et on les prépare à créer leur propre plantation de Moringas après leur libération.

 

Pays / région / lieu
Districts de Gulu et Soroti, nord de l’Ouganda


Groupe cible
2 000 détenus et 100 gardiens de prison (160 femmes) ; 400 patientes et patients, 15 employés et 30 membres du comité des centres sanitaires ; 900 élèves et 60 membres du corps enseignant ; 70 collaboratrices et collaborateurs de l’organisation partenaire sur place ; indirectement, environ 250 000 personnes


Budget nécessaire
598 198 francs


Durée du projet
Du 01.03.2017 au 28.02.2020 (36 mois)


Numéro du projet
P170020


Objectif du projet
Le projet contribue à la sécurité alimentaire, crée des possibilités de revenus et permet à de jeunes femmes et hommes de se réinsérer dans la société après leur peine de prison


Responsable du projet
Kathrin Wyss, Tél : 0411 419 22 39, kwyssto make life hard for spam bots@to make life hard for spam botscaritasto make life hard for spam bots.ch


Département
Afrique/Amérique latine

 
 

De quoi s’agit-il?

L’Ouganda fait partie des pays les plus pauvres de la planète. Certes, son économie est en pleine croissance, mais les centres économiques actifs ne sont qu’une facette. Les régions rurales éloignées des centres restent d’une grande pauvreté. Au nord du pays, la pauvreté absolue ne cesse d’augmenter, elle est passée de 68 à 84 % de la population entre 2006 et 2013. Et si un choc économique a lieu, près de 43 % de la population ougandaise risque de tomber dans la pauvreté.

De plus, le gouvernement du pays est autoritaire, les services publics sont rongés par la corruption et souffrent de la démographie exponentielle et le paysage politique est encore marqué par les effets de la guerre civile. Le conflit autour des ressources est l’un de ces effets. Sans compter les problèmes récurrents, qui imprègnent la société, comme l’inégalité de traitement entre genres, qui est quotidienne.

L’Ouganda a une démographie galopante, ce qui met le pays devant un défi de taille : il faut occuper sa population jeune. 77 % de la population a moins de 30 ans. La plupart de ces jeunes sont peu ou pas formés, et le chômage atteint le chiffre vertigineux de 61 à 83 %. Rien d’étonnant donc au fait que la criminalité est également importante. Un grand nombre de jeunes n’ont pas d’autre choix pour garder la tête hors de l’eau. Ces jeunes gens, garçons et filles finissent dans des prisons absolument surpeuplées, manquant cruellement de personnel, dans lesquelles ils et elles perdent leur statut social. À leur sortie, ils seront discriminés, marginalisés, ce qui explique pourquoi le taux de récidive dans la criminalité est énorme.

De plus, la sécurité alimentaire n’est pas garantie en Ouganda. Presque 81 % de la population pratique une agriculture de subsistance. En dépit de sols fertiles, la production alimentaire est insuffisante. Des conflits de terres, les difficultés d’accéder à la propriété, la croissance démographique et les changements climatiques se conjuguent pour limiter la production agricole. La sécurité alimentaire n’est donc pas garantie, ou si elle l’est, c’est de façon déséquilibrée, trop riche en glucides. Des nutriments nécessaires comme les minéraux et les protéines manquent, ce qui peut engendrer des problèmes sanitaires et de malnutrition pour les populations particulièrement vulnérables, les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, les détenus, les personnes âgées.

Il faut donc trouver de nouvelles approches pour répondre à ces défis. Il y a notamment priorité à agir dans les districts de Gulu et de Soroti, dont les prisons sont surpeuplées et où la pauvreté est particulièrement importante. L’arbre Moringa, riche en nutriments, représente une solution holistique aux problèmes. 

 

Que faisons-nous?

L’arbre Moringa est une plante à croissance rapide et résistant bien à la sécheresse. Ses feuilles, mais aussi sa sève, sont précieuses à plus d’un titre, puisqu’elles peuvent servir de complément nutritionnel, de traitement de l’eau polluée ou encore pour la fabrication de cosmétiques. Le Moringa est riche en vitamines, magnésium, protéines et bien d’autres nutriments et partout dans le monde, il fait l’objet d’une demande de plus en plus forte. La plante est donc apte à garantir la sécurité alimentaire, mais aussi la création de revenus.

Le présent projet se concentre sur différents thèmes : une première phase consiste à sensibiliser quelque 3500 personnes vulnérables aux nombreux avantages qu’offre l’arbre Moringa en matière de santé et d’alimentation. Par exemple, certaines prisons, écoles et centres de santé apprennent à améliorer la qualité de leur approvisionnement alimentaire par le biais de l’arbre Moringa. En outre, on organise dans les mêmes institutions des manifestations publiques de sensibilisation aux bienfaits du Moringa afin d’éduquer un public plus large sur les avantages de la consommation et de la production de l’arbre.

On plante des arbres Moringas dans les jardins des écoles et des centres sanitaires. D’une part, cela sert à des fins de démonstration en ce qui concerne la culture et la récolte, d’autre part, cela fournit aux institutions concernées une alimentation saine. Les jardins sont administrés par des comités formés pour ce faire. Sur les terres des prisons, de grandes plantations de Moringas sont créées. Les détenus en bénéficient à plus d’un titre : en travaillant sur la plantation, ils et elles peuvent se constituer des économies qui faciliteront leur réinsertion socioéconomique après leur détention. De plus, ils et elles sont ainsi préparés à créer leur propre culture de Moringas après leur libération.

Pour compléter la chaîne de valeur ajoutée, Caritas Suisse et ses partenaires construisent à Gulu et Soroti des espaces de fabrication de produits du Moringa et les équipent de presses à huile, de machine à pulvérisation et d’autres moyens techniques. À Gulu, un entrepôt de séchage est également construit. Le traitement des différentes parties du Moringa crée des emplois, et donc des possibilités de revenus supplémentaires pour la population sur place, et les gains de la vente des produits peuvent être réinvestis dans le projet.

Les partenaires de Caritas Suisse transmettent leur savoir-faire aux membres des comités et au personnel des prisons. Ces derniers, une fois formés, informent eux-mêmes les personnes intéressées et leur donnent les bases de la création de leur propre entreprise. Les cours de formation couvrent tous les sujets importants, de la semence à la culture en passant par la transformation, l’emballage, le stockage et la commercialisation des produits de l’arbre Moringa. Les formations sont suivies de près par des experts des organisations partenaires.

Enfin et surtout, le projet renforce les structures des organisations partenaires locales. Elles apprennent à effectuer des contrôles de qualité sur les produits de l’arbre Moringa et à respecter des normes d’hygiène importantes pour la certification nationale et internationale, ainsi que des analyses de marché. Elles renforcent ainsi leurs compétences dans la construction d’une entreprise sociale, augmentent leurs connaissances de la culture de l’arbre et améliorent leur structure organisationnelle.

 

Votre don

Contenu de replacement