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Financement international des mesures climatiques dans les pays du Sud

La Suisse ne prend pas ses responsabilités - Service de presse 5

Les pays du Sud ont besoin d’aide pour pouvoir se développer dans le respect du climat et la maîtrise du changement climatique. La Suisse, en tant que pays riche et coresponsable du changement climatique, a des devoirs à cet égard. L’Accord de Paris sur le climat est explicite : en plus de la coopération internationale déjà existante, des fonds supplémentaires sont nécessaires pour les projets climatiques dans les pays du Sud. Mais un rapport du Conseil fédéral montre que la Suisse n’est pas prête à endosser sa responsabilité.

En 1992 déjà, pour répondre au changement climatique dû à l’activité humaine, la communauté internationale avait signé la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques  qui recommandait notamment que les États prennent des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre selon une répartition sur la base de leur responsabilité commune, mais différenciée. La Convention émettait également le souhait que les fonds des pays industrialisés pour des projets climatiques soient nouveaux et supplémentaires.

L’Accord de Paris de décembre 2015 reprend et renforce les engagements des pays industrialisés de soutenir financièrement les efforts des pays en développement pour réduire les émissions (mitigation) et s’adapter aux conséquences du changement climatique (adaptation). En vertu du principe du pollueur-payeur, les pays riches se sont engagés à mobiliser jusqu’en 2020 au moins 100 milliards de dollars par année pour soutenir les pays pauvres face aux défis liés au changement climatique. Aujourd’hui, un rapport du Conseil fédéral décrit la manière dont la Suisse compte participer au financement international pour le climat.

Projets climatiques aux dépens de la lutte contre la pauvreté

Au regard de sa responsabilité globale et de sa prestation économique, la Suisse devrait verser au moins un milliard de francs par année. Mais le Conseil fédéral est prêt à s’engager pour seulement 450 à 600 millions de dollars. Comment en arrive-t-il à justifier une telle différence ? Il ne prend en compte, dans la base de calcul de la contribution suisse au financement international pour le climat, que les émissions directes de gaz à effet de serre, à l’intérieur du pays. Le Conseil fédéral ne prend pas en compte ce que l’on appelle les « émissions grises », qui résultent de l’importation de produits et de services de l’étranger.

Jusqu’ici, les fonds provenaient de l’Aide publique au Développement, APD. L’Accord de Paris exige que les fonds destinés aux projets climatiques des pays en développement soient nouveaux et supplémentaires, mais le Conseil fédéral, dans son rapport, considère pour sa part que les fonds pourront continuer d’être ponctionnés sur le budget existant de la coopération au développement. Ces contributions au financement international des projets climatiques vont donc continuer de se faire aux dépens de projets de lutte contre la pauvreté dans les pays du Sud.

Enfin, le rapport explique que dès 2020, la majeure partie de ce financement sera généré par l’économie et des fonds privés. Pour venir en aide aux pays en développement, le Conseil fédéral n’est pas prêt à trouver des sources de financement innovantes, supplémentaires et répondant au principe du pollueur-payeur, par exemple une taxe sur les billets d’avion, un impôt de consommation sur le kérosène et les énergies fossiles, ou un impôt climatique général sur les gaz à effet de serre.

Les plus pauvres sont aussi les plus touchés par le changement climatique

Les catastrophes naturelles dues au changement climatique sont globalement beaucoup plus dévastatrices dans les pays du Sud, car ces pays ne disposent pas des structures et des moyens nécessaires pour y faire face et les sociétés des pays en développement sont très vulnérables face à des événements qui gagnent à la fois en violence et en fréquence. Ces sociétés ont également besoin de plus de temps pour se remettre des effets des sécheresses, des inondations ou des cyclones. La longue expérience de Caritas Suisse en ce qui concerne les projets de protection climatique, de maîtrise des effets négatifs et de réduction des risques lui permet d’affirmer que les personnes pauvres sont aussi les premières à souffrir des conséquences du réchauffement de la planète.

Le Sommet sur le climat qui s’est tenu à Paris en 2015 s’est conclu sur la volonté affichée de la communauté internationale de limiter le réchauffement climatique au-dessous de 1,5 degré C° par rapport à la période préindustrielle. Cette valeur est pratiquement déjà atteinte. En 2016, la communauté internationale réunie au Maroc était unanime à admettre que pour contrer les effets dévastateurs du changement climatique — extinction des espèces, fontes des glaciers, sécheresses et inondations, augmentation du niveau des océans, migrations de population — il fallait que le monde cesse complètement de dépendre des énergies fossiles avant 2050. Cela implique l’encouragement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique et la mise en œuvre de modèles de production et de consommation durable. Si le Conseil fédéral cherche réellement à appliquer les décisions prises lors de l’Accord de Paris et préparer un avenir de résilience vis-à-vis du climat, il doit se montrer bien plus ferme dans la décision de multiplier des efforts que la Suisse devra tôt ou tard consentir.

 

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