Ne pas réduire les efforts contre la pauvreté des enfants

Des pas hésitants en matière de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants - Service de presse 11/2018

Aujourd’hui en Suisse, 108 000 enfants sont pauvres et 154 000 autres vivent dans la précarité. Voilà une année, Caritas a mis en évidence les lacunes existant en matière de lutte contre la pauvreté des enfants. Qu’est-ce qui a changé depuis lors ? Quelles décisions politiques ont été prises ?

Ne pas réduire les efforts contre la pauvreté des enfantsPermettre aux parents de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle implique que l’accès à l’accueil extrafamilial des enfants soit amélioré. Il est donc primordial de mettre à disposition des offres faciles d’accès à prix raisonnable et répondant aux besoins des parents. Avec l’incitation financière pour la création de places d’accueil et les aides financières, la Confédération dispose de deux instruments. L’incitation financière, qui arrive à terme fin 2018, veut favoriser la création de nouvelles places d’accueil extrafamilial des enfants ; les nouvelles aides financières quant à elles permettent d’augmenter les subventions des cantons et des communes et donc de rendre la prise en charge des enfants plus abordable. Ces deux instruments doivent promouvoir les projets les mieux adaptés aux besoins des parents.

Contre l’avis du Conseil fédéral, le Conseil des États a décidé en septembre 2018 de prolonger l’incitation financière pour la création de places d’accueil extrafamilial des enfants — une décision réjouissante dans la perspective de la lutte contre la pauvreté. En ce qui concerne les nouvelles aides financières, les positions varient d’un canton à l’autre. En Thurgovie, par exemple, le Conseil d’État ne voit pas la nécessité d’agir, alors que le Parlement invite le canton de Berne à étendre son offre axée sur le besoin et à augmenter les subventions destinées à la prise en charge extrafamiliale des enfants. Bâle-Campagne est également prête à déposer une demande de contribution. Les premières demandes sont parvenues à l’Office fédéral des assurances sociales en septembre 2018. Elles sont en cours d’examen. Comme ces aides financières permettent d’étendre les offres pour les parents aux horaires de travail irréguliers, de réduire le prix des places de crèche et de donner accès à l’encouragement précoce des enfants de milieux défavorisés, les cantons et les communes doivent se saisir de ces moyens supplémentaires dans leur politique de lutte contre la pauvreté.

Garantie du minimum vital : un manque de volonté politique, des décisions négatives

En 2015, le Conseil fédéral a publié un rapport qui donnait aux cantons la responsabilité de l’aide sociale — et donc partiellement de la garantie du minimum vital des enfants. Depuis lors, la situation des enfants ne s’est pas arrangée. Dans le cadre des réductions de prestations de l’aide sociale décidées au plan cantonal, les enfants et les adolescents sont souvent prétérités. Des représentants du Parlement fédéral s’inquiètent de la course solitaire des cantons dans ce domaine et lancent des interpellations visant à une meilleure coordination de l’aide sociale. Si une loi-cadre fédérale sur l’aide sociale venait à voir le jour, il faudrait y réserver une place particulière à la garantie du minimum vital des enfants.

Les prestations complémentaires pour familles elles aussi sont un instrument important permettant de garantir le minimum vital des enfants. Plusieurs expériences et évaluations faites dans les cantons du Tessin, de Soleure, de Vaud et de Genève confirment que ces prestations complémentaires sont efficaces pour lutter contre la pauvreté des enfants. Récemment, des initiatives et interpellations politiques visant à les introduire dans les cantons de Bâle-Campagne, Berne et Zurich ont été lancées ; elles sont en suspens. En revanche, dans le canton du Jura, le peuple a refusé en juin 2018 de les introduire.

En matière de garantie du minimum vital, la volonté politique fait défaut, alors qu’avec l’incitation au financement de l’accueil extrafamilial des enfants et les nouvelles aides financières fédérales, on a pris l’an passé deux décisions réjouissantes en ce qui concerne la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Quant aux prestations complémentaires pour familles, les cantons de Bâle-Campagne, de Berne et de Zurich, où des interpellations politiques sont en suspens, sont invités à suivre l’exemple des cantons du Tessin et de Vaud et à les introduire.

Caritas lutte contre la pauvreté des enfants

 

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