Augmenter les subsides aux primes d’assurance-maladie 

Au vu de la crise du coronavirus - Service de presse 07/2020

La crise du coronavirus frappe particulièrement durement les personnes à bas revenu. Déjà avant la crise, elles avaient de la peine à payer leurs primes d’assurance-maladie ; c’est désormais souvent chose impossible. Il est urgent que ces personnes bénéficient d’une réduction plus importante de leurs primes d’assurance-maladie. La Confédération et les cantons doivent agir aussi vite que possible.

Déjà avant la crise, les ménages à bas revenus avaient de la peine à payer leurs primes d’assurance-maladie. On le voit par exemple au fait que les arriérés de paiements de primes d’assurance-maladie concernent nettement plus souvent ces ménages que l’ensemble de la population. Près de 15 % de la population appartenant aux 20 % de revenus les plus bas sont concernés, alors que la moyenne suisse est de 7 %. Cela s’explique par les contributions insuffisantes des cantons aux subsides de primes d’assurance-maladie et les primes qui augmentent plus vite que les salaires.

Depuis quelques années, de nombreux cantons n’adaptent plus leur contribution à la réduction des primes en fonction de la hausse de ces dernières. Dans le sillage des mesures cantonales d’économie, plusieurs ont même réduit ce montant. Comme la hausse des primes d’assurance-maladie était devenue insupportable pour les personnes à faibles revenus, certaines d’entre elles ont déposé une plainte à Lucerne. Le Tribunal fédéral a conclu que le canton de Lucerne avait fixé une limite de revenu trop basse pour le droit à la réduction de prime pour les familles et que, par conséquent, trop peu de personnes pouvaient en bénéficier. Le canton de Lucerne n’est pas le seul dans ce cas. On sait ou on soupçonne que dans quatorze cantons, le seuil de revenu donnant droit à la réduction de primes d’assurance-maladie est exagérément bas. Certains cantons ont récemment augmenté ce seuil.

Mais l’autre problème des personnes à bas revenu est que les primes d’assurance-maladie augmentent plus vite que les salaires. Depuis vingt ans, les primes d’assurance-maladie ont doublé ; les salaires réels, eux, n’ont augmenté que de 14 % durant cette même période. En Suisse, les primes d’assurance-maladie ne dépendent pas du montant du revenu ; les ménages à bas revenu subissent donc une charge excessive et ne sont plus en mesure de payer leurs primes. Si, comme c’est le cas pour les impôts, les ménages à faibles revenus payaient nettement moins que les ménages à hauts revenus, ce problème serait moins important.

La situation des ménages à bas revenus est devenue encore plus difficile avec la crise. La modestie de leurs revenus ne leur permet pas de faire face à des dépenses inattendues. Et ils n’ont pas d’économies qui leur permettraient de combler à court terme les manques à gagner.

Augmenter le montant de la réduction de la prime d’assurance-maladie

Caritas Suisse demande donc que pendant deux ans, la Confédération et les cantons augmentent de 50 % leurs contributions aux primes. À moyen et à long terme, ils devraient également faire en sorte qu’aucun ménage n’ait à dépenser plus d’un mois de salaire en primes d’assurance-maladie.

Pour garantir que les fonds supplémentaires atteignent réellement les personnes concernées, la réduction de prime doit être accordée automatiquement. Actuellement, l’accès à la réduction de la prime d’assurance-maladie est souvent compliqué. La moitié des cantons se contentent d’informer les personnes concernées. Et dans quatre cantons, il revient aux personnes elles-mêmes de faire valoir leur droit à la réduction. Elles ne sont pas informées de leur droit. Seuls huit cantons versent automatiquement la réduction de la prime d’assurance-maladie.

Photo : La crise du coronavirus a précipité Finn Jagd Andersen dans une situation de grande détresse. Il était aidé par Caritas. (c) Alexandra Wey

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