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Inde

Protection des travailleuses domestiques

De nombreuses jeunes femmes quittent leurs villages pour aller travailler à Dehli comme employées de maison. Elles y sont exploitées voire maltraitées. Caritas a mis en place une organisation d’entraide, qui compte actuellement 4000 membres, et elle offre des formations et des conseils juridiques.

 

Pays / région / lieu
Inde / Dehli et État de Jharkhand


Groupe cible
10'000 jeunes femmes de villages de minorités ethniques qui travaillent à Dehli comme domestiques dans de riches familles indiennes


Budget nécessaire
CHF 1 641 739


Durée du projet:
Du 01.02. 2018 au 31.01.2023


Numéro du projet:
P180032


Objectif du projet
Les travailleuses domestiques sont traitées avec respect et décence. Elles s'organisent au sein d'un forum des employées de maison, qui fait valoir leurs droits fondamentaux et exige les prestations d'aide vitales. Les familles et les autorités des régions d'origine connaissent les conditions-cadres de la migration légale.


Responsable du projet
Jan Gruss, Tél: +41 41 419 22 51, jgrussto make life hard for spam bots@to make life hard for spam botscaritasto make life hard for spam bots.ch


Département
Asie / Europe

 
 

De quoi s’agit-il?

Les droits des employés de maison font l’objet de discussions dans le monde entier. L’Organisation internationale du travail (OIT), dont le siège est à Genève, a adopté en 2011 des normes sur les travailleuses et travailleurs domestiques. Celles-ci prévoient des conditions de travail dignes et des droits fondamentaux qui semblent à tout le monde aller de soi : salaire minimal, temps de travail convenu, réglementation sur les jours de congé et les vacances, contrat de travail écrit, choix du domicile et intégration dans les assurances sociales. En outre, l’employeur est tenu de traiter sans violence les travailleurs domestiques et de ne pas engager de mineurs.

L’Inde est l’un des plus grands espaces économiques du monde. En même temps, environ un tiers des pauvres de la planète y vivent. 20 % de la population disposent de moins de 1.90 US$ par jour et vivent dans une poverté énorme. La migration est importante.

Le développement rapide que connaissent les villes crée une forte demande de travailleurs domestiques. Par ailleurs, la population rurale autochtone s’appauvrit et perd ses bases d’existence, notamment parce qu’elle est chassée de ses terres au nom du développement. La précarité économique et sociale des villages de minorités ethniques de l’Est de l’Inde pousse de nombreuses personnes, en particulier les jeunes filles, à aller chercher du travail dans les villes. On estime que, à Dehli, environ 500'000 jeunes femmes travaillent comme employées de maison dans de riches familles indiennes, souvent dans de très mauvaises conditions. Elles viennent de régions périphériques, notamment de 'État de Jharkhand. Des organisations, notamment Chetanalaya, partenaire de Caritas, soutiennent les domestiques dans leur situation difficile et les aident à défendre leurs droits.

 

Que faisons-nous?

L’Inde n’a pas ratifié les normes internationales de l’OIT bien qu’elle estime elle-même compter 10 millions de travailleurs domestiques, dont presque 80 % sont des femmes. 

Caritas s’engage en faveur des travailleuses domestiques de Dehli depuis 2004 et a décidé, avec son partenaire local et les représentantes des employées de maison, d’agir tant dans la région d’origine que dans la région de travail : informer dans la région d’origine avec le concours de différents partenaires ; mettre sur pied, à Dehli, une organisation de travailleuses domestiques ; effectuer un travail de lobbying et de sensibilisation en faveur de la reconnaissance juridique et de la protection de ces travailleuses et créer des hotlines pour celles qui sont dans le besoin.

Les travailleuses domestiques mettent sur pied leur propre organisation : ces quatre dernières années, 4'000 jeunes femmes sont devenues des membres actives du « Forum des travailleuses domestiques » de Dehli. Elles sont organisées dans les quartiers, se rencontrent régulièrement au sein de leurs groupes (il y en a plus de 320), discutent de leur situation de travail et esquissent des stratégies d’actions pour faire valoir leurs droits. Leurs activités ont été couronnées de succès : dans certains quartiers, elles ont pu obtenir une amélioration de leur rémunération. Quelque 10'000 femmes ont participé à des formations, ont fait appel à l’assistance juridique, se sont engagées dans des programmes de sensibilisation et dans de grandes manifestations et ont négocié avec des politiciens et des policiers. L’organisation partenaire Chetanalaya aide les femmes à mettre sur pied leur propre organisation dans l’agglomération de Delhi et à s’assurer le soutien d’acteurs importants, tels que des politiciens, des organisations féminines, des experts et des avocats.

Le travail de sensibilisation débouche sur des succès : en 2017, le "Forum des travailleuses domestiques" a été reconnu comme syndicat par le gouvernement. Par ailleurs, une proposition de loi pour les employés de maison a été déposée au Parlement. Les prochaines années seront consacrées à l’encouragement et à la formation de leaders, à l’extension du Forum et aux campagnes en faveur de la reconnaissance des droits des travailleuses domestiques. En outre, il s'agit de renforcer les aides pour les femmes en détresse, comme des médiations en cas de conflits. Des équipes d’aide d’urgence sont à disposition pour les victimes de violence. Les avocates et les avocats déposent des plaintes et défendent les jeunes femmes devant les tribunaux. Le but est notamment que le "Forum des travailleuses domestiques" puisse continuer de fonctionner à l'avenir comme une institution durable et indépendante. Des cotisations sont prélevées et une stratégie locale de collecte de fonds est mise en place.

Chetanalaya et le "Forum des travailleuses domestiques" intensifient le travail d’information dans les régions d’origine et attachent une grande importance à une « migration informée ». Les autorités, les jeunes et les adultes doivent être informés des conditions-cadres de la migration légale et combattre et prévenir les abus. Ce travail se fait essentiellement en collaboration avec des organisations des régions d’origine.

L’organisation Chetanalaya est active depuis les années 1960. Son travail est très varié : aide au développement, défense des intérêts des habitants des bidonvilles et des zones de réinstallation de Delhi et lobbying en leur faveur, mise en place d’organisations actives au sein des groupes de population défavorisés, aides juridiques, programmes d’aide d’urgence, mais aussi aide sociale et programmes pour les jeunes entrepreneurs. Pour le lobbying et la défense des intérêts, elle collabore étroitement avec le réseau Caritas, avec d’autres acteurs, avec la Commission justice et paix et avec le gouvernement.

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