Navigation mit Access Keys

 

La Suisse doit faire des efforts pour la protection du climat

La politique climatique est aussi une politique de développement - Service de presse 4/2017

Les conséquences du réchauffement climatique sont dévastatrices dans les pays en développement, qui souffrent particulièrement de l’augmentation des sécheresses, inondations et cyclones. Dans ces pays, le changement climatique aggrave la pauvreté. Pourtant, les premiers responsables de cet état de fait sont les pays industrialisés, et de plus en plus également les pays émergents. La Suisse a aussi sa part de responsabilité. Il est donc nécessaire, outre une coopération au développement généreuse, que l’on engage des fonds supplémentaires dans les projets climatiques des pays du Sud, ainsi qu’une stratégie énergétique ambitieuse au plan national.

« Nouvelle année, nouveau record » : en marge de la Conférence climatique de l’ONU qui s’est tenue à Marrakech au Maroc, on annonçait que l’année 2016 avait été la plus chaude depuis le début des mesures climatiques. Dans le monde, la température moyenne s’est située 1,2 degré au-dessus de celle de l’époque préindustrielle. En décembre 2015 à Paris, la communauté internationale a conclu un accord visant à limiter l’augmentation de température dans la « limite maîtrisable » de moins de 2 degrés, et si possible même à moins de 1,5 degré.

Le temps presse. Pour garder sous contrôle les conséquences du changement climatique — extinction des espèces, fonte des glaciers, sécheresses et inondations, augmentation du niveau des océans — il faut œuvrer pour une transformation globale de nos sociétés dès aujourd’hui. L’an passé, au Maroc, tous les pays étaient d’accord pour sortir des énergies fossiles avant 2050. La décarbonisation de l’économie mondiale au profit des énergies renouvelables et d’un modèle de consommation durable doit être une réalité d’ici la moitié du siècle.

Les plus pauvres sont les premiers touchés

Certes, les pays riches ne sont pas épargnés par l’augmentation des coûts engendrés par les catastrophes dues au changement climatique. Mais les premières victimes de ces changements sont encore et toujours les populations pauvres des pays du Sud, frappés de plein fouet par les sécheresses, les inondations et les cyclones. En l’absence de structures solides et de moyens financiers suffisants, ces sociétés des pays en développement n’ont pas grand-chose à opposer à l’augmentation des catastrophes. Elles n’arrivent à maîtriser ces effets que très lentement, ce d’autant que leurs structures trop faibles ne suffisent pas à amortir les chocs des événements climatiques à répétition, même lorsque ceux-ci sont légers. Et les plus pauvres en pâtissent en premier lieu. 

Le changement climatique pousse à la migration. L’augmentation du niveau des océans, par exemple, engendre des mouvements migratoires qui touchent des régions entières des pays du Sud. Les catastrophes naturelles aggravent les conflits autour de cette ressource de plus en plus rare qu’est l’eau, péjorent les conditions de vie des plus pauvres et engendrent à leur tour des mouvements migratoires. Beaucoup de personnes cherchent refuge dans les pays en développement voisins, et y vivent dans des conditions de précarité catastrophiques. Ce qui à son tour engendre des destructions environnementales, déforestation massive, conflits pour la terre arable et l’alimentation.

Responsabilité commune, mais différenciée

Le réchauffement climatique est principalement dû aux pays industrialisés qui ont bâti leur prospérité industrielle sur l’exploitation effrénée des énergies fossiles. Les pays émergents comme l’Inde, la Chine et le Brésil contribuent également considérablement au changement climatique. En revanche, les pays en développement, qui en sont les premières victimes, ne jouent pratiquement aucun rôle dans le changement climatique. Le décalage entre pays responsables et pays qui en subissent principalement les effets est énorme et soulève la question de la « justice climatique ».

Les pays en développement ont droit à un développement durable. Les habitants des pays du Sud peuvent revendiquer des perspectives de développement dignes, équitables, respectueuses de l’environnement et socialement acceptables. Pour limiter une croissance effrénée basée sur les énergies fossiles, tous les États doivent prendre leurs responsabilités politiques dans le domaine climatique selon le principe du pollueur-payeur. Les pays riches doivent donc, rapidement et de manière cohérente, mettre en œuvre le virage des énergies renouvelables ; et ils doivent soutenir les pays en développement dans ce virage en mettant à disposition des moyens financiers et technologiques.

La Suisse doit en faire plus

Pour permettre aux pays en développement d’évoluer vers un développement durable, l’accord de Paris sur le climat met les pays industrialisés face à leurs responsabilités. Ces derniers doivent soutenir les efforts des pays les plus pauvres pour prendre des mesures de protection contre le changement climatique et d’adaptation à ses conséquences dévastatrices. Cette somme calculée en fonction de leur responsabilité globale et de leur puissance économique engage la Suisse à verser au moins un milliard de francs par année en plus des fonds consacrés à la coopération au développement. Le Conseil fédéral entend prendre ces fonds en grande partie sur le budget du développement, alors même que le financement du changement climatique ne devrait en aucun cas se faire au détriment de la lutte contre la pauvreté.

La Suisse doit prendre ses responsabilités au plan national également. Le 21 mai, les citoyennes et citoyens votent pour ou contre le référendum sur la stratégie énergétique. Même si les mesures proposées dans cette stratégie sont modestes au regard de la plupart des autres pays industrialisés, elles représentent un premier pas dans la bonne direction. Le monde politique doit toutefois faire des efforts supplémentaires pour mettre en œuvre l’Accord de Paris. Il n’est pas encore trop tard, même si le temps presse.

 

Partager cet article

Contenu de replacement