Des parlementaires se mobilisent pour les plus vulnérables 

La pauvreté cachée sort au grand jour - Service de presse 05/2020

Avec la crise du coronavirus, la pauvreté cachée sort au grand jour en Suisse. Ils sont des centaines à faire la queue pour des colis alimentaires, les témoignages se multiplient de personnes désespérées qui passent entre les mailles du filet social. Caritas tire la sonnette d’alarme et de nombreux parlementaires se mobilisent pour venir en aide à ces oubliés qui pourtant travaillent et paient des charges. 

« Tout le monde en Suisse a été choqué par les queues de personnes attendant à Genève ou Lausanne la distribution de nourriture, souligne Benjamin Roduit, conseiller national (PDC/Valais). Cela montre au grand jour une réalité que nous connaissions cependant, celles des personnes les plus précaires qui échappent à notre filet social. » Le parlementaire, par ailleurs président de l’Association romande et tessinoise des institutions d’action sociale, a déposé une motion demandant de prendre en considération la situation des personnes sans statut légal, lors de la session extraordinaire du Parlement consacrée à la crise du coronavirus. La même démarche a été faite par Élisabeth Baume-Schneider, conseillère aux États (PS/Jura) et vice-présidente de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS).

De son côté, la conseillère nationale Ada Marra (PS/Vaud), ancienne membre du Présidium de Caritas Suisse, se bat pour les étrangers qui vivent en Suisse. Car il y a danger : la législation en vigueur prévoit que s’il y a dépendance à l’aide sociale, un permis de séjour peut être révoqué, et qu’il ne faut pas être à l’aide sociale trois ans avant et pendant la demande de naturalisation. Enfin, un des critères pour la régularisation des sans-papiers est le temps travaillé en Suisse. « Or ces populations ont des emplois dans les domaines touchés par le coronavirus (travail domestique, restauration, etc…) et se sont retrouvés sans emploi, souligne Ada Marra. Certains n’ont pas droit à l’aide sociale, d’autres n’ont pas osé la demander pour les raisons évoquées et ont grossi les rangs des personnes demandant des colis alimentaires. »

Il a donc fallu trouver des solutions pour que ces personnes ne voient pas leur avenir pâtir en Suisse. Dans une lettre au Conseil fédéral, la Commission des institutions politiques du Conseil national, dont fait partie Ada Marra, a voulu s’assurer qu’un éventuel recours au chômage ou à l’aide sociale, en raison du coronavirus, ne pénalise pas le droit de séjour ou la naturalisation des personnes touchées. Dans sa réponse du 13 mai, le Conseil fédéral a déclaré partager le même souci, et les cantons sont priés de suivre la directive du Secrétariat aux migrations (SEM) et de tenir compte de la situation liée à la pandémie dans l'examen des dossiers.

Une réaction rapide s’impose 

« Il faut réagir rapidement pour contrer les effets de la crise due au coronavirus sur les couches les plus faibles de notre société », affirme de son côté la conseillère aux États Marina Carobbio (PS/Tessin). Elle a donc déposé le 6 mai une motion priant le Conseil fédéral de mettre en œuvre rapidement un ensemble de mesures pour faire face à l'urgence du coronavirus, afin de réduire le risque de pauvreté et le recours à l'aide sociale.

Pour Marina Carobbio, la crise sociale et économique qui fait suite au coronavirus frappe le plus durement ceux qui sont déjà en situation de précarité. La parlementaire propose donc concrètement qu’un paiement direct unique non remboursable soit envisagé au niveau fédéral pour les familles et les personnes ayant un revenu inférieur au niveau qui leur donne droit à des prestations complémentaires. Elle demande aussi qu’un seuil minimum pour les allocations pour perte de gain « corona » des indépendants soit introduit. Elle recommande enfin que 100% du salaire soit maintenu pour les indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail pour les revenus inférieurs à 4000 francs par mois. 

Des mesures à long terme sont aussi nécessaires

D’autres parlementaires se sont mobilisés sur ces thèmes. Maya Graf (Bâle-Campagne), conseillère aux États, et Katharina Prelicz-Huber (Zurich), conseillère nationale, toutes deux du groupe des Verts, ainsi que Cédric Wermuth, conseiller national (PS/Argovie), ont aussi proposé que l’indemnité en cas de réduction de l’horaire de travail s’élève à 100 % du salaire mensuel des personnes qui touchent moins de 4000 francs par mois. Cédric Wermuth a également déposé une motion demandant un paiement direct de 1000 francs pour les ménages à faible revenu. L’appel de Caritas Suisse lancé début mai au Conseil fédéral et au Parlement pour soutenir les personnes à faible revenu et en situation de pauvreté a donc été largement entendu.

« Ceci n’exclut pas la nécessité de prendre également des mesures à moyen et long terme, souligne Marina Carobbio. Il est urgent que le Conseil fédéral mette en place un ensemble de mesures contre la pauvreté, indépendamment de la crise due au coronavirus. »

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