Le coronavirus en Afrique subsaharienne

Comment la pandémie de coronavirus aiguise la détresse quotidienne en Afrique - Service de presse 10/2020

Le Covid-19 s'étend en Afrique subsaharienne. Des systèmes de gouvernance et de santé opérationnels y font défaut pour contrôler efficacement le virus. Les répercussions indirectes de la pandémie - la faim, l’absence d'éducation et la montée de la violence - aggravent encore les difficultés quotidiennes de nombreuses personnes. 

Lorsque le coronavirus a fait son apparition en Afrique subsaharienne, de nombreux pays ont réagi de manière très stricte : confinement, obligation de porter un masque, fermeture des frontières. Mais ces restrictions pesant sur la vie publique sont difficiles à appliquer dans les pays pauvres car beaucoup de gens y vivent au jour le jour. Même si le nombre de cas continue d'augmenter, les restrictions ont été vite assouplies dans de nombreux pays : les effets sur l'économie ne sont plus supportables. L'Afrique du Sud est la plus touchée, avec plus de 680 000 cas signalés et plus de 17 000 décès (OMS, état au 06.10.2020). Mais cela ne signifie pas que les autres pays africains, où le nombre de cas est moindre, sont moins affectés : le manque de capacités de test fait redouter aux experts un nombre important de cas non signalés.


Carte : Propagation du coronavirus en Afrique subsaharienne (OMS, état au 06.10.2020) 

Pour de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, les conséquences directes de la pandémie sont dévastatrices car les systèmes de santé sont inadaptés et qu’il manque de lits d'hôpitaux et d'équipements respiratoires. Mais les répercussions indirectes sont encore plus dramatiques. Avant la pandémie déjà, nombre de nations d'Afrique subsaharienne étaient confrontées à l'inflation, au manque d'emplois et à de piètres systèmes éducatifs, en particulier dans les zones rurales.

Le Covid-19 a encore aggravé les choses : les mesures de confinement et la fermeture des frontières ont privé de nombreuses personnes de leurs sources de revenus, le plus souvent informelles. Pour les pauvres surtout, un revenu quotidien est essentiel pour nourrir leur famille. La fermeture des écoles provoque des déficits éducatifs pour des millions d'enfants. En Ouganda, par exemple, les écoles sont fermées depuis mars 2020 et leur réouverture ne fait débat que depuis peu. Une collaboratrice de Caritas Suisse en Ouganda confie son inquiétude : « Plus de 15 millions d'enfants ougandais risquent de manquer presque une année scolaire complète. Nombre d’entre eux n'ont pas la possibilité d'étudier à la maison, et ceux issus de familles démunies accumulent encore plus de retard. Le travail des enfants, les grossesses précoces et les mariages forcés sont en augmentation ». Les mesures de confinement accroissent manifestement les cas d'exploitation sociale, de harcèlement sexuel et de violence domestique.  

La pandémie a péjoré la situation sécuritaire et la stabilité politique dans de nombreux pays africains. Au Mali, la détresse de la population s'est accrue et le gouvernement a essuyé de vives critiques. En plus des mesures contre le coronavirus, la faim, la violence et l'insécurité causées par les groupes extrémistes, ainsi que le chômage généralisé, rendent la situation plus critique. Un large mouvement d'opposition s'est donc constitué : il a organisé des protestations pendant des mois et exigé la destitution du président. Ce processus a finalement conduit à un coup d'État militaire en date du 18 août.  

Comment Caritas Suisse aide les personnes les plus touchées

Caritas Suisse a réagi rapidement pour contrecarrer l’impact de la pandémie de coronavirus. Un objectif majeur est d’aider les personnes souffrant de la faim. Dans de nombreux pays, la pandémie coïncide  avec la période de soudure annuelle, à savoir les mois où les gens ont épuisé la récolte de l'année précédente et attendent l’arrivée des nouveaux produits. En raison des mauvaises récoltes de l'année précédente et du manque de sources de revenus alternatives, un nombre particulièrement élevé de Maliens est actuellement touché par la faim. Caritas Suisse a donc distribué une aide alimentaire à plus de 3 500 personnes dans 31 villages de la région de Bandiagara, au centre du Mali. Au Burkina Faso et en Ouganda, Caritas Suisse a aussi distribué de la nourriture à des personnes particulièrement démunies.

Caritas Suisse a par ailleurs lancé une vaste campagne d'information sur le Covid-19. Au Mali, au Burkina Faso, au Tchad, en Éthiopie, au Somaliland et au Soudan du Sud, des collaborateurs de Caritas fournissent à la population des kits d'hygiène et l’informe sur les mesures de prévention adaptées. La sensibilisation passe aussi par des reportages radio et des affiches en langues locales. Car les fausses informations sur le virus sont monnaie courante : ainsi, dans les zones rurales du Soudan du Sud, beaucoup n'ont jamais entendu parler du coronavirus, et les gens qui le connaissent déjà font fréquemment confiance à des pratiques superstitieuses pour s’en prémunir. Comme le coronavirus risque de sévir encore longtemps, les campagnes de sensibilisation et les mesures de prévention sont la forme de soutien la plus durable. Car même en Afrique subsaharienne, le respect des règles d'hygiène de base - se laver les mains régulièrement et garder ses distances – est la protection personnelle la plus indiquée.

Photo : Renforcement de l'accès à l'eau à Oromia, en Éthiopie. (c) Caritas Suisse

L'engagement de Caritas : Coronavirus - notre solidarité avec les pays pauvres est nécessaire

 

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