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Protection et perspectives pour les réfugiés climatiques

Prise de position de Caritas sur les réfugiés climatiques - Service de presse 11/2017

Les conséquences du changement climatique jettent de plus en plus de personnes dans l’exil. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que le nombre de personnes déplacées à cause des événements climatiques extrêmes sera de 150 millions de personnes en 2050. Ce sont surtout les pays en développement qui accueillent des réfugiés ayant. La communauté internationale doit agir.

Dans les pays plus pauvres, de plus en plus de personnes sont menacées par la désertification croissante, l’élévation du niveau de la mer ou les inondations rapides dues aux sécheresses. De plus en plus de personnes sont incapables de gagner leur vie dans leur lieu d’origine et doivent fuir. Les populations pauvres des pays en développement sont le plus durement touchées par les effets des changements climatiques, car leurs moyens d’existence dépendent directement de l’utilisation des ressources naturelles. Ce sont des petits paysans, des éleveurs, des pêcheurs, mais aussi des gens qui n’ont pas de terre, et des habitants des bidonvilles qui n’arrivent plus à gagner leur vie à cause des sécheresses, des inondations et des ouragans et qui sont livrés sans défense aux catastrophes naturelles. Et les pays en développement sont aussi les pays qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés climatiques, parce que les mouvements migratoires ont lieu surtout au sein des pays frappés et dans les pays directement voisins et les régions proches.

Relations entre le changement environnemental et l’exil

Les relations entre le changement climatique, l’exil et la migration sont complexes ; en effet, le changement climatique, même s’il est de plus en plus souvent un élément déterminant de la fuite, n’en est pas le seul déclencheur. On observe deux cas de figure. D’une part, des catastrophes naturelles soudaines obligent les personnes à fuir : inondations, ouragans, vagues de chaleur, qui engendrent de vastes mouvements spontanés de fuite. L’« Internal Displacement Monitoring Centre » (IDMC) estime que 21,5 millions de personnes en moyenne sont déplacées chaque année dans leur propre pays à cause d’un événement soudain. Dans ces situations de catastrophes, les personnes déplacées se réfugient le plus souvent provisoirement dans des hébergements d’urgence où elles trouvent protection en attendant de pouvoir rentrer chez elles ou de trouver une autre solution durable. Dans certains cas, ces personnes restent dans cette situation provisoire durant des mois ou même des années.

Dans l’autre cas de figure, des changements environnementaux progressifs dus au changement climatique obligent les personnes à fuir. Par exemple, l’élévation du niveau des océans menace les populations des États insulaires et des villes côtières. Ou encore, la salinisation des nappes phréatiques ou la sécheresse rendent toute culture impossible et déclenchent des conflits dont la répartition de l’eau est l’enjeu. Nous n’avons pas de données précises sur le nombre de personnes qui migrent parce que les bases de leur existence sont détruites par ce changement progressif. Ce nombre dépend beaucoup des capacités de résilience de l’État touché : des stratégies d’adaptation, la prévention des catastrophes, la stabilité politique et les moyens financiers adaptés peuvent permettre à ces États de proposer aux personnes touchées des alternatives acceptables à ces conditions de vie détruites. L’IDMC estime que les personnes migrant à cause d’une catastrophe naturelle et de changements environnementaux sont deux fois plus nombreuses que celles qui fuient un conflit armé.

L’exil dû au changement environnemental dans le contexte politique

Les personnes qui quittent leur pays et passent une frontière à cause d’une catastrophe naturelle ou d’un changement environnemental ne sont pas considérées comme des réfugiés, n’ont pas de statut internationalement reconnu et ne bénéficient donc d’aucune protection. Contrairement aux réfugiés politiques, personnellement persécutés à cause de leur religion, nationalité appartenance à un groupe particulier ou à cause de leurs convictions politiques, les réfugiés climatiques ne bénéficient pas de la protection de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. La question de savoir comment traiter ces réfugiés climatiques doit désormais être réglementée.

Ce n’est que récemment que la communauté internationale a abordé le thème « changement climatique et migration » et l’a intégré dans différents accords et convention, par exemple l’Accord de Paris contre le réchauffement climatique en 2015 ou la Déclaration du Sommet des Nations unies à New York en 2016 pour les réfugiés et les migrants. Lors de ce sommet, les États se sont engagés à fixer un cadre d’ici 2018 pour une meilleure protection des réfugiés et migrants climatiques. La Suisse et le Mexique président le groupe de travail qui a été créé pour ce faire et ont donc un rôle prédominant à jouer sur cette question.

Que faut-il faire ?

Les pays riches, dont la Suisse, sont particulièrement responsables des changements climatiques et par conséquent des mouvements migratoires qu’ils provoquent dans les pays en développement. Ces pays doivent donc prendre leurs responsabilités, aborder les causes des problèmes climatiques et des conflits qu’ils engendrent et réduire leurs conséquences. Deux approches différentes permettent d’aborder la migration due au changement climatique : d’une part, il s’agit de prévenir la fuite due au changement climatique et d’autre part, il faut reconnaître la migration climatique comme une stratégie d’adaptation, et la traiter comme telle. Dans sa prise de position, « Protection et perspectives pour les réfugiés climatiques », Caritas propose différentes mesures. Il faut fixer un cadre juridique international reconnaissant le statut de réfugié climatique, et offrant la protection aux réfugiés climatiques et le droit d’asile suisse doit également s’adapter. Les pays pauvres ont un urgent besoin d’un soutien financier qui leur permettrait de mieux se protéger contre les catastrophes naturelles et de prendre des mesures d’adaptation aux changements environnementaux progressifs. La Suisse doit mobiliser pour ce faire un milliard de francs additionnels, des fonds qui ne doivent pas être ponctionnés sur ceux qu’elle consacre à sa politique du développement et à la lutte contre la pauvreté. La Suisse s’est d’ailleurs engagée à mobiliser ces fonds additionnels en ratifiant l’Accord de Paris contre le réchauffement climatique. Enfin, la Suisse doit contribuer de manière significative à maîtriser le changement climatique en promouvant les énergies renouvelables, la production durable et la consommation maîtrisée et en adoptant des instruments de financement adaptés et équitables. L’introduction d’une taxe sur les billets d’avion, d’un impôt sur le kérosène ou d’un devoir de compensation à l’achat d’un billet d’avion, par exemple, est attendue depuis longtemps.

 

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