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Israël

Améliorer les conditions d’existence de jeunes migrants

Des réfugiés africains vivent dans la précarité en Israël. Au ressentiment de la population à leur égard s’ajoute le fait qu’ils ne bénéficient de quasiment aucun droit, n’ont aucune perspective, pas d’assurance-maladie et aucun droit à des prestations sociales. Les enfants et adolescents souffrent particulièrement de cette situation. Le but du projet est l’intégration des jeunes réfugiés dans leur propre communauté par des activités sportives renforçant l’amitié entre les peuples, comme le football, par des rencontres d’études et des séances politiques et sociales, ainsi que par le soutien et l’accompagnement des parents. 

 

Pays/région
Israël / Tel Aviv


Groupe cible
Jeunes réfugiés à Tel Aviv


Budget nécessaire
185 851 francs


Durée du projet
Du 01.11.2016 au 31.10.2018


Numéro du projet
P160072


Objectif du projet
De jeunes réfugiés africains en Israël améliorent leurs compétences scolaires, sociales et politiques et sont mieux intégrés dans la société israélienne. Le renforcement des relations parents-enfants permet de contrer la négligence envers les enfants et les adolescents. 


Responsable du projet
Marion Schröder, mschroederto make life hard for spam bots@to make life hard for spam botscaritasto make life hard for spam bots.ch


Département
Asie / Europe

 
 

De quoi s’agit-il?

Depuis 2005, davantage de réfugiés d’Érythrée et du Soudan ont afflué en Israël. Presque tous ont traversé le désert du Sinaï où la plupart du temps ils ont été brutalisés, abusés et parfois torturés. En 2010, leur nombre a été estimé à environ 60 000. Leur statut juridique reste pour l’heure flou car Israël ne mène pas de politique claire vis-à-vis de ces réfugiés tout juste tolérés officiellement.

En Israël, des directives sur la gestion des questions relatives aux requérants d’asile n’existent que depuis 2002. Mais les médias rapportent que 99,9 % des demandes d’asile sont refusées : depuis sa création, le pays a reconnu moins de 200 requérants d’asile. Le statut juridique de tous les autres est flou. Les personnes tolérées doivent faire prolonger leur autorisation de séjour tous les deux mois environ et la plupart ne reçoivent pas de permis de travail. Un amendement de la « loi anti-infiltration » de 1954 est entré en vigueur en juin 2012. Il précise que des réfugiés ayant traversé illégalement la frontière – des « infiltrateurs » dans le jargon des fonctionnaires – peuvent être emprisonnés jusqu’à trois ans sans être entendus ; des personnes provenant « d’États ennemis », comme le Soudan, même de manière illimitée.

Le pic de l’immigration a été atteint autour de 2010. Puis Israël a réagi avec toujours plus d’acharnement contre les « envahisseurs » : en 2013, l’armée a mis la dernière main à une énorme clôture de 230 kilomètres de long dans le Néguev et établi plusieurs nouveaux camps dans la région frontière avec l’Égypte. Depuis 2013, quasiment plus aucune personne en provenance d’Afrique orientale n’est rentrée dans le pays. D’après des sources officielles, il ne reste plus aujourd’hui que 41 500 Africains (surtout) en Israël, dont 72% d’Érythréens (en majorité chrétiens) et environ 20 % de Soudanais (essentiellement musulmans).

Comme ils se voient refuser le statut officiel de réfugié, ils n’ont pas droit à des prestations sociales ou à une assurance-maladie, et vu qu’ils n’ont pas de permis de travail, la plupart ont des emplois précaires leur rapportant bien moins que le salaire minimal prescrit.

À cela s’ajoutent les ressentiments et les actes hostiles et racistes de la population israélienne, lesquels sont encore envenimés par de nombreux politiciens. Le premier ministre Benyamin Netanyahou a dit des réfugiés qu’ils étaient des travailleurs migrants susceptibles de mettre en péril le caractère juif de l’État.

Les causes de fuite ou les conditions de vie difficiles des réfugiés ne font quasiment pas l’objet du débat public et comme leur implantation a essentiellement lieu dans le quartier de Neveh Sha’anan, dans le sud de Tel Aviv, ces personnes passent le plus souvent inaperçues et sont séparées du reste de la population.

Séjournant la plupart du temps dans la rue où ils sont exposés à la violence, à la criminalité et aux attaques physiques, racistes et sexuelles, les enfants et les jeunes réfugiés pâtissent particulièrement de cette situation. Dans leurs familles également, ils ne trouvent que peu d’appui et de sécurité. Les mères sont fréquemment célibataires ou vivent elles-mêmes avec un partenaire violent ; de plus, les enfants et adolescents sont souvent livrés à eux-mêmes et négligés car les parents doivent gagner leur vie et sont donc absents et surchargés. 

 

Que faisons-nous?

Depuis deux ans, avec une organisation partenaire locale, Sadaka-Reut, Caritas mène des projets pour les jeunes visant à favoriser un changement social en Israël. Sadaka-Reut s’emploie depuis plus de 30 ans à renforcer une prise de conscience politique auprès des jeunes Israéliens et Palestiniens et à mener des efforts communs en vue d’une coexistence pacifique. Des améliorations de la situation des réfugiés africains doivent aussi être obtenues par la participation de la jeunesse concernée. À cette fin, il s’agit toutefois encore de renforcer ou de créer la conscience de cette possibilité et les compétences scolaires, sociales et politiques à l’intérieur de ce groupe. Il faut du même coup parvenir encore à améliorer sans délai les conditions de vie des participants au projet, ce qui passe par la participation directe des adolescents à diverses activités, puis par la consolidation des relations parents-enfants. Sadaka-Reut collabore à cet effet avec le centre communautaire « The Garden Library’s Children Community » à Neveh Sha-anan.

De nombreux enfants de réfugiés africains passent une grande partie de leur temps dans la rue, sans surveillance, où ils sont exposés à la violence et à la criminalité. Vu la précarité de leur situation et la surcharge de leurs parents, ils sont aussi habituellement négligés dans leur foyer. Comme les adolescents n’ont pas la possibilité de quitter leur quartier, ils sont également exclus de la population israélienne sur les plans culturel et social.

Par le football, 30 jeunes de 11 à 16 ans (répartis en deux groupes) sont soustraits à la rue et initiés au travail collectif. Ils intègrent une équipe de football officielle et participent à des entraînements réguliers lors desquels ils apprennent à agir en faisant partie d’une équipe et à résoudre des conflits sans violence. Lors de matchs à l’échelon national qui ont lieu chaque mois, ils rencontrent sur un pied d’égalité des Israéliens du même âge et peuvent utiliser les compétences footballistiques acquises. En parallèle, les adolescents prennent part à des heures d’études lors desquelles ils font leurs devoirs en bénéficiant d’un encadrement et de conseils, en se concentrant pleinement sur leurs études. De plus, quinze séances politiques et sociales ont lieu chaque année : les thèmes du racisme, de l’identité, des droits humains, du genre et spécifiques de l’émigration, en lien direct avec les conditions de vie des participants, sont abordés. Épaulé par des militants locaux, chaque groupe élabore une initiative sur le changement social qu’il met en œuvre dans son entourage. Un manuel est de surcroît rédigé et imprimé afin d’élaborer de futurs projets de ce genre.

Comme le bien-être des enfants dépend dans une large mesure de leur environnement, une consolidation des relations parents-enfants est également nécessaire. 30 parents sont aidés à mieux s’occuper de leurs enfants. Dans cet objectif, des entretiens approfondis avec les participants évaluent et recensent dans un premier temps les besoins et problèmes particuliers des parents dans des familles de réfugiés. Puis les formations sont concrètement planifiées sur la base des résultats obtenus. Dans le cadre de trois groupes parents-enfants, les participants reçoivent conseil et soutien sur des sujets comme la communication et les défis particuliers auxquels sont confrontées des familles de réfugiés hors de leur sphère culturelle et même sur des problèmes concrets comme l’organisation de la vie quotidienne. Les parents sont aussi encouragés à prendre une part active, durant le week-end, aux activités de leurs enfants. Ici également, un manuel sur le travail avec des enfants et des parents de familles de réfugiés est élaboré et imprimé pour soutenir d’autres organisations dans ce domaine.

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