Aide sociale : la solidarité plutôt que l’arbitraire

Almanach social 2020 - Service de presse 01/2020

L’aide sociale répond aujourd’hui à de nombreux risques qui ne sont couverts par aucune assurance. Parallèlement, elle fait face à toutes sortes de pressions d’économies. Au lieu de faire croire que l’aide sociale est responsable de l’augmentation des coûts, il faut enfin engager des réformes qui mettent un terme à l’arbitraire du système social et protègent mieux les gens contre la pauvreté. Le rôle de l’aide sociale, et les défis qu’elle doit relever, c’est le thème dont débattent des experts renommés en la matière dans l’Almanach social de Caritas qui vient de paraître. 

Le système suisse de sécurité sociale est un patchwork. L’AI, l’assurance-chômage et l’aide sociale se sont développées indépendamment les unes des autres et structurellement de manière très différente. L’aide sociale, qui assure aujourd’hui la subsistance de 275 000 personnes en Suisse, est également fragmentée : selon les cantons, elle est organisée sur une base communale, régionale, cantonale ou mixte. Cela engendre des inégalités pour les personnes concernées, mais aussi des injustices systémiques. Le budget de certaines communes est surchargé par les dépenses d’aide sociale, ce qui rend l’instrument vulnérable aux polémiques et réduit son acceptation, surtout lorsqu’il n’y a pas de répartition des charges au niveau du canton. Le fédéralisme permet aux cantons d’en définir librement les conditions, la conception et l’importance des montants. L’aide sociale n’est pas suffisamment protégée par la Constitution fédérale.

On ne reconnaît pas les réalités du marché du travail

Cela ouvre la porte à des propositions de réduction drastique et alimente une concurrence à la baisse entre les communes et les cantons. Certes, la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS) a émis des normes auxquelles la plupart des cantons se rallient. Mais, comme le montrent diverses interpellations visant à réduire le forfait pour l’entretien des bénéficiaires de l’aide sociale, rien ne garantit qu’on n’entrera pas dans une spirale descendante, d’autant que ces 20 dernières années, le forfait pour l’entretien a déjà diminué à de nombreuses reprises. Ces attaques de l’aide sociale répondent à un courant de pensée qui veut qu’il faille revaloriser le travail au lieu de permettre aux gens de vivre aux crochets de l’État. Penser ainsi, c’est méconnaître complètement les réalités du marché de l’emploi, qui ne permet pas aux personnes peu ou pas qualifiées de réintégrer le marché. C’est également faire fi du fait qu’un tiers des bénéficiaires de l’aide sociale sont des enfants. De plus, un quart des bénéficiaires de l’aide sociale sont des working poor, c’est-à-dire des personnes qui ont un emploi, mais gagnent trop peu d’argent pour en vivre. 

Faire face aux nouveaux risques de pauvreté

Il faut mettre un terme à cette évolution et concevoir le système de sécurité sociale pour que cette dernière réponde mieux aux nouveaux risques de pauvreté liés à l’évolution de la société et de l’économie, par exemple aux conditions de travail précaires, aux conséquences d’un divorce ou au risque lié au statut de famille monoparentale. Caritas invite la Confédération, les cantons, les communes et l’économie à mettre en place une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté dans laquelle l’aide sociale jouerait un rôle central. Le fait que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté en Suisse ait augmenté de dix pour cent par rapport à l’année précédente témoigne de la pauvreté et montre combien il est urgent de fournir une aide sociale fondée sur la solidarité au lieu d’exposer à l’arbitraire les personnes vivant dans la pauvreté. 

L’Almanach social de Caritas Suisse qui vient de sortir ne traite donc pas seulement des propositions de réforme possible et d’un meilleur ancrage de l’aide sociale dans le système de sécurité sociale. L’ouvrage veut également faire prendre conscience du fait que la perception de l’instrument « aide sociale » est imprégnée de l’idéologie qui consiste à tenir l’individu pour responsable de son échec, et qui ignore par-là les facteurs structurels de la pauvreté – l’origine, la situation financière ou le capital social de la personne concernée. Dans notre riche Suisse, le discours populiste de droite sur l’aide sociale, qui s’appuie sur des notions comme « parasite social », joue un rôle important dans la pression constante exercée sur les personnes touchées par la pauvreté. 

L’Almanach social 2020, paru sous le titre « Quand l’aide sociale évoluera », peut être commandé sous infonot shown@caritasto make life hard for spam bots.ch ou www.caritas.ch/shop.

Photo : Zoe Tempest

Engagement de Caritas : Lutte contre la pauvreté

Notre action : Vaincre la pauvreté des enfants en Suisse

 
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