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Palestine

Aide aux enfants de Gaza

Dans la bande de Gaza, beaucoup d’enfants grandissent entre guerre, violence et absence de perspectives. Ils ont tendance à se replier sur eux-mêmes, à devenir apathiques ou agressifs, et perdent la capacité et la motivation pour apprendre. Par un programme sur dix semaines, Caritas les aide à rebondir dans ces conditions difficiles, à maîtriser le quotidien avec un regain de courage et à reprendre part à la vie scolaire quotidienne, renforcés et aptes à apprendre.

 

Pays / région / lieu
Palestine: Gaza


Groupe cible
Les enfants entre 6 et 12 ans et les personnes qui s’occupent d’eux


Budget nécessaire
Environ 399 500 francs par année


Durée du projet
Parrainages d'enfants à long terme


Numéro du projet
P180042


Objectif du projet
Permettre aux enfants dans la bande de Gaza de surmonter les difficultés d’apprentissage et les traumatismes causés par une enfance dans un territoire en crise. Grâce à des programmes spéciaux après l’école, les enfants retrouvent leur capacité d’apprendre et réussissent mieux à vivre avec les difficultés dues au maintien de l’occupation israélienne, aux troubles au sein de la Palestine, à la division des Palestiniens, au risque latent d’un nouveau conflit militaire et à un système scolaire surchargé et caractérisé par un manque d’enseignants.


Responsable du projet
Marion Schröder, Tél: 041 419 23 13, mschroederto make life hard for spam bots@to make life hard for spam botscaritasto make life hard for spam bots.ch


Département
Asie / Europe

 
 

De quoi s’agit-il?

Permettre aux enfants dans la bande de Gaza de surmonter les difficultés d’apprentissage et les traumatismes causés par une enfance dans un territoire en crise. Grâce à des programmes spéciaux après l’école, les enfants retrouvent leur capacité d’apprendre et réussissent mieux à vivre avec les difficultés dues au maintien de l’occupation israélienne, aux troubles au sein de la Palestine, à la division des Palestiniens, au risque latent d’un nouveau conflit militaire et à un système scolaire surchargé et caractérisé par un manque d’enseignants.

Dans la bande de Gaza, une des régions les plus densément peuplées du monde, 2 millions d’habitants et d’habitantes vivent dans des conditions politiques et socioéconomiques qui se détériorent constamment et dans un climat politique instable. L’occupation israélienne qui perdure et les trois derniers conflits armés ont mis l’économie à genoux ; même les infrastructures d’approvisionnement de base de la population n’ont pas pu être reconstruites. Il s’y ajoute que les divisions politiques des dirigeants palestiniens paralysent les services publics et l’administration. Cela conduit à un chômage croissant et, en conséquence, à un taux de pauvreté toujours plus élevé et c’est aussi la raison d’un manque permanent d’électricité. À présent que les États-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, une nouvelle escalade de violence s’est manifestée dans la bande de Gaza, ce qui a conduit à de nouvelles mesures de rétorsion israéliennes. À cause de la situation économique désolante, beau-coup d’habitants et d’habitantes se sentent menacés par l’insécurité politique et l’occupation, et le danger de nouveaux conflits est considéré comme réel. Tous ces points contribuent à un désespoir grandissant et à une détérioration de la situation humanitaire.

Les enfants sont particulièrement vulnérables dans la bande de Gaza – ils ne souffrent pas seulement de blessures psychiques et d’un approvisionnement de base insuffisant. Il leur manque aussi de la place pour jouer et, de manière générale, l’accès à un environnement sain et bienveillant à leur égard. Ils grandissent avec un profond sentiment de désespoir et une grande incertitude sur l’avenir. La plupart du temps, un enfant palestinien de 10 ans de la bande de Gaza n’a jamais quitté cette enclave côtière de 365 kilomètres carrés, toute en longueur. En outre, depuis très jeune, il a été témoin de trois périodes d’escalade de violence militaire. Les enfants vont à l’école par « équipes » de trois heures et sont assis avec 40 camarades de classe dans des salles surpeuplées. Ils ont l’habitude de subir des châtiments corporels de la part de leurs parents et du corps enseignant. Tous ces éléments aux répercussions profondes conduisent à des réactions traumatiques qui compromettent leur capacité de comprendre et d’assimiler les informations. Cela s’exprime principalement par des réactions psychosociales : retard de développement personnel, difficulté à apprendre et une moindre résistance psychique face à la vie dans ce territoire en crise.

Les enfants réagissent généralement à l’hostilité et à une surcharge en bridant leur besoin de mouve-ment et en se renfermant pour protéger leurs sens et leurs sentiments contre d’autres expériences négatives. Ils se cachent, restent à la maison, deviennent apathiques, blasés et insensibles vis-à-vis de leurs pairs, et perdent souvent tout intérêt et motivation pour ce qu’il leur faudrait apprendre. Certains enfants deviennent agressifs et/ou ont des difficultés de concentration. Les enfants qui sont exposés à des facteurs de stress négatif aigus connaissent parfois des retards de développement et se sentent dépassés à l’école. Il en résulte une frustration et des réactions de surcharge émotionnelle. L’école n’a pas de réponses adaptées à cette problématique dans la bande de Gaza, car le corps enseignant ne dispose ni d’une formation, ni de connaissances suffisantes pour aborder les enfants individuellement. Beaucoup de parents ne savent pas comment soutenir leurs enfants et réagissent par des châtiments corporels, ce qui aggrave encore la situation. C’est pourquoi les enfants de la bande de Gaza ont be-soin d’aide et de soutien pour retrouver un semblant de normalité, se débrouiller en situation de détresse psychosociale et gagner en résilience. Il est important pour eux de retrouver des facultés de sensibilité et de sensorialité qui sont à la base de la capacité d’apprendre.

 

Que faisons-nous?

Dans la bande de Gaza, on estime à 300 000 le nombre d’enfants correspondant à la description ci-dessus. Ils ont besoin d’une aide psychosociale, car leurs parents sont principalement occupés à assurer la subsistance de la famille, et le personnel enseignant et éducatif, lui-même souvent traumatisé, est surchargé.

En 2014, après la dernière offensive militaire dans la bande de Gaza, les besoins spéciaux d’enfants d’âge scolaire en proie à des difficultés d’apprentissage ont été reconnus et débattus. En partenariat avec l’organisation d’entraide partenaire locale Youth Empowerment Centre (YEC), Caritas Suisse a travaillé sur le concept de programme pédagogique et psychosocial d’apprentissage intégré. Ce programme, qui est adapté aux besoins des enfants de 6 à 9 ans et de 9 à 12 ans qui vivent dans la bande de Gaza, est mis en œuvre sur place depuis 2014. Chaque cycle de programme dure dix semaines et est subdivisé en quatre unités d’apprentissage par semaine, dispensées par des pédagogues dûment formés.

Dans le cadre de ce projet, ce programme est appliqué dans quatre nouveaux centres mobiles (dans les territoires limitrophes du sud et du nord de la bande de Gaza ainsi que dans la ville de Gaza) et intègre les besoins d’enfants et de parents qui n’ont pas encore participé à un tel programme auparavant.

Le projet applique une approche globale, orientée sur l’enfant, et combine des éléments pédagogiques avec des éléments psychosociaux structurés. Il aborde des thèmes comme la peur, l’instabilité, la co-lère et le repli et offre en outre un cadre sûr, neutre en matière de genre, où filles et garçons peuvent jouer, apprendre, se rencontrer et avoir des activités communes. Ici aussi, ils sont sous la surveillance de travailleurs sociaux et d’enseignants spécialisés, hommes et femmes. Par cette approche, les enfants souffrant de traumatismes et de difficultés d’apprentissage doivent retrouver leurs capacités et, en même temps, devenir plus stables et plus résistants face à des événements aux répercussions négatives profondes. L’objectif est de les ramener par la suite dans le degré scolaire qui correspond à leur âge. Dans ce programme, Caritas et YEC essaient de stimuler les sens et la perception corporelle des enfants, au moyen de diverses tâches sensorielles ainsi que par la peinture, le dessin et le fait de raconter des histoires. Les contenus du programme tournent autour d’un thème hebdomadaire donné qui est défini selon les branches du plan d’études. Ces activités aident les enfants à exprimer plus librement leurs sentiments sur des événements traumatisants, à retrouver des compétences propres, à trouver l’accès à leurs souvenirs. Le matériel de jeu, d’enseignement et de bricolage est fait de matériaux recyclés que l’on trouve en abondance dans leur environnement. Ce travail sur des matériaux du quotidien de l’environnement des enfants stimule aussi la créativité et la faculté de s’organiser soi-même, ce qui augmente aussi la résilience. En dix semaines, on réussit ainsi à renforcer suffisamment les aptitudes des enfants pour qu’ils réintègrent le degré scolaire qui correspond à leur âge.

Dans les phases de mise en œuvre du projet qui ont précédé, environ 85 % des enfants qui ont participé au programme ont pu retrouver leur faculté d’apprendre et développer des aptitudes pour consolider et même augmenter leur résilience dans des moments pénibles. Les enfants qui n’y arrivent pas peuvent participer à un nouveau cycle ou sont adressés à des organismes spécialisés.

Ce projet aide aussi les parents : ils apprennent comment soutenir leurs enfants dans leur développement. Ils reçoivent des indications sur le développement du petit enfant et sur les phases d’apprentissage de l’enfant, ainsi que sur l’utilisation de matériaux et de ressources de recyclage pour créer un environnement favorable pour les enfants. Le programme comprend aussi des visites de suivi à domicile pour les parents. À la fin de chaque cycle de dix semaines, un bilan est dressé avec tous les groupes concernés impliqués, pour que de nouvelles constatations puissent alimenter le cycle de dix semaines suivant.

 

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