Les personnes fuyant le Venezuela s’exposent à de nombreux risques

Des risques importants surviennent avec la migration - Service de presse 06/2022

Le risque d’être happé dans un trafic d’êtres humains est en augmentation pour les personnes réfugiées du Venezuela. Malgré la fermeture des frontières pendant la pandémie, plus de 6 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays à ce jour. Ils et elles sont prêts à accepter beaucoup dans l’espoir de trouver une vie meilleure dans les pays d’accueil. C’est un défi de taille que de les protéger de la traite des êtres humains.

Selon le rapport de l’Indice mondial du crime organisé 2021, la traite des êtres humains est désormais l’activité criminelle la plus répandue dans le monde. Rien que dans la région d’Amérique latine et Caraïbe, ce sont près d’un million et demi de personnes qui, dans le cadre de la migration, ont besoin d’une protection contre la traite des êtres humains.

En 2020, les pays entourant le Venezuela ont fermé leurs frontières à cause de la pandémie. À partir de 2021, elles ont été en grande partie rouvertes. Ces restrictions de mobilité et l’aggravation de la crise économique et sociale due au COVID-19 ont incité les migrants vénézuéliens à emprunter de plus en plus souvent des itinéraires irréguliers et dangereux, appelés « trochas », pour se rendre dans leur pays de destination. Dans les régions frontalières, ces personnes migrantes rencontrent une multitude de groupes armés ou de bandes criminelles qui contrôlent les zones et rendent les passages dangereux. Le risque d’être victime de la traite d’êtres humains augmente énormément, notamment en raison de la faible présence de l’État. Les personnes les plus touchées sont celles qui migrent du Venezuela vers la Colombie, où le conflit armé s’étend dans les régions frontalières. Selon Human Right Watch, les premiers mois de 2022 ont été marqués par une augmentation dramatique de la violence, ce qui a poussé des milliers de personnes à fuir plus loin. Et, en Colombie même, certaines zones enregistrent une augmentation des cas de traite des êtres humains ; c’est le cas notamment des zones limitrophes du Panama et de l’Équateur, ou également de la frontière entre l’Équateur et le Pérou. 

Dangers dans les régions frontalières

Les migrants de passage courent un grand risque d’être victimes d’agressions, d’extorsion ou d’abus. L’exploitation sexuelle, principale forme de traite d’êtres humains, touche particulièrement les femmes, les enfants et les jeunes. Ces personnes sont victimes, non seulement de trafic, mais aussi de violences sexuelles, et souvent contraintes à la prostitution.

Il existe d’autres formes d’exploitation comme le travail forcé, le trafic d’organes ou la mendicité forcée, qui touche surtout les jeunes enfants. Les mineurs non accompagnés qui ont été séparés de leur famille sont particulièrement vulnérables et sans protection.

Souvent, les autorités locales n’ont que peu de possibilités de poursuivre les groupes criminels qui s’adonnent à cette traite d’êtres humains. Les victimes portent rarement plainte, par peur de représailles ou par méconnaissance des mécanismes de signalement. En outre, les services compétents n’ont pas l’expérience nécessaire pour identifier le crime et ne connaissent pas suffisamment le danger que représente la traite d’êtres humains. Si l’on veut mieux protéger les personnes migrantes, il faut renforcer la coopération entre les autorités, améliorer l’identification et la dénonciation des cas et donner un meilleur accès aux informations sur les mécanismes de protection et de signalement.

Soutien de Caritas Suisse

Caritas Suisse et ses partenaires locaux s’engagent pour que les personnes qui souhaitent quitter le Venezuela soient informés des dangers potentiels des routes migratoires et reçoivent des conseils leur permettant de faire un voyage sûr. Un soutien est également apporté aux réfugiés qui se trouvent déjà dans les pays d’accueil comme la Colombie, le Pérou et le Brésil. Ces personnes sont informées sur les processus de migration et reçoivent des conseils juridiques sur des sujets tels que la protection des enfants, les conditions de travail illégales ou la violence et l’exploitation, ce qui renforce leur protection.

En outre, les personnes réfugiées du du Venezuela reçoivent des billets de bus pour un transport sûr vers leur prochaine destination. Ces transports dits humanitaires réduisent leur risque de tomber entre les mains de passeurs et de trafiquants d’êtres humains. Elles reçoivent également des billets pour leurs proches, ce qui leur permet de regrouper les familles. Les enfants et les jeunes, particulièrement vulnérables, sont accueillis dans des hébergements le long des routes migratoires, des lieux de couchage sûrs où ils et elles sont protégés contre les abus et l’exploitation.

Photo : Felipa Larozza

L'engagement de Caritas : Aide aux victimes de la crise au Venezuela