Il faut contrer la traite des êtres humains

Traite des êtres humains : un aspect sordide de la migration - Service de presse 9/2018

La traite des êtres humains est un effet secondaire sordide de la migration mondiale. Des personnes en fuite ou en quête d’une vie meilleure sont souvent désarmées face à des opportunistes voire à des criminels. Caritas Suisse s’engage contre la traite des êtres humains et en faveur de conditions de vie et de travail décentes pour tous les migrants.

La traite des êtres humains revêt une dimension mondiale. Plus de 40 millions d’hommes, femmes et enfants vivent une forme « d’esclavage moderne » selon des estimations de l’Organisation internationale du travail (OIT) datées de 2017. Une victime sur quatre est un enfant. Dans ce contexte, la traite d’êtres humains n’est pas toujours, mais très souvent, liée à la migration. Les chiffres de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (2016) indiquent que la plupart des victimes officiellement enregistrées traversent une frontière internationale. La traite d’êtres humains se joue principalement sur des parcours régionaux et le mouvement se fait généralement de régions pauvres vers des régions plus prospères.

Traite d’êtres humains et migration se superposent

Même si des situations d’exploitation, des humiliations graves et la traite d’êtres humains exis-tent indépendamment de la migration, elles y sont liées de multiples manières. Partout dans le monde, des personnes se déplacent pour trouver du travail et un salaire en vue de parvenir à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Nombre d’entre elles sont peu scolarisées, ont peu de chances sur le marché du travail local (trop limité) et sont prêtes à louer leurs services n’importe où comme main-d’œuvre non qualifiée. Cette situation de départ et le fait que ces personnes sont disposées à prendre des risques les rendent particulièrement vulnérables face aux abus et à la traite. En parallèle, des hommes, femmes et enfants fuient des persécutions et la guerre. Le manque d’itinéraires sûrs et légaux fait que tous se retrouvent finalement sur les mêmes chemins précaires. Les passeurs sont devenus largement indispensables. La dépendance vis-à-vis de leurs « services » augmente le risque que des personnes soient trompées, exploitées ou vendues comme esclaves. C’est clairement le cas lorsqu’il faut choisir et coordonner plusieurs itinéraires en raison de la fermeture de frontières. Dans ce contexte, les migrations actuelles de réfugiés du Moyen-Orient vers l’Europe ont acquis une triste notoriété.

Il existe certes toute une série de traités internationaux et nationaux contre la traite des êtres humains, le travail forcé, l’esclavage et l’usage de la violence, en particulier contre les femmes et les enfants. Mais les voies de droit disponibles ne permettent quasiment plus d’appréhender les situations actuelles. La volonté de mettre les voies de recours en application fait également défaut. Cette réalité peut nuire directement à la protection de victimes de la traite d’êtres humains. Là où des pays d’entrée agissent par exemple contre l’activité des passeurs (et protègent leurs frontières), il est possible de contourner les dispositions de protection des migrants prévues par le « Protocole de Palerme » des Nations Unies. Des États peuvent ainsi profiter du statut légal incertain des migrants et des réfugiés pour pointer du doigt par exemple les agissements des trafiquants d’êtres humains lors des tragédies se déroulant en Méditerranée et se soustraire de la sorte à leurs propres responsabilités.

Agir contre la traite des êtres humains

Prévenir la traite des êtres humains et protéger les victimes sont des éléments essentiels de la lutte pour de meilleures conditions pour les migrants. Cela va également dans le sens de l’Agenda 2030 pour le développement durable qui exige la fin de l’esclavage et de la traite des êtres humains. Mais la protection contre cette dernière a aussi un niveau pratique. Caritas Suisse s’engage depuis longtemps en Asie surtout pour que les groupes de population particulièrement concernés soient davantage sensibilisés aux dangers de la traite des êtres humains. Elle se mobilise par ailleurs pour la protection et l’intégration sociale des victimes. La formation scolaire et professionnelle ou encore les actions de plaidoyer jouent un rôle crucial dans ce contexte. Les migrants font régulièrement face à de nouveaux défis et sont obligés de prendre parfois des décisions risquées. Il faut en avoir conscience. Pour qu’ils reçoivent une aide efficace, une bonne coopération entre les autorités et les organisations d’entraide est nécessaire aux différents niveaux. Mais globalement, les États sont appelés à créer d’autres voies légales pour les migrants et les réfugiés pour faire durablement obstacle à l’exploitation et à la traite des êtres humains. 

Texte : Katharina Thurnheer

Nouvelle parution sur ce thème : Almanach Politique du développement 2019

 
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