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Inde: des enfants qui ramassent les déchets se forgent un avenir meilleur

À Jahangirpuri, un bidonville de Delhi, vivent 500 000 personnes, dont 50 000 gagnent entre un et deux euros par jour en ramassant des ordures et peuvent ainsi à peine survivre. Les parents et leurs enfants commencent leur journée de travail à quatre heures du matin dans les décharges environnantes. Caritas Suisse travaille depuis des années avec les ramasseurs d’ordures dans les bidonvilles de Delhi : les enfants sont scolarisés, bénéficient d’un soutien scolaire et apprennent à défendre leurs droits dans des parlements d’enfants. 

 

Pays / région / lieu
Inde, Delhi


Groupe cible
Enfants et familles qui vivent dans les bidonvilles de Delhi du ramassage des ordures


Budget nécessaire
CHF 580 896


Durée du projet
01.5.2016 - avril 2019


Numéro du projet
P150111


Objectif du projet
Les enfants de ramasseurs d'ordures sont scolarisés, bénéficient d'un soutien scolaire et apprennent à défendre leurs droits dans les parlements des enfants. Les familles de ramasseurs d'ordures sont formées au traitement des déchets.


Responsable du projet
Jan Gruss, Tél: 041 419 23 28, jgrussto make life hard for spam bots@to make life hard for spam botscaritasto make life hard for spam bots.ch


Département
Asie / Europe

 
 

De quoi s’agit-il?

L’Inde est pleine de contrastes. C’est un pays qui dispose – comme les autres pays émergents – d’une économie en plein essor et d’un savoir-faire reconnu dans le monde entier, notamment dans le domaine de l’informatique. Sur la scène internationale, l’Inde s’affirme comme un acteur mondial. Le revers de la médaille montre une réalité amère : au classement IDH – l’indice de développement humain - (qui ne tient pas seulement compte du revenu, mais aussi de l’éducation, de la santé, de la pauvreté et de l’égalité des chances), son indice est inférieur à la moyenne des pays du sud asiatique, ce qui la place en comparaison internationale au rang 134 (sur 187 pays). Cela signifie que quelque 400 millions d’individus vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins d’un euro par jour Tout juste 60% des Indiens et Indiennes de plus de quinze ans ont fréquenté l’école pendant quatre ans, beaucoup ne savent ni lire ni écrire. L’avenir ne semble pas plus réjouissant – malgré une amélioration de la législation.
Bien que l’égalité des chances, l’abolition du servage et du travail des enfants, le dépassement du système des castes, l’engagement en faveur de la justice sociale soient fermement ancrés de manière exemplaire dans la Constitution, ces promesses n’ont guère été tenues dans la pratique. La pauvreté dans les campagnes et l’espoir d’une vie meilleure incitent beaucoup de gens à migrer dans des mégapoles comme Mumbay (ex Bombay), Kolkata (ex Calcutta) et Delhi.

En Inde, c’est la pauvreté qui est la cause principale du travail des enfants. La pauvreté est en même temps une conséquence du travail des enfants. Comme ces derniers ne vont pas à l’école, mais doivent travailler, ils ne gagnent pas assez, une fois adultes, pour nourrir leur famille. En Inde, un enfant sur cinq de moins de quatorze ans travaille; selon les estimations de l’UNICEF, leur nombre total s’élève à 75 millions. La Constitution indienne interdit la traite des hommes et le travail forcé. Même si la loi est claire et univoque, sa mise en application laisse beaucoup à désirer.

Dans le bidonville de Jahangirpuri à Delhi vivent 500‘000 personnes; environ 50‘000 d’entre elles gagnent entre 1 et 2 euros par jour en ramassant du plastique, du papier et des boîtes de conserve, du cuivre et du fer, ce qui leur permet tout juste de survivre. Les parents et leurs enfants commencent à travailler sur les décharges des environs à quatre heures du matin : ils trient les ordures collectées et les vendent à des commerçants. La situation de ces familles est préoccupante. Les conditions d’hygiène et leur état de santé sont alarmants : les blessures dues aux débris de verre, aux métaux rouillés sont fréquentes et favorisées par l’absence de systèmes d’évacuation des eaux usées, l’eau insalubre et des montagnes de déchets. Les problèmes sociaux sont importants. 

 

Que faisons-nous?

Caritas Suisse collabore depuis des années avec des ramasseurs d’ordures dans les bidonvilles de Delhi : elle s’est fixé pour objectif d’amener la municipalité – dans le contexte de la réorganisation de la gestion des déchets – à prendre en compte les ramasseurs d’ordures. Elle aide l’organisation parte-naire locale Chetanalaya à négocier sur place avec le gouvernement et à développer et améliorer les possibilités de traitement des déchets.

Chetanalaya travaille depuis des années à Jehangirpuri, l’un des bidonvilles de Delhi, avec l’objectif d’améliorer la formation des enfants qui travaillent. La législation indienne a été modifiée l’an dernier et elle reconnaît le droit des enfants à l’instruction du jardin d’enfants à la dixième année scolaire. Cette nouvelle législation permettra à l‘avenir à Chetanalaya d’intensifier ses efforts aux côtés des enfants, des parents et des quartiers pour les aider à revendiquer leurs droits fondamentaux tout en rédui-sant ses offres de prestations subsidiaires dans le domaine de l’éducation. Il est bien connu qu’un grand nombre d’enfants scolarisés quittent prématurément l’école parce qu’ils ne peuvent pas suivre les cours – ce qui est un des pièges de la pauvreté. Chetanalaya accentuera ces offres de soutien de manière ciblée, encouragera la formation des parlements des enfants et donnera du poids à leurs demandes.

Pendant la dernière phase du projet a eu lieu une évaluation dont le but était de contrôler la qualité de la mise en œuvre et d’élaborer des bases de travail dans un avenir proche. L’évaluation a montré que Chetanalaya était fortement ancré dans les bidonvilles et a souligné le travail d’une équipe engagée et très motivée qui obtient beaucoup de résultats avec de très simples moyens. L’évaluation a salué les excellentes initiatives en faveur de l’intégration des enfants dans les écoles publiques, des centres de cours de rattrapage et de prestations de services efficaces et absolument indispensables telles que les crèches, et surtout les parlements des enfants auxquels quelque 270 enfants participent activement.

La gestion des déchets est un sujet d’actualité qui est en pleine mutation. Le gouvernement estime nécessaire d’agir pour améliorer son organisation; il a annoncé des changements et passe des contrats avec des entreprises et des particuliers. Les perspectives pour les ramasseurs d’ordures ne sont pas prometteuses. Actuellement, Caritas Suisse collabore avec Chetanalaya pour trouver des possi-bilités concrètes de mieux recycler et vendre les déchets, et elle envisage à ce sujet des forma-tions techniques simples. Au premier plan, il y a le recyclage des papiers et leur commercialisation ainsi que d’autres projets de traitement des déchets (p.ex. la production de pellets à partir de déchets organiques). Pour les familles de collecteurs d’ordures, l’accent est mis sur l’approche multi-compétences qui permettrait de les former à s’adapter aux changements des situations. Caritas Suisse propose des possibilités de démarrer dans la fabrication du papier, dans la formation et l’entraînement à la création de revenus pour les femmes et les hommes, et elle les soutient au niveau des conseils techniques, du financement, de la mise en place d’une organisation simple, de la gestion et de la commercialisation. 

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