Agriculture bio contre la faim

Jardins urbains à Cuba - Service de presse 7/2018

Les jardins urbains sont devenus très tendance dans les pays occidentaux. Bacs en bois suspendus aux rambardes des balcons ou sur les toits d’immeubles, îlots de verdure entre places de parcs et trottoirs, ces jardinets d’herbes aromatiques, de plantes et de légumes fleurissent un peu partout dans les villes, en Suisse aussi. À Cuba, cette tendance se développe depuis les années 1990 déjà, par nécessité : les habitants des villes avaient faim.

À partir de la révolution cubaine, à la fin des années 1950, le pays poursuit une politique agricole de monocultures, notamment de canne à sucre. L’effondrement de l’Union soviétique 30 ans plus tard frappe donc très durement le système agraire cubain. Il y a pénurie de semences, engrais, pesticides, pièces détachées et essence. Les exportations chutent dramatiquement et les devises qui permettraient d’importer des denrées alimentaires font défaut. Carlos, collaborateur de Caritas Cuba se souvient encore de ses journées d’étudiant à l’université lorsqu’il buvait de l’eau sucrée pour tout repas. De 1990 à 1995, durant la Periodo Especial, les Cubaines et Cubains ont faim : ils perdent en moyenne entre 5 et 25 % de masse corporelle.

Agricultura Urbana, la version cubaine des jardins urbains

Pour lutter contre la faim, on amène l’agriculture dans les villes. La pénurie de semences et d’essence pour les transports, d’engrais et de pesticide, oblige le pays à tester et développer de nouvelles méthodes de culture biologiques, de nouvelles semences et de nouvelles formes de compostages, par exemple avec des vers de terre. L’État soutient toutes ces initiatives. Les jardins doivent se trouver aussi près que possible des consommateurs : des zones agricoles urbaines (Agricultura Urbana) sont donc créées. Aujourd’hui encore, La Havane compte des milliers de jardins, parfois installés dans de minuscules arrière-cours, parfois sous forme de coopérative agricole occupant plus de 25 hectares. Près de 50 pour cent des fruits et légumes consommés par les habitants de La Havane sont cultivés en ville. Dans le quartier d’Alamar, où se situe l’un des plus grands jardins de La Havane, on cultive du maïs, des avocats, des mangues, des ananas, des carottes, betteraves, salades et choux. Sans oublier toute une variété d’herbes aromatiques et médicinales.

Pénuries de denrées alimentaires

Les jardins urbains ont certes permis d’améliorer la situation alimentaire, mais on estime que 60 à 80 pour cent de celles-ci doivent toujours être importées. Cette situation découle en partie des habitudes alimentaires des Cubains, qui ne mangent pas beaucoup de fruits et de légumes. De plus, le pays ne dispose pas d’industrie permettant de conserver fruits et légumes en quantité dans des conditions adéquates.

Certaines situations, par exemple le passage de l’ouragan Irma, qui a dévasté de grandes parties côtières de l’île en septembre 2017, font accroître la dépendance envers les importations, et engendrent même une pénurie de certains aliments.

Le gouvernement essaie de doper l’agriculture nationale ; mais les infrastructures économiques et techniques, vieillies, ainsi que les conditions climatiques se conjuguent pour limiter la croissance agricole du pays. Ces dernières années, Cuba a été frappée par des ouragans, des intempéries, mais aussi des sécheresses, particulièrement violentes. Le World Food Programme estime que ces huit dernières années, les catastrophes naturelles ont occasionné des dégâts pour plus de 20 milliards de dollars dans le pays. L’agriculture et la sécurité alimentaire en ont fait les frais en première ligne.

Aide humanitaire après l’ouragan Irma

L’ouragan Irma qui a frappé la côte nord de l’île le 8 septembre 2017 a occasionné de gros dégâts. Des vents très violents, des pluies torrentielles, des inondations et des arbres arrachés ont endommagé l’infrastructure et l’agriculture. Les habitants ont vu leurs maisons détruites et ont perdu non seulement leur source de revenus, mais aussi leurs biens. Caritas Suisse, avec l’aide financière de la DDC, a soutenu Caritas Cuba en fournissant une aide d’urgence dans les trois diocèses les plus durement touchés de Santa Clara, Ciego de Ávila et Camagüey. Plus de 5000 familles particulièrement touchées ont été approvisionnées en huile, riz et céréales, ce qui a permis d’éviter le pire. Ensuite, Caritas Cuba a fourni à ces familles des articles d’hygiène et de ménage et une aide à la reconstruction de leurs maisons.

 
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