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Ne pas instrumentaliser la coopération au développement !

Axer l’aide au développement sur les intérêts de la politique de l’asile n’est pas réaliste - Service de presse 2/2017

Lors des débats autour de l'orientation stratégique de l'engagement suisse en matière de politiquede développement, ou plus récemment, lors des discussions sur les réfugiés érythréens, il ya toujours un groupe de parlementaires qui revendiquent que la coopération au développementsoit couplée à la politique de l'asile. En dépit du fait que ce couplage de la coopération au développementavec les intérêts de la politique de l'asile n'est pas réaliste, et ne répond pas à uneréflexion exhaustive.

Il y a toujours des parlementaires qui veulent utiliser la coopération au développement comme levierpour la mise en oeuvre des intérêts de la Suisse en matière de politique d’asile. Il s’agirait de concentrerl’aide au développement dans les régions dont proviennent un nombre particulièrement élevé deréfugiés, ou alors il faudrait fournir cette aide seulement aux pays qui coopèrent à la réadmission deleurs citoyens déboutés. Certains parlementaires voient même dans ce conditionnement de la coopérationau développement la solution à tous nos problèmes. Des arguments solides contredisent cette position.

Pas de possibilité d’accord de migration

L’exigence de renforcer la concentration des programmes de la coopération internationale dans certainspays en fonction des défis géopolitiques actuels ne peut être remplie. En effet, certains gouvernementsne sont absolument pas prêts à engager une coopération en partenariat et à ouvrir un dialogue transparent avec la Suisse. Dans certains cas, la Suisse ne peut pas trouver de partenaires de la sociétécivile fiables dans ces pays à cause de leur politique hostile aux droits humains ; or, ce n’est qu’avecces partenaires de la société civile que la Suisse pourrait mettre en place ses programmes de développement. Enfin, dans plusieurs pays, les critères juridiques et l’État de droit ne garantissent pas les conditionsnécessaires à la signature d’accords de réadmission.

L’exigence de ne fournir une aide au développement que lorsque le pays d’origine coopère avec la Suisse sur les questions de la politique d’asile manque de réflexion. En effet, deux tiers des requérantsd’asile qui arrivent en Suisse proviennent de pays avec lesquels il n’existe aucun partenariat de développement.Leurs gouvernements ne peuvent donc être menacés de ne plus toucher les fonds de l’aide.L’Érythrée, la Syrie, l’Irak, l’Iran, la Gambie, la Turquie, le Sénégal et l’Algérie sont dans ce cas.

Des exigences dans le vide

Les exigences touchant à la politique de l’asile auprès des pays partenaires de la Suisse tomberaientelles aussi dans le vide. Dans le cadre de sa coopération au développement, la Suisse collabore surplace avec différents partenaires et institutions, plutôt que directement avec les gouvernements de cespays qui ne peuvent donc pas disposer librement des fonds engagés par la Suisse. Il est donc inutile demenacer un gouvernement de ne plus toucher des fonds qui ne lui ont jamais été directement versés etsur lesquels il n’a pas de pouvoir de décision.- 3 -Caritas Suisse, service de presse 2, 23 février 2017Par exemple, la Suisse coopère avec les pays de la Corne de l’Afrique par le biais d’organisations multilatérales,comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), l’Organisation des NationsUnies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour le développement(PNUD), l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), les administrations provincialeset les organisations non gouvernementales, comme les Caritas sur place. Menacer les gouvernementsde Somalie, d’Éthiopie ou du Kenya de couper dans les fonds de l’aide n’aurait donc aucunrésultat.

Remettre au centre la protection et les droits de l’homme

En 2016, selon les chiffres officiels, plus de 65 millions de personnes dans le monde ont fui la violence,la guerre, la persécution politique. Plus de 90 % de ces personnes déplacées sont encore dansleur région d’origine, réfugiées dans un pays du Sud. La Suisse devrait donc s’engager encore plusfermement en faveur d’un développement pacifique, équitable et durable à travers le monde. Au lieude cela, le Parlement vient de décider de réduire les fonds de la coopération au développement. LaSuisse s’éloigne encore un peu des principes émis par l’ONU qui préconisent que 0,7 pour cent duproduit national brut (PNB) d’un pays soit alloué à la coopération au développement.

Outre une aide humanitaire généreuse aux pays en guerre, la Suisse a les moyens de mettre en placedes mesures durables de politique de développement permettant de réduire la pauvreté, de créer desperspectives sur place et de contrer les causes structurelles de la migration. Elle doit également prendredes mesures pour favoriser des couloirs de migration sûrs et légaux et mettre au centre de ses préoccupationsla protection et les droits humains des réfugiés et des migrants. Un conditionnement de lapolitique de l’asile à l’aide au développement n’est donc pas du tout la voie qu’il faut suivre.

 

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