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Fuir, toujours fuir

Le centre local de Caritas Syrie à Jaramana vient en aide à plus de 5000 familles. Chaque jour, des situations nouvelles urgentes surviennent.

Ce matin-là, à la mi-janvier, une femme désespérée a franchi la porte. La première discussion se fait presque dans l’obscurité car il y a, et c’est fréquent, une panne d’électricité. Zeinab Ibrahim* a fui deux jours auparavant la région d’Ein El-Figeh, d’où vient l’essentiel de l’eau qui alimente la capitale syrienne. Les groupes armés qui contrôlaient encore la région à la mi-janvier empêchaient la population de quitter les lieux. Peu après un bombardement très violent par l’armée syrienne, la femme a réussi à fuir de nuit avec ses deux filles. Son mari, malade, n’a pas pu partir avec elles. Il tentera de les rejoindre sous peu mais il peut difficilement marcher. Fin 2011 déjà, toute la famille avait dû quitter Babila, une localité voisine de Jaramana, où les combats entre l’armée syrienne et les rebelles étaient devenus trop intenses. Ils possédaient deux magasins de chaussures qu’ils ont dû abandonné du jour au lendemain.

Elle et ses filles n’ont que ce qu’elles portent sur le dos. Elles ont marché 7 heures durant. Zeinab Ibrahim n’a emporté que le cartable d’école de sa plus jeune fille. Ce soir, elles dormiront chez une cousine dont l’appartement de trois pièces est déjà occupé par 10 personnes. 

*Le prénom et le nom ont été changés


Photo: Zeinab Ibrahim demande une aide d’urgence au centre local de Caritas Syrie à Jaramana. Le travail doit se poursuivre malgré les incessantes coupures d’électricité. (c) Alexandra Wey / Caritas Suisse
Texte: Fabrice Boulé, Responsable communication Suisse Romande, Caritas Suisse

 

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