Intégration grâce aux familles d’accueil

Placement des enfants en situation difficile - Service de presse 02/2020

Ali* vient à l’entretien directement après le travail et dans les vêtements qu’il porte au travail. Ali est un ancien enfant réfugié. Il a commencé en août 2019 un apprentissage de monteur-chauffagiste. Depuis trois mois, il ne vit plus dans la famille d’accueil où Caritas l’a placé.

Il avait quinze ans lorsqu’il est arrivé de Somalie, seul et sans famille. Il a vécu presque deux ans dans un centre d’asile. Il est arrivé dans la famille Kunz deux jours après son 17e anniversaire. La famille compte déjà quatre enfants dont trois sont majeurs. C’est Caritas qui a assuré le placement d’Ali dans la famille Kunz. Caritas en effet place des enfants et des jeunes en situation difficile dans des familles d’accueil sélectionnées. Le placement officiel d’Ali devait durer jusqu’à son 18e anniversaire. Mais la famille Kunz lui a proposé de rester au-delà de cette date, jusqu’au début de son apprentissage. Malgré sa soif de liberté, Ali a accepté. 

Apporter son aide par amour du prochain

La famille Kunz a décidé en 2018, longtemps avant qu’Ali n’arrive, d’offrir un foyer à des enfants en difficulté. Ce sont les nouvelles de famines, de catastrophes naturelles et de la souffrance des personnes qui fuient leur pays qui les a motivés à proposer leur aide. La famille considère que son engagement est un devoir citoyen et une manifestation d’amour pour son prochain. 

Le souvenir de la première rencontre entre Ali et la famille est très différent selon les points de vue. Tim, 13 ans, se souvient qu’Ali n’avait pas de pantoufles. La fille aînée a été impressionnée par le fait qu’Ali s’est souvenu du nom de chaque mouton dans l’étable. Les deux évocations font rire aujourd’hui autour de la table. Kathrin, la maman d’accueil, se rappelle qu’Ali a donné un coup de main pour clôturer les moutons et elle a tout de suite vu qu’il aimait travailler. Ali répond à cela qu’en Somalie, il aidait sa mère, par exemple en allant chercher de l’eau. « J’étais l’aîné », ajoute-t-il en guise d’explication. Stefan, le père d’accueil, lui, raconte que lors de sa première visite d’essai chez eux, Ali a choisi un livre dans le salon et qu’il a tranquillement lu pendant une heure à côté de lui.

L’intégration, un processus réciproque et une décision consciente

Grâce au soutien de ses parents et frères et sœurs d’accueil, Ali a pu prendre pied et trouver sa propre voie. Cela n’a pas toujours été sans peine. Mais ce sont justement les frottements, la recherche des limites, les discussions et la construction d’une confiance mutuelle qui permettent d’avancer. Kathrin Kunz, sur cette question : « l’intégration est un processus. Ali décide lui-même jusqu’où il veut s’y engager ». Quand on lui demande ce que la vie en famille d’accueil lui a apporté, Ali répond : « J’ai pu faire un bon bout de chemin, j’ai appris l’allemand et j’ai eu une famille à nouveau ». Il ajoute : « Qui sait où je serais aujourd’hui ? Peut-être en prison ».

La famille, une protection

Stefan Kunz se rappelle à quel point beaucoup de gens les ont aidés. Une amie de la grand-mère a tricoté des chaussettes pour Ali, il a aussi reçu des chaussures de sport et la vendeuse de sa mobylette lui a consenti un gros rabais. Stefan Kunz le dit ainsi : « Tout à coup, j’étais fier d’être Suisse ». Kathrin Kunz souligne qu’une famille représente une protection pour un mineur réfugié : il est moins vulnérable en appartenant à une famille.

Tout le monde est d’accord pour dire qu’Ali l’a compris très vite. Et c’est resté ainsi, même après son départ. Aujourd’hui, Ali a 19 ans, il vit partage un appartement tout près de son lieu de travail et pas trop loin de sa famille d’accueil. Ali vient manger chez eux, donne un coup de main lorsqu’il y a des travaux à faire et rentre chez lui avec un tupperware de « Papa Sauce », la célèbre sauce-spaghetti de Stefan Kunz. Ali bénéficie d’un soutien scolaire dans la famille d’accueil. Ses parents d’accueil disent tous deux : « Nous sommes inquiets lorsqu’Ali ne vient pas pendant un certain temps. Nous espérons qu’il reste sur le bon chemin ». Le fait qu’Ali soit arrivé dans la famille Kunz il y a seulement deux ans et qu’il n’ait pas vécu avec eux pendant deux années entières n’a plus d’importance.

*Le nom des personnes citées a été changé.

L'engagement de Caritas: www.placementfamilial.ch