Haïti

Une formation professionnelle dans le secteur de la construction, et un accès à l’emploi qualifié

Deux tiers des Haïtiennes et Haïtiens vivent dans la pauvreté. La population est jeune — le chômage est très élevé. À cause de l’absence de formation scolaire, un grand nombre de jeunes font un apprentissage traditionnel dans le secteur informel. Ces apprentissages ne sont pas réglementés et ne sont pas orientés vers les besoins du marché. Le projet promeut l’accès à une formation et formation continue dans le secteur de la construction. Il crée des perspectives professionnelles pour des jeunes qui n’ont pas terminé leur scolarité. Et il permet d’augmenter les standards de qualité de la construction en Haïti, tenant compte des risques de tremblement de terre et d’ouragans.

 

Pays / région / lieu
Haïti, Département Ouest (Port-au-Prince), Département Sud-Est (Jacmel) et Département Sud (Les Cayes)


Groupe cible

Le groupe-cible comprend de jeunes Haïtiennes et Haïtiens, notamment :

  • des jeunes de 15 à 24 ans actuellement en-dehors du système d’éducation formel ;
  • des jeunes qui ont terminé une formation professionnelle formelle dans la construction et souhaitent faire un stage dans une moyenne ou petite entreprise ;
  • des personnes travaillant dans la construction de manière formelle ou informelle. Cela comprend les aides et les professionnels formés de manière formelle et informelle, les apprentis et les stagiaires.

Budget nécessaire
Environ 1,75 million de francs suisses par an


Durée du projet
Parrainages/marrainages à long terme


Numéro du projet
P180068


Objectif du projet
Les jeunes filles et garçons ont accès à une formation et à une formation continue agréées par l’État, trouvent un emploi et améliorent ainsi leurs revenus.


Responsable du projet
Andrea Reitze, Tél : 041 419 x22 46, areitzenot shown@caritasto make life hard for spam bots.ch

 
 

De quoi s’agit-il?

La grande majorité des quelque 11 millions d’habitants vit dans des conditions précaires. Deux tiers de la population vit dans la pauvreté, et un quart dans l’extrême pauvreté, avec moins de 1,25 dollar par jour. L’économie du pays est faible, son système politique instable. Les catastrophes naturelles récurrentes, tremblements de terre, ouragans, sécheresses et inondations, aggravent encore la situation. L’instabilité politique de longue date fait fuir les investissements étrangers. L’économie n’est pas diversifiée et très faiblement concurrentielle.

La moitié de la population du pays a moins de 25 ans. Et dans le groupe d’âge des 16-24 ans, il y a 60 % de chômage. Compte tenu de l’instabilité politique du pays, le fort taux de chômage des jeunes recèle un grand potentiel de conflit. La plupart des formations professionnelles ne sont disponibles que pour des jeunes ayant un diplôme de fin de scolarité. D’ailleurs, 90 % des centres de formation sont privés et coûtent cher. La plupart des jeunes garçons et filles qui n’ont pas terminé leur scolarité ou même ne sont jamais allés à l’école n’ont pas accès à ces formations. La moitié des plus de 15 ans ne savent ni lire ni écrire. On estime que 500‘000 enfants n’ont jamais été scolarisés parce qu’il n’y a pas d’école à proximité ou que leurs parents ne peuvent payer les taxes de scolarité. Et parmi les enfants qui vont à l’école, seuls 56 % terminent leur scolarité primaire, et moins encore leur secondaire.

C’est pourquoi la plupart des jeunes font un « apprentissage traditionnel » dans le secteur informel. Ce dernier est particulièrement répandu dans le secteur économiquement important de la construction en Haïti. Les jeunes sont formés dans de petites entreprises ou le maître d’apprentissage est également le patron. Ce dernier forme les jeunes par la pratique. Ils ont eux-mêmes appris le métier de cette manière. Cet apprentissage traditionnel est doublement informel : l’apprentissage n’est pas réglementé, et n’est donc reconnu ni par l’État ni par les autres entreprises. Il n’y a pas de programmes d’uniformité d’apprentissage, pas de contrôle des formateurs et donc pas de normes de qualité uniformes. De plus, ces apprentissages se font dans l’économie informelle.

En général, l’éducation et la formation en Haïti ne sont pas suffisamment adaptées aux besoins du marché. La réglementation de la formation professionnelle est insuffisante, car il n’y a pas de coordination entre les autorités étatiques. Au plan national, le cadre de la certification est faible et peu transparent. Il n’y a aucune transversalité et pratiquement aucune perméabilité entre la scolarité et la formation professionnelle. Il n’existe pratiquement pas de services liés à l’orientation professionnelle et à l’intégration sur le marché du travail, ni d’ailleurs de statistique fiable en matière d’intégration sur le marché de l’emploi des apprenties et apprentis. Cependant, l’État haïtien a reconnu le problème et a adopté en avril 2018 une loi pour réorganiser et moderniser la formation professionnelle et la formation continue. Cette loi vise à créer des institutions de coordination, un cadre national de certification et un centre de recherche et de développement de la formation professionnelle initiale et continue. C’est sur cette base que ce projet s’articule.

 

Que faisons-nous?

Le projet promeut l’accès à une formation et formation continue dans le secteur de la construction dans les régions de Port-au-Prince, Jacmel et Les Cayes. Il crée des perspectives professionnelles pour des jeunes qui n’ont pas terminé leur scolarité. Et il permet d’augmenter les standards de qualité de la construction en Haïti, tenant compte des risques de tremblement de terre et d’ouragans.

On fonde des associations professionnelles avec les professionnels formels et informels. Ces dernières entrent à leur tour dans la Chambre nationale de l’artisanat et du commerce. Le projet soutient les associations dans leur organisation interne, par exemple dans l’élaboration de statuts et de plans d’activités. Les associations prennent part à l’établissement de standards de formation professionnelle et reçoivent une formation complémentaire à cette fin. Elles mettent en place des mesures permettant de mieux intégrer les femmes dans les professions techniques. Elles collectent les exemples de bonnes pratiques et dans le secteur de la construction et les transmettent à leurs membres. Elles se mettent en réseau avec les centres de formation et de formation continue, comme les universités ou les centres professionnels. On soutient également la Chambre nationale de l’artisanat et du commerce dans son dialogue avec les principaux acteurs politiques. L’objectif est d’organiser les professionnels formels et informels en associations professionnelles et d’influencer la politique gouvernementale en matière de formation professionnelle.

Un pool de formateurs est également mis en place. Les formateurs doivent être reconnus comme tels, soit par le centre national de formation professionnelle, soit par les associations professionnelles. Ensemble, ils forment des équipes qui élaborent des contenus pédagogiques. Afin d’améliorer la perméabilité entre les différents programmes de formation initiale et continue, il faudra d’abord élaborer des normes relatives au profil professionnel et aux compétences nécessaires. Ceux-ci servent de base à l’élaboration des certifications. Sur la base d’une étude portant sur les femmes dans le secteur de la construction, on met en œuvre des mesures de sensibilisation. Enfin, tous les acteurs concernés élaborent une procédure de gestion commune et d’évaluation des standards de formation. De cette façon, les professionnels formels et informels peuvent étendre et certifier leurs compétences.

Dans un troisième volet du projet, la gouvernance du secteur de la formation professionnelle doit être améliorée. On soutient l’Institut national de la formation professionnelle pour ce qui concerne la diffusion des approches et des instruments, ainsi que pour l’introduction d’un contrôle de qualité. Un plan de développement pour améliorer la formation technique est en cours d’élaboration avec l’École Normale Technique. En collaboration avec le ministère des Travaux publics, des Transports et des Communications, le projet travaille à intégrer dans la formation, les normes de construction de bâtiments résistant aux catastrophes naturelles, et de contrôler leur mise en œuvre. On aide la Chambre nationale de l’artisanat et du commerce à mettre en place une base de données des artisans certifiés. Au niveau national, on soutient les autorités à développer des moyens de financer la formation professionnelle initiale et continue et à créer un fonds pour la formation professionnelle des femmes dans les métiers de la construction. On met en place diverses approches permettant aux petites entreprises de rémunérer leurs stagiaires. Enfin, on élabore des offres d’orientation professionnelle.

Le projet s’insère dans le programme de douze ans « Système de qualification et d’accès des professionnels au travail en Haïti » de la DDC. La première phase du projet court de 2019 à 2023. Le projet est mis en œuvre par Caritas Suisse et est un consortium composé de Caritas Suisse (chef de file) et de Swisscontact.

 

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