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En Grèce, Caritas Suisse soutient les migrants

Le côté sombre de la politique migratoire de l’Europe - Service de presse 5

L’accord sur les réfugiés est souvent considéré comme un succès en Europe ; cette satisfaction ne tient pas compte de la situation réelle des premiers concernés. La fermeture des routes de la migration et de la fuite oblige en effet les migrants à prendre encore plus de risques dans leur périple. Le danger de se noyer en Méditerranée, d’être interné dans un camp aux frontières de l’Europe ou de tomber dans les filets de trafiquants d’êtres humains sans scrupules est réel.

Dans la périlleuse traversée de la Méditerranée, le nombre de personnes qui ont perdu la vie est quinze fois plus élevé lors des trois premiers mois de cette année que l’an passé à la même période. Et après leur arrivée en Europe, la situation des réfugiés n’est pas plus sûre pour autant. L’internement des réfugiés pendant des mois à la frontière hongroise et sur les îles grecques est en violation complète avec le droit international et le droit européen. À cet égard, l’exemple des 71 fuyards retrouvés morts dans un camion frigorifique en 2015 et dont les passeurs présumés sont actuellement jugés en Hongrie, est parlant.

Les fuyards, victimes de trafiquants d’êtres humains

Les personnes sur les routes de la fuite et de la migration font des victimes toutes trouvées pour les trafiquants d’êtres humains. C’est ce que démontre le rapport annuel 2016 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime dans son chapitre consacré au trafic d’êtres humains (UNODC, Global Report on Trafficking in Persons 2016). Les trafiquants et le crime organisé comptent sur le fait que les migrants s’adressent à eux pour contourner les murs, les frontières et les contrôles. L’absence d’alternative légale les rend vulnérables, dans leur recherche d’une vie meilleure, aux promesses des trafiquants.

Et une fois arrivés dans le pays censé concrétiser leurs espoirs, les trafiquants continuent d’avoir une emprise sur les migrants puisque ces derniers n’ont pas de statut légal. Quelqu’un qui, trompé par les promesses de trafiquants, a voyagé avec de faux papiers, reste persuadé que les autorités vont le punir sévèrement parce qu’il est en situation illégale, ne va pas se révolter contre les trafiquants et éviter de demander la protection de l’État. Et les procédures d’asile interminables ou excessivement dures n’arrangent effectivement pas les choses.

D’innombrables rapports décrivent cette dépendance exploitée sans scrupule et montrent comment les trafiquants forcent leurs victimes à se prostituer, à travailler comme des esclaves ou pour des salaires dérisoires. Une étude de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) montre que près de 10 % des Syriennes et Syriens qui ont fui vers la Grèce et la route des Balkans ont eu à faire aux trafiquants d’êtres humains et ont subi de ce fait une forme ou une autre d’exploitation.

Le droit à la protection devrait être inaliénable

Caritas Suisse travaille depuis novembre 2015 à assurer la sécurité des migrants particulièrement vulnérables. Sur leur route, ou lors de leur procédure d’asile, les femmes, les familles avec jeunes enfants ou les parents seuls avec des enfants trouvent un hébergement sûr grâce à Caritas Suisse et son partenaire sur place Caritas Grèce. Cette sécurité n’est pas seulement matérielle, elle est complétée par un accompagnement permettant aux personnes de mieux comprendre leur situation, leurs droits et leurs options. Avec l’aide de traductrices et traducteurs, on leur explique quels sont leurs droits et comment les revendiquer. Grâce à un suivi étroit des situations, on peut leur garantir une certaine protection en dépit de l’accord liant l’Europe et la Turquie et des mesures de durcissement de l’asile, et leur éviter ainsi de tomber dans les filets des trafiquants.

Ces hébergements sûrs et ce soutien juridique de Caritas ne représentent toutefois pas une solution à long terme. Tant que les politiques de l’Europe resteront dans les mêmes dispositions, les trafiquants d’êtres humains resteront aux affaires. Il existe pourtant des alternatives légales, par exemple des visas humanitaires, des facilités de regroupement familial, des programmes de migration sûre, des procédures simplifiées pour l’obtention de visas de formation et d’étude ou des programmes de zones sécurisées à long terme dans les régions en guerre. Des mesures prévisionnelles permettant la fuite dans des conditions légales se font attendre depuis longtemps.

 

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