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Le petit zoo de Mounir

Il y a environ trois semaines, j’ai fait la connaissance de Sirage, de sa femme et de leurs cinq enfants à Tripoli. La famille vit dans un immeuble en construction depuis qu’elle a dû quitter la région de Homs. Les parents se donnent beaucoup de peine pour faire en sorte que cette situation soit la moins insupportable possible pour leurs enfants. Les murs gris sont couverts de rideaux jaunes et des plantes vertes réchauffent un peu l’atmosphère.

Lorsque je rends visite à nouveau à Sirage et sa famille aujourd’hui, je remarque tout de suite quelque chose de nouveau : deux poissons nagent dans un aquarium placé entre les deux sofas. Le petit Mounir vient aussitôt vers moi et me parle de ses poissons, avant de disparaître dans l’autre pièce. Il en revient avec une petite boîte dans laquelle il y a encore un poisson que le petit garçon nourrit aussitôt. Il est très enthousiaste et me parle sans cesse, mais comme il s’aperçoit que je ne le comprends pas, il disparaît et va remettre le poisson à sa place. Il revient quelques instants plus tard rayonnant et me tends fièrement deux œufs, pondus par ses poules qu’il me montre aussitôt, ainsi que ses chats. Mounir me fait découvrir tous ses endroits et ses cachettes préférés. Dans son petit zoo, Mounir est à l’aise. Heureux. Sans souci.

Tout à coup, derrière un mur, j’aperçois une souris. Elle n’appartient pas au zoo de Mounir, mais bien à la triste réalité de sa vie de petit réfugié. Mounir s’occupe de ses animaux avec amour, son père Sirage a aménagé aussi bien que possible leur abri improvisé au Liban, et pourtant, toute la famille vit dans un bâtiment exposé à tous les vents, à la pluie et au froid.

Texte: Livia Leykauf-Rota, Caritas Suisse / Photo: Livia Leykauf-Rota

 

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