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Lutter contre la pauvreté dans notre riche Suisse

Appel de Caritas au Conseiller fédéral Alain Berset - Service de presse : Conférence nationale contre la pauvreté - 17 novembre 2016

Monsieur le Conseiller fédéral,

Les personnes en situation de détresse ont le droit à un soutien, elles ont le droit de mener une existence conforme à la dignité humaine. C’est en tout cas ce que dit la Constitution fédérale. Le mandat donné à la Confédération, aux cantons et aux communes est clair : il est de la compétence de l’État de garantir le minimum vital.

Les mesures d’économie des cantons et des communes ont engendré dans plusieurs cantons une réduction des prestations sociales, par exemple des subsides d’assurance-maladie. L’aide sociale elle aussi subit un démantèlement de ses ressources financières. Ce démantèlement se fait aux dépens du conseil et de l’accompagnement personnalisé des personnes ayant recours à l’aide sociale.

L’assainissement des finances de l’État ne peut pas se faire sur le dos des pauvres, cela n’est pas concevable.

Monsieur le Conseiller fédéral, engagez-vous fermement pour que la Confédération, les cantons et les communes remplissent le mandat qui leur est confié par la Constitution fédérale et garantissent à toutes les personnes en situation de détresse une vie conforme à la dignité humaine ! Veillez à ce que l’aide sociale des cantons et des communes remplisse son devoir de lutter contre la pauvreté ! Les prestations circonstancielles font partie de cette lutte, tout comme le conseil et l’accompagnement personnalisé des personnes dans la détresse.

Il ne s’agit pas seulement de combattre la pauvreté en appliquant simplement les prestations de l’aide sociale. Il est primordial d’empêcher l’émergence de la pauvreté. Il faut pour cela que la Confédération investisse pour prévenir les causes de la pauvreté :

 

  • La politique de la formation : un grand nombre des personnes touchées par la pauvreté ont des déficits d’éducation et de formation. Certaines compétences professionnelles qui ont été recherchées n’ont soudain plus aucune valeur et il faut les remplacer par de nouvelles connaissances. Les formations continues et les formations de rattrapage sont donc une nécessité. La Confédération doit dès lors s’engager plus fermement dans ce domaine et dans le développement d’approches et de solutions.
  • La politique familiale : l’analyse de la pauvreté des familles montre que les familles monoparentales courent un risque proportionnellement très élevé de tomber dans la pauvreté, ainsi que les familles nombreuses. La pauvreté des familles ne devrait pas exister, car les enfants vivant dans ces familles voient leur développement sérieusement compromis. Les prestations complémentaires pour familles sont un instrument central de lutte contre la pauvreté des familles. Quelques cantons peuvent déjà se prévaloir d’expériences positives dans ce domaine : la Confédération doit maintenant prendre la responsabilité d’introduire ces prestations dans toute la Suisse et de les cofinancer.
  • La politique du travail : les personnes au chômage de longue durée et les personnes en fin de droits sont chaque année plus nombreuses. Ces personnes qui n’ont plus aucune perspective dépendront, tôt ou tard, de l’aide sociale. Il faut donc renforcer les efforts d’intégration des personnes au chômage

Ouvrir des voies permettant de faire disparaître la pauvreté

Monsieur le Conseiller fédéral, la Confédération a admis et reconnu que la pauvreté représente un vrai défi dans notre riche Suisse. Avec l’introduction d’une statistique nationale sur la pauvreté et la formulation d’un programme national de prévention et de lutte contre la pauvreté, la Confédération a posé des jalons importants. Il est maintenant primordial de poursuivre avec fermeté et constance sur cette voie pour faire disparaître la pauvreté.

Au moment où l’on parle partout de faire des économies, il faut rappeler qu’il est bien plus économique, à long terme, de prévenir la pauvreté que de la combattre ou chercher à la limiter lorsqu’elle est là. Veillez, Monsieur le Conseiller fédéral, à ce que le Parlement prenne à bras le corps les causes de la pauvreté et adopte les orientations politiques nécessaires pour la faire disparaître !

Caritas Suisse

 

Mariangela Wallimann-Bornatico                                Hugo Fasel

Présidente                                                                   Directeur

 

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