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Un avenir imprévisible

Jens Steuernagel travaille en Éthiopie pour Caritas Suisse. En tant que délégué, il coordonne les secours d’urgence sur le terrain, en collaboration avec les organisations partenaires de Caritas et les autorités éthiopiennes. Jens est arrivé sur place début juillet 2016 et a parlé avec beaucoup d’agriculteurs et leur famille, victimes de la sécheresse. C’est ainsi que la série de portraits publiée sur ce blog a vu le jour. Dans l’interview, Jens résume la situation actuelle et risque un pronostic.

Quelle situation avez-vous trouvée sur place ?
Dans certaines régions du pays, il n’a pas plu depuis deux ans. Dans les régions les plus touchées les paysans sont essentiellement des éleveurs ; nomades, ils vont d’une pâture à l’autre avec leurs troupeaux. La plupart de ces troupeaux sont aujourd’hui décimés et les éleveurs n’ont plus que quelques chèvres et moutons. Ils ont cessé de bouger depuis longtemps, car ils ont perdu l’espoir de trouver des zones de pâturage. Le long des routes, on voit des cadavres de bêtes mortes de faim.


Les paysans qui cultivent la terre dépendent de la pluie. Lorsqu’il ne pleut pas, ou pas suffisamment, leurs récoltes diminuent tellement qu’ils n’ont plus de quoi se nourrir. Beaucoup de paysans ont dû consommer leurs dernières réserves de semences au lieu de les planter. Et pour couronner le tout, de violentes inondations ont suivi les deux ans de sécheresse absolue, ce qui a lessivé les champs et emporté les semences.  
Les gens sont désespérés et ne voient plus aucun moyen de sortir de leur misère. Le gouvernement collabore activement avec les organisations internationales d’aide en organisant l’aide alimentaire, ce qui permet d’éviter le pire. 



En Éthiopie, 10 millions de personnes sont menacées de famine. Peut-on envisager que la situation se détende ces prochains mois ?
La pluie est enfin arrivée. Mais on ne peut pas parler de détente. Les paysans n’ont plus de semences pour cultiver leurs champs, ou leurs bœufs de trait sont morts de faim ces deux dernières années. Le cheptel a énormément diminué et les bœufs qui survivent sont trop faibles pour labourer la terre. Et les météorologues, comme les experts de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture prévoient qu’après cette dernière sécheresse, il faut s’attendre à de nouveaux phénomènes climatiques extrêmes. 

 

Quel est le problème principal des personnes touchées ? De quel soutien ces gens ont-ils besoin pour surmonter cette crise ?
Les gens ont besoin de denrées alimentaires, mais il faudrait surtout que la pluie tombe en suffisance. C’est la pluie qui pourra détendre la situation à long terme. Les gens ont aussi besoin de semences qui germent rapidement. Et de fourrage en suffisance et assez riche pour nourrir leurs bêtes de trait. Le temps est le problème principal, car maintenant que la pluie est enfin tombée, il faut commencer les travaux des champs.

 

La sécheresse de l’Afrique de l’Est est une conséquence du changement climatique. Doit-on craindre que 
l’Afrique de l’Est soit plus souvent touchée par ce genre de catastrophe à l’avenir ?
C’est probable. Après les derniers effets du phénomène El-Niño, on s’attend à subir ceux, même atténués, du phénomène appelé La Niña. C’est dans la nature du changement climatique que d’offrir des effets éventuels qui ne sont pas prévisibles. Le plus difficile dans cette situation est que nul ne peut dire quand et dans quelle mesure la situation va survenir à nouveau. En tout cas, les effets des deux années de sécheresse qui viennent de s’achever et des inondations qui l’ont suivie se font encore sentir très directement. Il est donc indispensable d’aider les gens de manière à ce qu’ils puissent retrouver très vite leur autonomie et qu’ils prennent la relève sans notre aide. 

 

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