Ce sont les enfants qui souffrent le plus dans la guerre

Caritas Suisse soutient les enfants d’Ukraine dans six pays différents - Service de presse 7/2022

Plus de 40 % des personnes déplacées par la guerre en Ukraine sont des enfants. Pour eux, l’explosion de violence est particulièrement inconcevable. Après plus de quatre mois de guerre, les familles tentent de trouver une forme de stabilité malgré toutes les incertitudes. Les enfants ont besoin d’un soutien psychosocial et de perspectives. Caritas Suisse aide les enfants d’Ukraine dans six pays différents.

« Que dois-je dire à mes enfants ? Nous ne pouvons pas sortir, il y a des snipers dehors », raconte Svetlana en parlant de la cachette où elle s’était réfugiée durant les premiers jours de guerre. Lorsque les premières bombes sont tombées, Svetlana a mis les dessins animés à la télévision le plus fort possible pour couvrir les bruits de la guerre. Mais pour les enfants de Svetlana, dans le petit village de Plakhtyanka, près de Kyiv, la guerre est vite devenue une réalité. Les enfants ont aidé à fabriquer des bandages pour les blessés avec des draps et ont appris à rationner l’eau bouillie. Contre la faim, ils ont sucé leur réserve de bonbons. Ensuite, les attaques se sont intensifiées, et la famille a dû se terrer dans sa cachette durant plusieurs jours. Avec l’aide de Caritas, Svetlana et ses enfants ont réussi à s’enfuir. Mais les horreurs de la guerre sont profondes.

Beaucoup d’enfants ont de la peine à concevoir l’horreur qui les entoure ; et la fuite les expose encore à des événements traumatisants. « Pourquoi ces oncles bizarres lancent-ils des bombes sur les maisons et les jardins d’enfants ? », demande le un enfant à sa mère. Dans ses centres en Ukraine, Caritas propose un soutien psychologique aux enfants. Les psychologues pour enfants leur proposent de dessiner et bricoler, ce qui leur permet de mieux assimiler les expériences traumatisantes. En groupe, ils font des exercices de respiration et des jeux de réflexion auxquels ils peuvent recourir dans des situations de stress. Des après-midi de jeux, des théâtres de marionnettes et des excursions permettent aux enfants réfugiés de mieux appréhender leur nouvelle vie. 

Prise en charge d’enfants handicapés et d’orphelins

Les enfants qui vivaient déjà avant la guerre dans des institutions ou avaient besoin d’une attention particulière, notamment les orphelins et les enfants handicapés, doivent bénéficier d’une prise en charge plus personnalisée. Ivan, 14 ans, a fui en Pologne avec sa mère après qu’une explosion a arraché les vitres de leur appartement. Ivan est autiste et a besoin de soutien et de médicaments, une vraie gageure en temps de guerre. Le voyage, qui a duré des heures, a été un calvaire pour Ivan. « C’était terrible quand le train pour Varsovie est arrivé, car tout le monde se bousculait pour avoir une place », raconte la mère d’Ivan. Ils sont arrivés au milieu de la nuit dans un centre de Caritas Pologne. Le centre Caritas est devenu temporairement leur maison ; Ivan y reçoit le soutien et les médicaments dont il a besoin.

Caritas Pologne a accueilli 700 enfants particulièrement vulnérables et les personnes qui les accompagnaient. Vaille que vaille, les enfants se sont adaptés aux centres Caritas, explique Monika Figiel de Caritas Pologne. Actuellement, Caritas travaille d’arrache-pied pour trouver des solutions de prise en charge à long terme. Grâce à une planification minutieuse et à une collaboration étroite avec toutes les personnes concernées, nous essayons d’offrir aux enfants un environnement stable et de leur éviter un stress supplémentaire dû à de nouveaux déménagements.

Il faut que les enfants poursuivent leur scolarité.

Les combats en Ukraine durent depuis 20 semaines. Beaucoup ne savent pas si un retour au pays sera possible, et quand. Les gens commencent à organiser leur vie quotidienne avec toutes ces incertitudes. Les enfants doivent pouvoir réintégrer le système éducatif le plus rapidement possible. De nombreux enfants ukrainiens participent aux cours en ligne. « C’est un défi de motiver les enfants à apprendre. Il leur est difficile de se concentrer sur les cours lorsque leurs pensées sont occupées par la guerre », raconte Rozaliya Brodych, enseignante de Caritas à Drohobych, dans l’ouest de l’Ukraine. Mais il est d’autant plus important que les enfants puissent poursuivre leur scolarité, puisque cette dernière avait déjà été fortement limitée par le Covid-19 ces deux dernières années.

Les enfants qui ont fui à l’étranger tentent de s’intégrer dans le système scolaire du pays d’accueil. Dans les pays voisins de l’Ukraine, cela dépasse les capacités du système éducatif. En Roumanie, les enfants peuvent certes suivre des cours, mais les écoles ne sont pas équipées pour accueillir les nouveaux arrivants avec des cours de langue. C’est pourquoi Caritas soutient les familles dans leur intégration dans le système scolaire par des activités d’intégration complémentaires. Dans d’autres pays voisins, en Pologne, en Moldavie et en Slovaquie, Caritas Suisse soutient également la prise en charge des enfants qui ont fui leur pays afin de leur permettre de s’intégrer plus rapidement dans leur nouveau lieu de vie.

Projets Caritas pour les enfants ukrainiens en Suisse

Pour favoriser l’intégration professionnelle et sociale des enfants et des mères en Suisse, Caritas a mis en place de nouveaux projets, qui sont en partie financés grâce à la Chaîne du Bonheur. À Fribourg, Caritas Suisse organise des activités spécifiques pour le bien-être psychologique de réfugiés particulièrement vulnérables qui habitent à la Maison Formation et Intégration de Matran. La garde des enfants est également renforcée pour permettre aux mamans ukrainiennes de suivre des cours de langue, d’entreprendre des démarches administratives ou de chercher du travail.

Les jeunes Ukrainiens, comme les jeunes réfugiés d’autres provenances, peuvent s’inscrire au camp d’été de youngCaritas. Un camp supplémentaire est prévu au printemps prochain. Par exemple, Caritas Argovie organise ses propres activités pour les jeunes : points de rencontre DIALOG, parrainages des enfants pour leur intégration et leur suivi scolaire (« mit mir »). Enfin, les familles ont accès à la Carte Culture de Caritas qui offre beaucoup d’activités de loisirs et de formation. On aide ainsi les enfants et les jeunes à construire de nouveaux réseaux sociaux et à s’orienter plus rapidement en Suisse.

Photos : Projets de Caritas dans l'ouest de l'Ukraine, mai 2022. (c) Mickael Franci, Cordaid

L'engagement de Caritas : www.caritas.ch/ukraine-f