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Conférence contre la pauvreté 2016: La pauvreté est un fait

La politique suisse prend le problème de la pauvreté au sérieux. « En Suisse, une personne sur huit est menacée de tomber dans la pauvreté. C’est inacceptable dans notre riche pays », a expliqué Alain Berset, Conseiller fédéral, lors de la conférence nationale contre la pauvreté qui a eu lieu le 22 novembre. Mais selon Caritas, la lutte contre la pauvreté doit devenir encore plus concrète.

 

Depuis 2014, le programme national de lutte contre la pauvreté a permis de réaliser toute une série d’études analysant en détail les différentes racines de la pauvreté. Toutes ces études se rejoignent sur un point : elles constatent qu’en Suisse, la pauvreté est un fait.

C’est dans ce contexte que la conférence nationale contre la pauvreté du 22 novembre a réuni autour d’une réflexion commune des représentants du monde scientifique et de la société civile, des personnes directement touchées et, dans une moindre mesure, des politiciennes et politiciens. Une délégation de Caritas était également présente, avec son directeur Hugo Fasel. Préalablement, Caritas avait lancé au Conseiller fédéral Alain Berset un « Appel contre le démantèlement social. Lutter contre la pauvreté dans notre riche Suisse », appel signé à ce jour par 2700 personnes et qui a trouvé un fort écho lors de la conférence.

Nous sommes heureux de constater que du côté des autorités publiques des instances de trois niveaux ont participé à la conférence contre la pauvreté : l’association des communes et l’initiative des villes, les gouvernements cantonaux et la Confédération. Une déclaration commune de lutte contre la pauvreté a été signée. C’est un premier pas, même si cela reste encore une déclaration de principes. Il faut encore concrétiser tout cela » explique Hugo Fasel, directeur de Caritas Suisse. La déclaration reprend les thèmes centraux de Caritas : formation continue et de rattrapage, prestations complémentaires pour familles et mesures politiques du marché du travail, par exemple des efforts visant l’harmonisation entre vie professionnelle et vie de famille. « Ces approches doivent être politiquement mises en œuvre. C’est à la fois important et urgent », martèle Hugo Fasel.

La conférence nationale contre la pauvreté a également mis en évidence certaines lacunes : par exemple, le monde de l’économie en était absent, et nul n’a mentionné la responsabilité de l’économie. Hugo Fasel l‘a rappelé avec force : « La pauvreté existe aussi dans des branches économiques versant des salaires insuffisants pour assurer le minimum vital. Elle est également due aux changements structurels économiques puisque des personnes auparavant qualifiées se retrouvent au chômage. L’économie a une responsabilité : elle doit accompagner ces changements structurels de manière à ce qu’ils soient socialement supportables, par exemple en renforçant les possibilités de formations continues et de formations de rattrapage. L’aide sociale ne peut pas à elle seule régler les problèmes de changements structurels. »

Le programme de lutte contre la pauvreté de la Confédération, très modeste puisqu’il s’élève à 9 millions de francs pour cinq ans, doit absolument être reconduit après 2018. Cette contribution ne permet guère plus que de réaliser quelques programmes de recherche pratiques et de gérer quelques projets pilotes. Il serait vraiment scandaleux que le Parlement, dans son programme d’économies, réduise ou supprime cette modeste contribution de la Confédération. Ce serait une preuve d’incapacité honteuse de notre riche Suisse.

Les représentants de communes, des villes et des cantons se sont dits en accord avec pratiquement toutes les positions de Caritas en matière de lutte contre la pauvreté. Mais, à la différence de Caritas, ils ne se sont pas exprimés sur l’incohérence politique des cantons : selon Hugo Fasel, « plusieurs parlements cantonaux ont évincé les acteurs de la lutte contre la pauvreté. Les parlements prennent même la voie inverse : au lieu d’intensifier la lutte contre la pauvreté, ils se livrent à un démantèlement social sur le dos des personnes touchées par la pauvreté ».

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