Le conseiller en intégration comme tisseur de liens

Intégration professionnelle des réfugiés à Fribourg - Service de presse 6/2018

Entretiens avec les réfugiés, contacts avec les entreprises, organisation de divers projets d’insertion sociale et professionnelle : c’est le quotidien des conseillers en intégration de Caritas Suisse à Fribourg. Ces personnes assurent le suivi individuel des réfugiés jusqu’à leur intégration professionnelle.

L’agenda est bien rempli : quatre entretiens dont deux nouveaux dossiers, un bilan de stage et quelques prises de contact avec des entreprises afin d’élargir notre réseau. 8h30, le premier entretien. C’est un réfugié érythréen, Solomon, 33 ans, qui vient de recevoir la décision d’asile. C’est une première prise de contact. Le conseiller va identifier par quelques questions ciblées son parcours privé et professionnel. Il va également se renseigner pour savoir si le réfugié a suivi le programme de cours de langue mis en place par le canton. Si tel n’est pas le cas, il l’inscrira dans une classe si des places sont libres ou il prendra contact avec une autre institution afin qu’il puisse bénéficier des cours de langue qui lui sont destinés. Lors de cette première rencontre, le conseiller va également identifier le parcours scolaire du réfugié dans son pays. Car il faut savoir que d’une région à l’autre et selon l’appartenance ethnique, les niveaux scolaires peuvent être très divers. Finalement, le conseiller va demander au réfugié d’apporter pour le prochain rendez-vous tous les documents qui lui seront utiles pour écrire un CV.

Entre les deux entretiens, le téléphone sonne. Un patron appelle. Son stagiaire n’est pas venu travailler ce matin. Le conseiller va se renseigner. Il essaye de joindre le réfugié qui ne répond pas. Mais c’est déjà l’heure du deuxième rendez-vous. La concentration est importante car pour 45 minutes, il faudra mettre en veille le problème précédent afin de donner un conseil de qualité au réfugié présent dans le bureau. Ce jeune Syrien de 23 ans a apporté tous les documents pour établir son CV. Il est à l’école professionnelle et artisanale et suit les cours d’intégration qui sont une mise à niveau scolaire pour les réfugiés. Les cours dispensés sont le français ou l’allemand, les mathématiques, l’informatique, l’histoire et la géographie. Ahmed souhaiterait par ailleurs travailler le week-end afin d’améliorer son français. Le conseiller va donc chercher une place qui correspondra avec les horaires de l’école. Et voilà que le téléphone sonne. Le réfugié qui ne s’est pas présenté à son stage appelle. Il est malade et il est allé chez son médecin. Le conseiller l’informe qu’il doit appeler son patron au plus vite afin de l’avertir. Après cette interruption, le conseiller appelle un employeur afin de trouver une place de travail pour Ahmed pour les week-ends. La place est trouvée et le conseiller fixe un rendez-vous à Ahmed pour qu’il puisse rencontrer son nouveau patron. L’entretien est terminé. 11h45, le conseiller appelle encore le patron qui s’est trouvé sans stagiaire afin de vérifier que le jeune a bien pris contact.

13h30, rendez-vous avec une jeune dame tibétaine, Sonam. Elle a trouvé un travail à 100% en cuisine dans une institution pour des personnes avec un lourd handicap. Le conseiller va vérifier le contrat de travail. Il va également contrôler que l’autorisation de travail au service de la migration a bien été transmise. C’est une très bonne nouvelle : la jeune femme pourra d’ici une année faire une demande de regroupement familial car elle sera autonome financièrement.

14h15, le conseiller décide de contacter quelques entreprises de la région afin d’élargir notre réseau professionnel pour placer des réfugiés en stage. Le stage est un outil important. Il permet d’actionner des engagements fixes et temporaires. Il donne également la possibilité à des réfugiés en difficulté de reprendre confiance en eux et de retrouver un rythme professionnel qu’ils avaient perdu. Le canton de Fribourg nous permet d’organiser des stages d’un, trois, voire six mois. Cet outil permet également une insertion sociale notamment par le contact avec les collègues de travail.

15h00, dernier rendez-vous de la journée. Ce réfugié tibétain a malheureusement perdu son travail. Le restaurant a fermé. Le conseiller va le diriger vers les offices régionaux de placement car ayant travaillé plus d’une année, il aura droit à des indemnités chômage et à des mesures d’insertion professionnelle. L’inscription à l’ORP peut être compliquée pour les réfugiés, il leur est parfois difficile de comprendre les méandres de notre système des assurances sociales. Ils sont donc soutenus par les assistants sociaux et les conseillers en intégration pour entreprendre les démarches nécessaires. Nous dispensons également des formations pour faciliter la compréhension du système administratif.

16h00, à la réception du service Intégration, une jeune dame érythréenne se présente. Notre collaborateur administratif lui demande son rendez-vous. Malheureusement, elle n’en a pas. En fonction de la demande, le conseiller va la recevoir ou pas. Dans la négative, un rendez-vous lui sera donné.

S’il lui reste un peu de temps, le conseiller se consacrera aussi à de nouveaux projets d’insertion sociale et professionnelle. Il est important de rester constamment dynamique et créatif. Les réfugiés apprécient de participer à des projets communs. Ainsi l’exposition « Je crée, donc j’existe » a permis à des réfugiés de démontrer leurs aptitudes créatrices : peinture, couture, photographie. Un autre exemple : le projet McPhee (garde d’enfants) qui a permis une insertion sociale et professionnelle des familles avec enfants. Ce projet est né d’une synergie entre le service social et le service Intégration. Des mamans avec enfants peuvent à ce jour entreprendre des formations ou tout simplement travailler.

Il n’y a pas de journée type d’un conseiller en intégration, mais il y a une multitude de journées variées et enrichissantes !

Photo: (c) Yohannes Berhane, 22 ans, jeune réfugié d’Érythrée, est quant à lui arrivé à Fribourg en 2012 avec sa mère et sa sœur. Il  réalise une AFP (attestation fédérale professionnelle) d’assistant mécanicien, une formation qu’il est en train de terminer. Fabian Biasio/Caritas Suisse

 

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