La coopération au développement commence chez nous

La coopération internationale de la Suisse pour les quatre prochaines années - Service de presse 04/2020

Dans la Stratégie de politique étrangère et de coopération internationale de la Confédération, l’Agenda 2030 de développement durable occupe une grande place. Le Conseil fédéral reconnaît ainsi que les politiques sectorielles de la Confédération — par exemple la politique financière, climatique et économique extérieure — ont un impact significatif sur les pays en développement. Ce n’est que lorsque le Conseil fédéral aura réellement réduit les effets négatifs de son action politique sur ces pays que l’aide suisse au développement pourra développer sa pleine efficacité. Encore faut-il que les paroles énoncées dans les documents stratégiques soient suivies d’actes de poids.

Blog: Wirksame Entwicklungszusammenarbeit fängt bei uns anCela va faire cinq ans en septembre que, dans le cadre des Nations Unies, les États et chefs de gouvernements ont approuvé l’Agenda 2030 de développement durable. La Suisse s’est engagée, avec les autres pays, à le mettre en œuvre aussi bien au niveau national qu’au plan international. La communauté des nations a adopté avec l’Agenda 2030 des objectifs ambitieux allant de la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales à la promotion de la paix, en passant par l’exploitation raisonnée des ressources naturelles. La réalisation de ces objectifs nécessite une transformation fondamentale et globale vers la durabilité sociale, écologique et économique, dans tous les pays, y compris en Suisse, avec une attention particulière pour les membres les plus faibles de la société.

Plus de poids pour la durabilité

Au début de l’année, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a présenté la stratégie de politique étrangère de la Suisse pour les années 2020 à 2023. Dans l’ensemble, le Conseil fédéral s’appuie sur les points clefs de la dernière période de stratégie et préconise la continuité. On observe que cette fois encore, la question de la durabilité fait partie des priorités.

L’un des principaux objectifs de la nouvelle stratégie est d’améliorer la cohérence entre la politique étrangère et la politique intérieure. Pour y parvenir, il faut consolider la coopération entre départements et offices fédéraux et surmonter les cloisonnements internes de l’administration. Avec prudence, mais avec fermeté tout de même, la Stratégie précise en substance que le Conseil fédéral s’efforce d’éviter autant que possible les effets négatifs de son action politique sur les pays en développement. Enfin, la mise en œuvre de l’Agenda 2030 de développement durable devrait avoir plus de poids dans la politique étrangère de la Suisse.

L’Agenda 2030 dans la nouvelle stratégie CI

La coopération internationale (CI) de la Suisse contribue aux objectifs et aux priorités de la stratégie de sa politique étrangère puisqu’elle vise à lutter contre la pauvreté et les inégalités dans le monde et à soutenir le développement durable dans les pays du Sud. À partir de 2021, la coopération internationale, qui englobe l’aide humanitaire et la coopération au développement durable, aura une nouvelle stratégie. Le document stratégique est disponible depuis le mois de février. Et le Parlement se penchera sur ce document à partir de l’été.

Ce document affirme clairement que l’Agenda 2030, avec ses 17 objectifs de développement durable — et notamment le premier objectif « mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030 », fait autorité en matière de coopération internationale. La coopération internationale soutient les pays en développement dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030, dans le but de contribuer efficacement à une évolution de la société, de la politique et de l’économie vers la justice sociale et la durabilité écologique dans ses pays partenaires.

La stratégie de la CI souligne également le fait que certaines politiques sectorielles suisses peuvent avoir un impact significatif sur les pays en développement. Elle rappelle qu’il sera donc d’autant plus important d’éviter les objectifs contradictoires et de veiller, dans la mesure du possible, à une meilleure coordination de ces différentes politiques. Elle cite en particulier les domaines de l’économie, des finances, de la fiscalité, de l’environnement, de la santé, de la sécurité alimentaire et des migrations.

En effet, le développement a besoin de plus pour se déployer que la seule aide au développement. Pour promouvoir des changements positifs dans les pays les plus pauvres, d’autres départements (non pas seulement le DFAE) et d’autres domaines politiques (non pas seulement la politique du développement) doivent assumer leurs responsabilités.

Les incohérences de la politique de développement nuisent à l’aide au développement

On voit régulièrement, par le biais des évaluations indépendantes et des mesures d’impact liées aux projets sur le terrain, que l’aide suisse au développement appuie généralement des changements positifs dans le Sud. En revanche, les progrès en matière de cohérence des politiques de développement restent lents, ce qui réduit cet impact positif.

Si la Suisse veut soutenir le développement durable (au sens de l’Agenda 2030) dans les pays les plus pauvres, elle doit concevoir ses relations extérieures en matière d’économies, d’écologie et de société de manière cohérente, durable et favorable au développement. La Suisse devrait par exemple s’abstenir de fournir des armes aux pays fragiles, mener une politique climatique beaucoup plus ambitieuse, mettre fin aux flux financiers et aux transferts de bénéfices depuis les pays en développement, et responsabiliser davantage ses entreprises actives au plan international. 

Des politiciennes et politiciens de droite remettent toujours en question l’efficacité de l’aide au développement. Mais leurs affirmations manquent généralement de fondement. Il serait préférable de soutenir en Suisse une politique dont l’impact soit moins négatif pour les pays en développement.

La publication « Faut-il aider le monde entier ? » sur www.caritas.ch/eza de Caritas Suisse apporte des réponses à 46 questions pressantes sur la coopération au développemen.

Photo : Anca Village, Indonésie, 2019. (c) Bambang Febriandi Wibowo, Caritas Suisse

 
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