De meilleures conditions de travail dans les soins infirmiers

Initiative sur les soins infirmiers - Service de presse 07/2021

La pandémie de coronavirus n’a pas, à elle seule, fait de l’emploi précaire un thème en vue. Mais elle a accentué la tendance au travail sur appel, à l'emploi temporaire ou aux contrats de travail à très bas salaires. L'un des secteurs majeurs en termes de nombre d’actifs est celui de la santé ; une initiative populaire tente d’y inverser la tendance mentionnée en améliorant les conditions dans les soins infirmiers.

Blog: De meilleures conditions de travail dans les soins infirmiersEn Suisse, près de 200 000 personnes travaillent dans le domaine des soins et de l’accompagnement des patients. Les exigences et les qualifications vont du simple travail d’encadrement à l’activité hautement qualifiée dans les soins intensifs ou la recherche en soins infirmiers. Véritable colonne vertébrale des soins infirmiers professionnels, les infirmières et infirmiers ainsi que les assistantes et assistants en soins et santé communautaire sont ici au centre des préoccupations. Il existe par ailleurs un vaste secteur de travail de soins non rémunéré, dit de care en abrégé.

Caritas souscrit à l’amélioration des conditions de travail dans les soins infirmiers

L'initiative sur les soins infirmiers porte sur le travail de soins rémunéré et exige « une rémunération appropriée des soins infirmiers » et « des conditions de travail adaptées aux exigences auxquelles doivent répondre les personnes exerçant dans le domaine des soins infirmiers ». Avec cette formulation, l'initiative soutient aussi explicitement les personnes actives comme assistantes et assistants en soins et santé communautaire – anciennement désignés d’aides-soignants - ou auxiliaires de santé CRS. Bon nombre de ces professionnels travaillent dans des institutions de longue durée comme les établissements médicaux-sociaux ou les services d’aide et de soins à domicile. Par leur travail, ces personnes apportent une contribution indispensable dans le domaine des soins et de l’accompagnement de la population âgée. Or elles sont mal rémunérées : selon leur taux d’activité, leurs salaires ne suffisent pas à subvenir à leurs besoins.

Caritas préconise des salaires équitables et garantissant des conditions d’existence convenables ; ils sont le meilleur moyen de lutter contre la menace de pauvreté. L'initiative sur les soins infirmiers est une tentative d'améliorer un secteur de l'économie dans lequel travaille un nombre particulièrement important de femmes. Elles sont actives en surnombre dans des secteurs à bas salaires, travaillent souvent à temps partiel et éprouvent bien plus de difficultés que les hommes à gagner un salaire décent. Elles sont donc plus souvent touchées par la pauvreté.

Les soins infirmiers, une profession « d’importance systémique »

La pandémie de coronavirus a souligné l'importance des professions des soins pour notre société. Il a même été question de leur « importance systémique ». Aujourd'hui cependant, la réalité est tout autre : selon la loi, les soins infirmiers sont toujours considérés comme une profession médicale auxiliaire, comme l’indique le fait que le personnel infirmier n’est autorisé à effectuer des soins pris en charge par l'assurance-maladie que sur prescription médicale. Cette situation est particulièrement choquante dans les services d’aide et de soins à domicile, où un personnel qualifié établit les besoins en soins des patients et y répond directement, mais où une prescription médicale reste nécessaire a posteriori pour que les soins soient pris en charge par l'assurance-maladie.

La pression du travail dans le domaine de la santé a considérablement augmenté ces dernières années. Si une infirmière était autrefois responsable d'environ quatre patients par jour, c’est huit aujourd'hui. Nombre de jeunes professionnels quittent donc la profession en raison d'exigences excessives, d'un manque de reconnaissance ou de l’impossibilité de concilier travail et famille. On estime à 15 ans le temps moyen passé dans la profession. Les chiffres exacts ne sont pas connus. Mais des calculs scientifiques montrent que près de 65 000 nouveaux infirmiers et infirmières seront nécessaires d'ici 2030 pour répondre aux besoins du système de santé suisse. Seule la moitié d'entre elles-eux environ seront formés. C'est un autre point qu’aborde l'initiative sur les soins infirmiers en exigeant une offensive de formation.

Un contre-projet trop réducteur

Lors de ses délibérations sur l'initiative sur les soins infirmiers, le Parlement a reconnu la nécessité d'agir et a élaboré un contre-projet. Il n’a cependant pas voulu entrer en matière sur de meilleures conditions de travail et des normes minimales en matière de qualité d’accompagnement des patients. L’enjeu sera donc de taille le 28 novembre 2021 : des conditions de travail équitables, une meilleure qualité des soins infirmiers, un vaste programme de formation et des soins infirmiers autonomes.

Photo : Fabian Biasio
 

L'engagement de Caritas: lutte contre la pauvreté