Des multinationales plus responsables : un gage de développement

Initiative pour des multinationales responsables - Service de presse 10/2020

La plupart des entreprises suisses font convenablement leur travail aujourd’hui déjà. Pour elles, l'initiative pour des multinationales responsables ne va rien changer. Mais les entreprises peu scrupuleuses qui, dans des pays en développement, misent sur le travail des enfants, polluent les rivières ou délogent les populations indigènes devront à l’avenir répondre de leurs actes. Cela renforce le travail de projet des organisations suisses de développement et profite grandement aux populations locales.

Le peuple suisse votera le 29 novembre sur l’initiative pour des multinationales responsables. Ce qu’elle exige va de soi : si des entreprises polluent l'eau potable ou détruisent des régions entières dans des pays en développement, elles doivent en assumer la responsabilité. L'initiative vise un petit nombre de sociétés de matières premières ou de multinationales agricoles qui violent de manière manifeste et répétée les droits humains et portent atteinte à l'environnement. Les PME ne sont pas concernées. À moins d’être actives dans un secteur à haut risque, par exemple dans l'extraction du cuivre et de l'or, dans le commerce des diamants ou des bois tropicaux.

En plus du soutien de nombreuses ONG, œuvres d’entraide et paroisses, l’initiative profite désormais de l’appui de tous les bords politiques. Cela inclut un comité bourgeois de plus de 300 politiciens des PVL, PDC, PBD, PRD, UDC, PEV et UDF et un comité économique de plus de 250 entrepreneurs. Vu la popularité croissante de l'initiative, ses opposants mènent une campagne à coups de millions. Et ne reculent pas devant les fausses informations et les arguments fallacieux.

L’initiative entrave-t-elle le développement et le progrès ?

Les opposants à l'initiative affirment qu'elle est une « entrave au développement et au progrès ». Les nouveaux risques en termes de responsabilité à assumer obligeraient même les entreprises suisses à quitter des pays en développement. D’où une perte d'emplois - au grand dam des plus pauvres.
C'est le contraire qui est vrai. Les entreprises responsables ne violant pas les droits humains ou ne portant pas atteinte à l’environnement dans les pays en développement n'ont rien à craindre. Elles continueront à travailler comme avant. Même les multinationales peu scrupuleuses ne vont pas simplement se retirer des pays concernés et ne renonceront pas à leurs juteuses affaires sur place. Elles s'efforceront plutôt de mieux respecter les droits humains et les normes environnementales reconnues au plan international.

Au lieu d'entraver le développement et le progrès, comme les opposants le prétendent, l’initiative favoriserait en fait un développement équitable et un progrès durable dans les pays pauvres. Elle assurerait un recours moins massif aux pesticides toxiques à l’étranger, des produits depuis longtemps interdits en Suisse. Elle garantirait que la pollution de l'eau causée par l'extraction des matières premières ne reste plus impunie. Elle veillerait à ce que l'expulsion, l'exploitation et le travail des enfants entraînent des conséquences juridiques. Et elle conduirait à créer des opportunités de revenus plus humaines.

L’initiative est-elle une attaque contre l’aide au développement ?

Les opposants à l'initiative pour des multinationales responsables affirment qu’elle « mine une coopération judicieuse avec les ONG » et constitue même « une attaque directe contre notre aide au développement ». Des plaintes seraient programmées, mettant fin à la transparence et au dialogue et attisant la méfiance mutuelle.

Là encore, c’est le contraire qui est vrai. L’initiative exige des multinationales qu'elles rendent compte de manière anticipatoire et honnête de leurs activités commerciales sur le terrain. Agir ainsi permettrait de promouvoir la transparence commerciale, la confiance mutuelle et le dialogue sur un pied d’égalité. Si l’initiative parvient à minimiser les déplacements violents de populations indigènes, les conditions de travail indignes ou l'exploitation des enfants, une bonne coopération entre les entreprises et les œuvres d’entraide sur une base de partenariat s’en trouverait favorisée.

Dans le secteur des matières premières, l'aide au développement soutient des projets qui encouragent l’application de normes sociales et environnementales dans l'exploitation minière à petite échelle. Si ce travail de projet est sapé par un petit nombre d'entreprises, la coopération entre celles-ci, les États et les ONG perd en efficacité. Si les sociétés peu scrupuleuses acceptaient enfin de prendre leurs responsabilités grâce à l'initiative, elle aurait pour véritable conséquence que les acteurs du secteur privé et les organisations de développement tireraient davantage à la même corde à l’avenir.

Caritas recommande le « oui » à l’initiative pour des multinationales responsables