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Pénurie d’électricité dans le château d’eau d’Asie centrale

Tadjikistan : le reboisement et des poêles plus efficaces pour combler le manque énergétique - Service de presse 12/2016

En dépit d’un énorme potentiel d’énergie hydraulique, le Tadjikistan souffre d’une pénurie d’électricité. Les gens se chauffent au bois, ce qui coûte cher, a des conséquences dramatiques pour l’environnement et entraîne des problèmes sanitaires. Le reboisement et l’emploi de poêles plus efficaces peuvent contrer cette évolution.

Le territoire du Tadjikistan, le pays le plus pauvre de l’ex-Union soviétique, se compose à plus de 90 % de zones montagneuses. C’est le château d’eau de l’Asie centrale. Chaque année, près de 64 milliards de mètres cubes d’eau traversent le pays. Le potentiel de l’énergie hydroélectrique est énorme (527 milliards de kilowatts-heures/an, selon une évaluation optimiste). L’énergie hydroélectrique couvre effectivement 98 % des besoins annuels en électricité. Mais le potentiel n’est de loin pas complètement exploité. Aujourd’hui, la production d’énergie hydroélectrique est à peine de 16 milliards de kilowatts-heures. Au Tadjikistan, la demande électrique est notamment élevée à cause de l’absence d’alternatives pour le chauffage. Alors que 44 % de l’électricité produite est employée par le secteur du logement, la fabrique d’aluminium Talco à elle seule emploie aussi 40 % de cette production. Par ailleurs, le pays exporte du courant à l’Afghanistan.

En hiver, le froid fait augmenter la demande, alors même que le débit des cours d’eau baisse, ce qui provoque un déficit électrique particulièrement marqué. Conséquence : dans les régions rurales, l’électricité est très rationnée, et les coupures de courant sont fréquentes dans tout le pays. Or, plus de 70 % de la population vit dans les régions rurales. Dès la mi-octobre, et jusqu’en avril/mai, les habitants des régions rurales se voient imposer un rationnement en électricité de trois à sept heures par jour. Les conséquences sont notables, aussi bien pour l’existence des gens que pour l’environnement.

L’air est pollué par les chauffages au bois qui coûtent cher

En l’absence d’un approvisionnement constant en électricité, la population est obligée d’employer d’autres énergies pour se chauffer et faire la cuisine. Dans tout le pays, on utilise des poêles à cuisiner et à chauffer et dans les régions rurales, ils sont souvent alimentés au bois. Les familles vont chercher du bois dans les rares régions boisées autour des villages. Ce sont surtout les enfants qui s’adonnent à cette activité très exigeante en temps. En été, les femmes utilisent également des galettes de fumier comme combustible. Le fumier est ramassé dans les champs, mélangé à de la paille et pétri à la main en galettes qui sont mises à sécher au soleil. Lorsque le bois vient à manquer, il faut en acheter. Un rapport de la Banque mondiale évalue qu’en hiver, les dépenses mensuelles en énergie des ménages ruraux les plus pauvres s’élèvent à plus de 25 % de leur revenu. Les familles préfèrent alors réduire leurs charges d’alimentation et de vêtements plutôt que celles énergétiques. Les écoles et les hôpitaux sont eux aussi soumis au rationnement électrique, ce qui réduit considérablement la qualité de leurs prestations. Les poêles à bois utilisés couramment sur place permettent à la population locale de chauffer les logements et de cuisiner indépendamment de ce rationnement. Mais cette exploitation a des conséquences sanitaires : le Tadjikistan fait partie des 25 pays les plus durement touchés par les maladies dues à la pollution atmosphérique. Les femmes sont tout particulièrement concernées puisque traditionnellement, ce sont elles qui s’occupent des travaux ménagers. 

Grave déboisement des forêts

Ce problème énergétique a également des conséquences notables sur l’environnement. Le bois de chauffage et de cuisine est exploité de telle manière que dans des régions entières, les arbres disparaissent aux alentours des villages et même plus loin à la ronde. Selon certaines estimations, un quart de la surface totale du pays était couverte de forêts voilà cent ans. Les forêts ne couvriraient aujourd’hui qu’à peine 3 % du territoire, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Conséquences : la fréquence des catastrophes naturelles, telles qu’inondations et coulées de boues, s’accentue.

En Asie centrale, le réchauffement moyen dû au changement climatique entre 1950 et 2000 a été de 1,2 à 2,1 degrés Celsius, soit un réchauffement plus important que la moyenne générale qui est de 0,47 degré. On ne pourra stopper cette tendance qu’en procédant à un reboisement ciblé pour permettre de sauvegarder le château d’eau de l’Asie centrale. Des initiatives dans ce sens, et notamment des projets d’organisations non gouvernementales, comme Caritas Suisse, ont déjà fait montre d’efficacité. Le reboisement est complété par une gestion efficiente des prairies qui permet d’éviter que le bétail ne broute les jeunes plants d’arbres, détruisant les efforts de reboisement et accélérant le processus d’érosion.

Meilleure utilisation des prairies, reboisement, optimisation des poêles 

Au Tadjikistan, l’État ne peut répondre aux problèmes du pays que de manière limitée et la société civile est trop peu organisée pour pouvoir s’en charger. Les ONG, les autorités et les bailleurs de fonds internationaux, par exemple la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC), essaient ainsi de sensibiliser la société civile, ainsi que les exploitants privés des forêts et des pâtures, à gérer eux-mêmes plus durablement leurs ressources naturelles. C’est également le cas en ce qui concerne un projet de reboisement financé par l’Institut allemand de reconstruction (KfW), dans lequel les exploitants forestiers obtiennent une autorisation étatique pour pouvoir exploiter la forêt. Cela les motive à gérer les ressources de manière durable et dans leur propre intérêt, et l’Office forestier peut ainsi protéger les forêts de la surexploitation.

Le bois de chauffage est un aspect important de l’économie forestière. Il faut donc penser à réduire la demande. Dans ce contexte, l’amélioration des poêles de chauffage et de cuisine joue un rôle important. Le grand défi est de fabriquer des poêles moins gourmands en bois de chauffe et dispensant plus de chaleur, plus économiques et moins chers. Le transfert de savoir-faire et la formation de forgerons et de fabricants de chauffages sur place rendent ce défi possible. 

 

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