Aide au développement : un financement accru est nécessaire

De l’engagement financier de la Suisse officielle dans l’aide au développement - Service de presse 05/2021

Malgré un crédit supplémentaire, l'engagement financier de la Suisse officielle en faveur de l'aide au développement est resté, en 2020, en deçà de l'objectif de 0,7 % du revenu national brut confirmé au niveau international. Une augmentation devient urgente car la planète va probablement devoir faire face à une crise de la pauvreté doublée d’une crise alimentaire.

Blog - Aide au développement : un financement accru est nécessaireSelon les chiffres publiés par le Conseil fédéral à la mi-avril, la Suisse a consacré 3,34 milliards à l'aide publique au développement (APD) l'année dernière. Cela équivaut à 0,48 % du revenu national brut. Mais ces coûts incluent également un montant affecté au régime d'asile suisse. La majeure part, et de loin, de ces 3,34 milliards a été supportée par la Confédération, plus précisément par la DDC et le SECO. Le Conseil fédéral s'est en fait fixé depuis longtemps l’objectif d'un taux d'APD d’au moins 0,5 %. Dans le cadre de l'Agenda 2030 de développement durable de l'ONU, notre pays a de plus réaffirmé que les nations prospères devraient même parvenir à un taux d'APD de 0,7 %. Pour Caritas Suisse, un tel objectif est une valeur minimale à atteindre au plus vite - et à dépasser dans l’idéal. L'ONU et les organisations de développement de notre pays font savoir depuis des années que la crise climatique entraînera d'énormes coûts supplémentaires pour les pays de l’hémisphère sud. La nécessité de soutenir l'adaptation à cette crise, et la lutte contre celle-ci, a certes été reconnue. Mais les fonds investis sont insuffisants et amenuisent les ressources déjà limitées de l'aide au développement. C'est la raison pour laquelle Caritas demande également depuis des années que des fonds visant à atténuer la crise climatique dans l’hémisphère sud soient mis à disposition en sus des fonds existants de l’aide publique au développement. Cette requête n'est pas nouvelle. Mais elle reste tout aussi cruciale et urgente : l’extension actuelle de la crise alimentaire et l’impact de celle du coronavirus accentuent son urgence.

La pauvreté et la faim progressent

Depuis plusieurs années, le nombre d’humains souffrant de la faim dans le monde augmente à nouveau. Selon l'ONU, 690 millions de personnes étaient déjà touchées par la famine et la malnutrition en 2019, donc avant la crise du coronavirus. L'objectif de l'Agenda 2030 des Nations Unies d'éradiquer la faim d'ici à 2030 est ainsi repoussé dans un lointain avenir. Ce tableau est encore assombri par l’impact de la crise du coronavirus, qui, selon la Banque mondiale, pourrait précipiter plus de 100 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté absolue. Cette évolution est particulièrement désastreuse vu que des progrès ont été accomplis dans la lutte contre l'extrême pauvreté ces dernières années.

L'amplification de l'extrême pauvreté, les famines plus récurrentes et plus marquées, l’assèchement des sols dû au réchauffement du climat et les répercussions négatives de la crise du coronavirus sont des évolutions très alarmantes auxquelles notre société doit résolument faire face afin de garantir la dignité de tous les êtres humains. Ces crises provoquent en effet déjà de grandes souffrances et sont de surcroît des éléments déclencheurs de conflits violents.

L’aide suisse au développement porte des fruits et doit être intensifiée

Les études scientifiques et l'expérience pratique montrent clairement que la coopération au développement a un effet positif sur les conditions de vie des populations de l’hémisphère sud. Les succès des dernières décennies ont de quoi impressionner : jusqu’en 2019, la pauvreté absolue a reculé dans le monde, les taux de mortalité infantile et maternelle ont pu être fortement réduits et bien plus de filles ont été scolarisées. Le rapport final du Conseil fédéral sur la mise en œuvre du message sur la CI 2017 à 2020 montre aussi en détail et de façon convaincante la contribution significative de la Suisse à ces réussites.

Financement nécessaire de l’aide au développement par les cantons et les communes

Afin que les succès remportés ne soient pas réduits à néant et qu'une réponse rapide et globale puisse être apportée aux famines, à la progression de la pauvreté et à la crise climatique, notre pays doit également augmenter les fonds destinés à l'aide publique au développement. Dans notre Suisse fédéraliste surtout, l'aide publique au développement ne doit pas être perçue comme relevant de la seule responsabilité de la Confédération. Il est crucial que les cantons et les communes apportent aussi leur contribution dans ce contexte.

Photo : Mali, 2020. (c) Lassy King Massassy

La coopération au développement : toujours aussi utile et importante