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Brasilien

Transformation des huiles usagées en biodiesel

Plus de 1250 collecteuses et collecteurs de déchets de l’agglomération de Recife gagnent leur vie en transformant des déchets qui ne sont pas éliminés correctement. Nombre d’entre eux vivent dans la rue dans des conditions précaires. En collaboration avec l’organisation partenaire locale, Caritas Suisse aide cinq coopératives de collecteurs de déchets à transformer des huiles alimentaires usagées en biodiesel et à vendre ce produit. Les collecteurs de déchets peuvent de cette manière dégager un revenu complémentaire et du même coup, le projet contribue substantiellement à la protection du climat et de l’environnement.

 

Pays / région / lieu
Brésil, État fédéral du Pernambouc, Recife


Groupe cible
600 personnes marginalisées (122 familles), collecteurs de déchets de cinq coopératives de l’agglomération de Recife


Budget nécessaire
210 000 francs


Durée du projet
Du 01.03.2016 au 31.12.2018 


Numéro du projet
P150121


Objectif du projet
Le recyclage des huiles alimentaires usagées contribue à la protection du climat et de l’environnement et à l’amélioration des conditions de vie de groupes marginalisés.


Responsable du projet
Esther Belliger, Tél : 041 419 24 41, ebelligerto make life hard for spam bots@to make life hard for spam botscaritasto make life hard for spam bots.ch


Département
Afrique / Amérique latine

 
 

De quoi s’agit-il?

Le Brésil est considéré comme un pays émergent qui fait pourtant face à d’énormes disparités régionales. Alors que certaines parties du sud-est et du sud du pays ont un développement correspondant au niveau européen, d’immenses régions du nord et du nord-est continuent de présenter les caractéristiques des territoires pauvres des pays en développement. Dans le nord-est, la proportion de personnes vivant dans la pauvreté absolue est presque deux fois plus importante que dans le reste du Brésil.

Recife, capitale de l’État fédéral du Pernambouc et centre économique et commercial de la région, compte 1,5 million d’habitants, ce qui en fait la deuxième plus grande ville du nord-est du Brésil. L’ensemble de la région métropolitaine compte environ quatre millions d’habitants. Sa population a plus que sextuplé depuis 1950. Comme dans le reste du pays, cette urbanisation galopante a de graves conséquences sociales, économiques et écologiques. L’agglomération de Recife est classée au cinquième rang pour le nombre de favelas et 97% des 1075 bidonvilles de l’État fédéral du Pernambouc s’y trouvent.

Recife produit chaque jour 2300 tonnes d’ordures, dont 40% ne sont pas éliminées correctement et dont seuls 4% sont recyclées. Une grande partie d’entre elles sont collectées, triées et, en partie, recyclées par des collecteurs de déchets, les « catadores ». Ceux-ci disposent d’un revenu mensuel moyen sensiblement inférieur au salaire minimal national, plus d’un tiers d’entre eux sont analphabètes et 20% seulement ont un certificat scolaire. Souvent, les enfants aident déjà leurs parents à collecter des ordures. Faute de formation scolaire ou de qualifications professionnelles, il leur est quasiment impossible de s’intégrer dans le marché du travail formel. La région du projet de Recife compte environ 1250 « catadores ». Nombre d’entre eux vivent dans la rue dans des conditions précaires.

Le réchauffement climatique et la raréfaction des ressources ont focalisé l’attention sur le biodiesel dans le monde. Une loi prévoyant que le carburant doit contenir un certain pourcentage de biodiesel a fait du Brésil l’un des plus grands producteurs de biocarburants. Dans le monde entier, des projets novateurs ont démontré que les huiles alimentaires usagées (« huiles de cuisine ») pouvaient servir de matière première pour le biodiesel. Chaque année, 50 millions de litres d’huiles alimentaires ne sont pas éliminées correctement dans la région métropolitaine de Recife, ce qui a des conséquences désastreuses pour l’environnement, en particulier pour l’eau.

 

Que faisons-nous?

Le recyclage des huiles alimentaires usagées prévu par notre projet contribue d’une part à la protection du climat et de l’environnement et, d’autre part, à l’amélioration des conditions de vie d’un groupe marginalisé.

En collaboration avec notre organisation partenaire locale, la Caritas régionale, le projet aide cinq coopératives de collecteurs de déchets à transformer des huiles usagées en biodiesel et à vendre ce carburant. Des entreprises partenaires locales des coopératives, ainsi que des restaurants, des hôtels, des cantines et des fast-foods locaux mettent leurs huiles alimentaires usagées à disposition. Les collecteurs de déchets viennent les chercher et les transforment, en se servant d’une installation spéciale, en biodiesel. Ce processus, qui nécessite l’adjonction d’additifs, produit également de la glycérine, qui peut facilement être transformée en savon, lequel peut être également vendu. Des accords d’achats du biodiesel et du savon ainsi fabriqués ont été signés avec diverses entreprises partenaires des coopératives. L’écoulement des produits est donc assuré et les collecteurs de déchets disposent d’un revenu supplémentaire planifiable.

Un total de 122 familles de collecteurs de déchets des cinq coopératives bénéficient de ce projet. Cette activité rapporte aux « catadores » un revenu mensuel supplémentaire d’environ 35 CHF (110 reais), autrement dit 16% en plus, qui les aide à couvrir leurs besoins fondamentaux, par exemple de meilleures conditions de logement ou une formation scolaire pour leurs enfants. Le solde du bénéfice est affecté à un fonds de solidarité destiné surtout à exploiter et entretenir l’installation. Les fonds résiduels servent à aider les familles en détresse (par exemple suite à la maladie d’un de leurs membres). Un processus participatif et transparent permet de choisir les personnes qui seront favorisées et le montant qui leur reviendra.

Le projet vise, en plus du bénéfice monétaire, à renforcer l’estime de soi et les droits de citoyen des collecteurs de déchets. À cet effet, différents ateliers sont organisés et la responsabilité de l’exploitation de l’installation et de l’administration du fonds de solidarité est progressivement confiée aux « catadores ».

Parallèlement, le projet apporte une contribution importante à la protection du climat et de l’environnement. La transformation en biodiesel des huiles végétales usagées réduit la consommation des ressources et les émissions de CO2. Comme le biodiesel a une faible teneur en composés aromatiques et en soufre, les émissions d’hydrocarbures et de particules sont réduites. On a également constaté une baisse des émissions de monoxyde de carbone et de poussières fines. La glycérine produite lors de la transformation peut être utilisée pour fabriquer du savon, si bien que le processus ne crée pas de déchets toxiques. En outre, la collecte des huiles usagées évite que celles-ci ne se retrouvent dans les eaux usées ou dans les ordures et, de là, n’atteignent les nappes phréatiques.

 

La sensibilisation de la population aux problèmes environnementaux et le lobbying sur les questions environnementales auprès des autorités politiques constituent un autre aspect important du projet. Du matériel de communication est élaboré et, par exemple, les restaurants, les hôtels et les fast-foods qui mettent leurs huiles à disposition sont labellisés entreprises écologiques.

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