Sulawesi : une triple catastrophe et bien des vicissitudes

Après la catastrophe en Indonésie, des villages isolés sont particulièrement tributaires d’une aide - Service de presse 01/2019

 

Le séisme qui a secoué l'île indonésienne de Sulawesi le 28 septembre 2018 a eu des conséquences dévastatrices. Il a déclenché un tsunami et provoqué la liquéfaction du sol dans certains quartiers de la ville de Palu, un phénomène qui a tout enseveli comme une coulée de boue. Il a été beaucoup question des victimes de la liquéfaction du sol ces derniers mois. On a toutefois tendance à oublier que la catastrophe de Sulawesi a causé bien d’autres vicissitudes encore. 

2 101 victimes confirmées, 1 373 disparus et plus de 67 000 maisons détruites : c'est le triste bilan de la catastrophe du 28 septembre 2018 dans le centre de Sulawesi, en Indonésie. L'île de Sulawesi a subi une triple catastrophe ce jour-là : à 18 h 02, heure locale, un séisme de magnitude 7,5 a déclenché un tsunami qui a projeté des vagues de neuf mètres de haut sur la côte. Outre le tremblement de terre et le tsunami, une liquéfaction du sol s'est également produite dans certaines zones de la capitale régionale de Palu. Des quartiers entiers ont été littéralement avalés par le sol.

Liquéfaction du sol : un phénomène relativement nouveau

Le phénomène de liquéfaction du sol était peu connu jusqu'alors. Il n’est certes pas nouveau et s’est par exemple produit suite au tremblement de terre en Haïti, en 2010, ou au séisme de Christchurch en Nouvelle-Zélande, en 2011. Mais un tel événement n’avait jamais causé autant de victimes dans l'histoire récente. Après la catastrophe de Sulawesi, les médias, puis le soutien du gouvernement, se sont principalement concentrés sur les zones dévastées par la liquéfaction du sol, notamment à Petobo, Balaroa, Jono Oge et Sibalaya. Cette focalisation s’explique non seulement parce que c'est là que le plus grand nombre de victimes a été enregistré mais aussi parce que ces zones sont relativement faciles d’accès et situées au centre ou à la périphérie de la ville de Palu comptant 400 000 habitants.

Les victimes du tremblement de terre et du tsunami ne doivent pas être oubliées

La concentration sur ces zones a toutefois occulté l’ampleur des dégâts occasionnés par le tsunami et le tremblement de terre. Seules quelques personnes résidant à l’extérieur de Palu ont pu s’exprimer dans les médias même si ces régions ont été tout autant touchées par la catastrophe. À ce jour, 133 631 personnes vivent dans des camps de tentes ou des logements d’urgence dans le centre de Sulawesi. Deux tiers d’entre elles environ habitent les districts de Sigi et Donggala – elles ont perdu tous leurs biens lors du tsunami ou du séisme.

Les villages de montagne du district de Sigi, à plusieurs heures de route de Palu, sont particulièrement touchés. Lorsqu'il pleut abondamment, les routes qui y mènent sont régulièrement inondées et les villages sont donc complètement coupés du monde extérieur. Il a par conséquent fallu attendre quelques jours avant que l'aide n'arrive sur place. De nombreuses familles de Sigi ont perdu leurs maisons suite au tremblement de terre. Pendant la saison des pluies en cours, les personnes touchées sont constamment exposées à de nouveaux dangers tels les glissements de terrain et les inondations. Dans le village de Salua par exemple, de graves crues soudaines ont eu lieu au début décembre - les rares familles qui avaient encore une maison intacte et s’y sentaient en sécurité ont vu les flots tout emporter. 

Trois mois après la catastrophe : les besoins des familles touchées

Alors que l'aide du gouvernement se concentre principalement sur les victimes de la liquéfaction du sol, des milliers de familles touchées par le tremblement de terre et le tsunami sont tributaires du soutien d'organisations d’entraide comme Caritas. Après la catastrophe, les communautés affectées ont reçu principalement des vivres et des biens de secours tels que des couvertures, des tentes et des articles d'hygiène. Plus de trois mois après l’événement, les familles qui ont tout perdu veulent enfin reprendre leur destin en main et ne plus dépendre des livraisons de biens de secours. C'est pourquoi Caritas Suisse a lancé début janvier un programme de travail dans trois villages de Sigi : 970 personnes sont employées pendant 20 jours pour dégager leurs maisons et leurs rues des décombres et sont rémunérées pour ce travail. Avec l'argent gagné, elles peuvent acheter de la nourriture et d'autres biens pour leurs familles sur les marchés locaux. Elles peuvent de cette manière décider elles-mêmes comment utiliser cet argent et contribuer au rétablissement du marché local. 

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