Navigation mit Access Keys

 

«Bienvenue dans notre chambre»

Quel avenir pour cette famille afghane qui semble en panne à Athènes ? Et pourtant, l’accueil reste chaleureux et plein d’humour.

Nous les avons rencontrés sur le quai du métro, à la station qui dessert le Parc Victoria, ce petit jardin public du centre d’Athènes transformé en camp de réfugiés à ciel ouvert (avant son évacuation le 6 mars). Un rapide échange de numéros de téléphone nous permet de les retrouver quelques heures plus tard à Hellinico, un camp installé depuis plusieurs semaines sur le site de l’ancien aéroport international de la capitale grecque.

Ils viennent nous chercher à l’extérieur de leur terminal. Comme point de repère, nous leur indiquons la vieille passerelle d’embarquement de la compagnie Olympic qui rouille là, à la grande joie des enfants. Présentations : Hussein, l’oncle, la jeune cinquantaine, et Wali, le neveu, la trentaine. Nous rejoindrons un peu plus tard l’épouse de Wali, Roukhia et leur fils Sharhan qui sont allés se changer les idées sur le bord de mer.

Les deux Afghans semblent incroyablement sereins malgré les circonstances. Nous les suivons à travers le dédale des îlots formés par les familles, dont l’espace « privé » est marqué par des couvertures posées sur le sol. L’odeur est forte. Le bâtiment est grand mais peu d’air y pénètre. Les centaines de personnes présentes vivent depuis des semaines dans des conditions d’hygiène difficiles. Ici on mange, ici on joue aux échecs, là on dort. Le propriétaire d’une tondeuse à cheveux s’est improvisé coiffeur. Deux euros la coupe ! Des enfants poussent en riant une chaise roulante pour handicapé.

« Bienvenue dans notre chambre », lâche Hussein, pince-sans-rire, lorsque nous arrivons à leur carré de couvertures. La famille a fui Jaghori, en Afghanistan, il y a quelques semaines. Traversée de l’Afghanistan, de l’Iran et de la Turquie avant de naviguer jusqu'à l’île de Kos. Des milliers de dollars donnés aux passeurs. Mais ils n’avaient pas le choix. L’année dernière, les talibans ont tué le jeune frère d’Hussein, officier dans l’armée afghane. Ému et solennel, Hussein nous montre sa tombe sur son téléphone. Lui-même, propriétaire d’un café Internet à Jaghori, passait pour un espion à la solde des Américains ! Les menaces devenaient trop fortes. C’est la fuite. Destination l’Allemagne, parce qu’un cousin y a obtenu l’asile. Avec l’espoir d’y faire venir plus tard l’épouse d’Hussein, leurs enfants et ceux de son frère assassiné.

Ils sont maintenant en panne. Toutes les frontières semblent fermées aux Afghans. Ils n’ont plus d’argent pour des passeurs. Et dans l’immédiat, Hussein a besoin de soins à un pied qui s’est infecté suite à une blessure. Il n’a pas pu se doucher depuis plusieurs jours. Et le jeune Sharhan tousse de plus en plus. Ils tenteront le lendemain une visite à Caritas Athènes pour recevoir des soins et des conseils juridiques.

 

Texte: Fabrice Boulé, Caritas Schweiz
Photo : Lefteris Partsalis.

 

Partager cet article

Contenu de replacement

 
[Übersetzen auf Français] Ersatzinhalt-Startseite-Standard-DE
 
 

Caritas Suisse
Adligenswilerstrasse 15
Case postale
CH-6002 Lucerne

 

PC 60-7000-4
IBAN CH69 0900 0000 6000 7000 4
Les dons peuvent être déduits des taxes.

 

Dons

Prenez contact avec nous. Nous vous conseillons volontiers personnellement.

PLUS