La coopération internationale n’est pas la politique d’asile

La politique migratoire extérieure de la Suisse - Service de presse 3/2018

La coopération internationale, sur le long terme, contribue à améliorer la situation des droits de l’homme et donc à limiter les causes et raisons qui poussent ou obligent les personnes à fuir leur pays. Elle peut également contribuer à penser la migration de façon digne et à encourager son développement. Mais ce qu’elle ne peut pas faire, c’est servir des intérêts de politique intérieure, comme l’asile. 

Depuis 2011, la Suisse poursuit une politique migratoire extérieure. La protection et le respect des droits de l’homme sont au centre de cette politique. L’approche, globale, met en valeur les chances économiques, sociétales et culturelles, mais aussi les défis de la migration. La Suisse cherche à promouvoir les partenariats et la coopération entre les États d’origine, de passage et d’arrivée des migrants en tenant compte des intérêts de tous les acteurs.

La mise en œuvre de cette politique migratoire extérieure se fait par le biais de différents instruments de la politique migratoire. En font notamment partie le dialogue au plan international, régional et multilatéral sur les thèmes de la migration, la recherche de partenariats entre les pays concernés, la mise en place de programmes renforçant la protection des fuyards et des migrants dans leur région d’origine, et de programmes de retour volontaire et de réintégration.

La migration comme soutien au développement

Il est important que la Suisse, dans sa coopération internationale, prenne en compte les différents aspects de la migration. Les mouvements migratoires en effet ont de multiples visages. Les personnes déplacées ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence tenant compte de leur dignité. Les personnes persécutées doivent trouver refuge sur place ou dans un pays tiers sûr. Beaucoup de personnes quittent leur maison parce qu’ils ont tout perdu dans une crise politique ou économique, à cause du changement climatique ou de problèmes environnementaux. Ces migrants-là ont besoin d’une politique basée sur des principes juridiques respectant leurs droits fondamentaux.

Un développement durable dans un monde globalisé exige une migration sûre et régulée. Cela implique des conditions de travail dignes, un recrutement éthique et équitable de la main-d’œuvre étrangère, la reconnaissance des qualifications professionnelles, un accès régulier aux marchés du travail et une intégration sociale et politique de cette main-d’œuvre. L’objectif est de concevoir la migration comme une part du développement durable des pays du Sud. Tous ces aspects forment les différents volets du Pacte mondial des Nations Unies sur la migration (Global Compact) qui doit être approuvé par la communauté internationale fin 2018.

Créer des perspectives et limiter les causes de la fuite et du déplacement forcé

Outre l’objectif qui consiste à concevoir la migration comme une part du développement, la coopération internationale contribue à améliorer la situation des droits de l’homme et à limiter les causes de la fuite. Pour ce faire, on emploie d’importants instruments de la coopération internationale, comme la prévention des conflits, la promotion de la paix ainsi que des projets de développement à long terme dans les domaines de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, l’adaptation au changement climatique et la bonne gouvernance, la participation politique et le renforcement de la société civile. Ces approches permettent d’améliorer les conditions de vie et les perspectives économiques des personnes sur place. Mais cela ne signifie pas que la fuite et la migration vont cesser. La coopération internationale a des limites claires.

Il faut donc, en plus d’une coopération internationale efficace, une cohérence et une clarté en matière de politique de développement durable. La Suisse a une responsabilité particulière en matière de politique financière, commerciale et climatique, ainsi que dans les questions fiscales. Pour que les pays en développement puissent mettre en place les prestations de bases grâce à leurs propres ressources, il faut empêcher les grandes entreprises internationales de pratiquer des transferts de bénéfices et des flux financiers déloyaux. Les contrats commerciaux doivent être à même de permettre aux pays industrialisés un accès aux marchés, tout en protégeant les marchés émergents des pays en développement. Et puisque les pays industrialisés sont les premiers responsables du changement climatique, il s’agit d’installer une meilleure protection du climat en Suisse et d’apporter plus de soutien aux pays en développement pour qu’ils s’adaptent aux conséquences du changement climatique.

Coopération du développement au service des intérêts de la politique migratoire extérieure ?

Avec près de 100 millions de francs pour des projets dans le domaine des migrations, la Direction du développement et de la coopération (DDC) finance environ 85 pour cent de la politique extérieure migratoire officielle de la Suisse. À cela s’ajoutent des contributions pour des projets bilatéraux et pour des organisations internationales œuvrant indirectement dans le domaine de la migration. Selon la Confédération, environ 20 pour cent des dépenses prévues au titre de la coopération internationale pour les années 2017 à 2020 ont une influence directe ou indirecte sur les migrations.

Une majorité au Parlement veut que la coopération au développement soit davantage utilisée au service de la politique de migration et d’asile. Fin 2016, par exemple, on a souhaité que la Suisse combine plus étroitement son engagement international avec ses propres intérêts en matière de politique migratoire. Les partis bourgeois-conservateurs insistent de plus en plus pour que la politique extérieure migratoire serve principalement à repousser les réfugiés et à combattre la soi-disant « migration irrégulière » plutôt qu’à protéger et à servir les droits fondamentaux des réfugiés et des migrants. Au lieu de fomenter la peur, ce qu’il faut, c’est une approche constructive et humaine du thème de la migration.

 
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