La Suisse doit s’engager plus fermement

Coopération internationale de la Confédération pour les années 2021–2024 - Service de presse 8/2018

Au cours des deux prochaines années, l’administration fédérale, le Conseil fédéral et le Parlement discuteront de l’orientation future et du cadre financier de la coopération suisse au développement. Avec l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’Accord de Paris sur le climat, la communauté internationale et l’ONU ont posé un cadre exhaustif et contraignant. La Suisse doit s’impliquer davantage — par responsabilité et solidarité avec les plus pauvres et les plus défavorisés, mais aussi dans son propre intérêt.

Les débats portant sur la coopération internationale — la coopération au développement et l’aide humanitaire ainsi que le travail pour les droits de l’homme et la promotion de la paix — pour les années 2021-2024 ont commencé. L’Agenda de l’ONU pour le développement durable (Agenda 2030), qui vise à fixer une trajectoire socialement, écologiquement et économiquement durable pour notre monde d’ici 2030, est un cadre et un axe d’orientation universellement reconnus. La Suisse a participé à l’élaboration de l’Agenda 2030 et l’a approuvé. Elle doit donc mettre en œuvre dans ses frontières les objectifs de durabilité qu’il contient. Et elle doit s’engager davantage en faveur du développement durable dans les pays du Sud.

Défis mondiaux et responsabilité globale

Les défis auxquels la planète doit faire face sont immenses : ces quatre dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées depuis que l’on prend des mesures. Or, les pays pauvres du Sud sont les premières victimes des conséquences du changement climatique : les conditions météorologiques imprévisibles, les inondations et des sécheresses croissantes, accompagnées de pénuries de nourriture et d’eau se multiplient. Et le changement climatique crée une nouvelle pauvreté et réduit à néant les efforts et progrès déjà accomplis en la matière. En outre, plus de 71 millions de personnes dans le monde fuient des conflits, la violence ou les violations des droits de l’homme. Ce nombre n’a jamais été aussi élevé. Au total, près de 130 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire. Alors que les besoins ont été multipliés par trois ces six dernières années, la moitié seulement de ces besoins est couverte par la communauté internationale.

La Suisse doit endosser ses responsabilités face aux impacts négatifs de la globalisation. En effet, elle a tendance à acheter sa prospérité et sa durabilité intérieures à un prix élevé, payé par les pays pauvres et l’environnement. La Suisse fait partie des dix plus importants exportateurs de systèmes d’armes conventionnelles par habitant du monde. En 2017, elle a donné son autorisation à des exportations de matériel de guerre pour un montant de 450 millions de francs — c’est presque autant que le montant que la DDC engage pour l’aide humanitaire. En outre, en faisant fabriquer des biens et des services qui sont ensuite importés et consommés en Suisse, les Suisses engendrent une pollution atmosphérique et une perte de biodiversité dans les pays où ces biens sont fabriqués. Si tous les habitants du monde se mettaient à vivre sur un aussi grand pied que les Suisses, il faudrait trois planètes pour garantir cette prospérité. Enfin, de par sa politique fiscale et financière, la Suisse est aussi responsable des pertes que subissent les pays en développement, qui perdent plus d’argent par le biais de l’évasion fiscale et des sorties de fonds illicites que ce qu’ils reçoivent sous forme de coopération au développement.

Programme en huit points pour un agenda de développement efficace

Dans un programme en huit points pour un agenda de développement efficace et durable, Caritas montre la direction que la coopération internationale devrait prendre. L’œuvre d’entraide se concentre sur la lutte contre la pauvreté et la justice mondiale, la migration équitable et des conditions de travail décentes, ainsi qu’un développement générant de faibles émissions, et adapté au changement climatique. Caritas attend du Conseil fédéral qu’il informe la population du pays sur les interdépendances et les obligations internationales de la Suisse et plus particulièrement sur l’Agenda 2030 et l’Accord sur le climat. Les consultations sur la coopération internationale 2021-24 ne visent pas seulement à définir les points forts de l’engagement futur du pays à l’échelle mondiale : elles doivent aussi susciter un large débat public sur la responsabilité de la Suisse en tant qu’acteur au niveau de la planète.

Pour que l’engagement international de la Suisse soit apte à répondre aux engagements multilatéraux, aux défis globaux croissants et aux exigences et besoins sociaux et politiques, il faut augmenter par paliers les fonds dédiés à la coopération internationale. Parallèlement, il faut concevoir dans le sens d’un développement durable toutes les activités et stratégies politiques de la Suisse qui ont un impact sur les pays en développement. Cela vaut en particulier pour la politique fiscale et financière, la politique du commerce extérieur et de l'investissement et la politique climatique.

Prise de position sur ce thème : « 8 propositions pour un agenda de développement durable »

 

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