Beaucoup restent en panne malgré les milliards de la Confédération

Lorsque le soutien pour les situations d’urgence dues au Covid-19 ne suffit pas - Service de presse 05/2020

La crise du Covid-19 menace l’existence même d’un certain nombre de personnes vivant en situation précaire. Beaucoup ne touchent de la Confédération et des cantons qu’une aide insuffisante, quand elle n’est pas tout simplement inexistante. C’est le cas par exemple des familles vivant avec le minimum vital, des personnes travaillant dans des emplois précaires et de celles dont le statut de résidence n’est pas assuré, ainsi que des sans-papiers.

Blog: Beaucoup restent en panne malgré les milliards de la ConfédérationLe Conseil fédéral et le Parlement ont pris des mesures pour atténuer les conséquences économiques et sociales de la pandémie pour un montant de 60 milliards de francs. Il s’agit du plan de sauvetage le plus important de l’histoire suisse. La plupart des cantons et un grand nombre de communes ont également engagé des fonds de soutien. Ces milliards viennent en aide à un grand nombre d’employés, d’indépendants et d’entreprises qui s’enfonceraient sinon dans de grandes difficultés. Toutefois, nombreuses sont aussi les personnes qui ne peuvent pas bénéficier de soutien ; ou alors ces soutiens ne suffisent pas à assurer leur subsistance. Les familles à faibles revenus, les travailleurs ayant un emploi précaire, les travailleurs indépendants dans des secteurs à bas salaires, les sans-papiers ou les travailleuses et travailleurs du sexe sont particulièrement vulnérables.

Les familles se retrouvent en difficulté

Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique, quelque 1,2 million de personnes en Suisse ont de la peine à assurer leur subsistance. Ces personnes sont pauvres, ou leur revenu leur permet tout juste de se maintenir au-dessus du minimum vital. C’est le cas notamment de nombreuses familles monoparentales avec de jeunes enfants. Ces familles qui, déjà en temps normal, touchent un salaire à peine suffisant pour subvenir à leurs besoins sont frappées de plein fouet par la crise du coronavirus. Les indemnités pour perte de gains, les indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail (chômage partiel) ou les indemnités journalières, ne sont versées qu’à hauteur de 80 % du revenu moyen. Pour une famille à faible revenu, quelques dizaines de francs de moins représentent déjà une menace existentielle. Elle ne dispose pas en effet des réserves lui permettant de faire face à une baisse de revenu. Beaucoup ne savent pas comment elles vont pouvoir payer leur loyer et les factures de la fin du mois. À cela s’ajoute le fait que pour ces personnes, concilier la vie de famille et la vie professionnelle a été encore plus difficile que d’habitude pendant la période du confinement. Les familles monoparentales surtout arrivent à leurs limites. Les mères et les pères gagnant un revenu bas ont rarement la possibilité de travailler en télétravail ; bien plus souvent, elles et ils ont dû réduire leur temps de travail. Cela représente une nouvelle perte de revenus. Depuis le début de la crise, de nombreux parents et familles monoparentales qui avaient déjà du mal à joindre les deux bouts en temps normal ont dû faire appel à l’aide sociale.

Salariés et indépendants en situation précaire

La crise du Covid-19 a causé la perte des sources de revenus de nombreuses personnes ayant un emploi précaire. Elles ont été licenciées ou n’ont pas été engagées à accomplir des heures de travail à l’appel. C’est particulièrement le cas des aides à domicile, des employés temporaires et des employés à l’appel. Dans les branches à bas salaire, comme le commerce de détail, l’hôtellerie ou la construction, les employés sont très souvent engagés à l’heure. Malgré l’extension du champ d’application, certains n’ont toujours pas droit à des indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail. En outre, il est fréquent que les contrats de travail sur une base horaire ne garantissent pas un nombre minimum d’heures de travail. Et dans ce cas, un employeur peut réduire drastiquement le temps de travail, ou même cesser d’employer la personne salariée, sans mettre fin à son contrat, ni annoncer le chômage partiel. Dans la construction, par exemple, certains contrats de travail ont continué à courir, alors que les employés ne travaillaient plus et ne percevaient plus de revenus. Or, si elles ne sont pas licenciées, ces personnes ne peuvent pas demander d’indemnités chômage.

Les indépendants des branches à bas salaires et les petits entrepreneurs qui ont peu de réserves, comme les coiffeurs, les chauffeurs de taxi ou les petites entreprises familiales de restauration, sont durement touchés par la perte de revenus. Les indemnités n’en couvrent qu’une partie. En outre, elles ne font pas l’objet d’un taux minimal. Les personnes fiscalement taxées sur un faible revenu l’année passée ne reçoivent que de très faibles indemnités journalières. Selon une étude de la Haute École de travail social de Zurich (ZHAW), depuis le début de la crise, les services sociaux ont enregistré un nombre particulièrement élevé de nouvelles inscriptions de personnes salariées à l’heure ou travaillant dans des conditions précaires, mais aussi d’indépendants à faibles revenus.

Personnes dont le statut de résidence n’est pas sûr

Certains groupes de personnes n’ont qu’un accès très limité, ou même aucun accès, à l’aide publique. C’est le cas par exemple des personnes au bénéfice d’un permis de séjour L ou B qui se trouvent en Suisse depuis moins d’un an. Certaines de ces personnes n’ont pas droit aux indemnités de chômage (y compris celles pour travail à temps partiel). Souvent, elles ne peuvent pas non plus faire appel à l’aide sociale, ce qui aggrave leur situation. Et beaucoup de personnes qui en auraient le droit ne font pas valoir ce droit par crainte d’être stigmatisées ou d’en subir des conséquences en matière de droit de séjour. En faisant appel à l’aide sociale, les personnes venant d’un pays tiers (hors UE/AELE) ou souhaitant être naturalisées mettent en danger la prolongation de leur permis de séjour, ou sa validité, ou bien encore leur procédure de naturalisation.

La situation des sans-papiers est particulièrement précaire. La plupart d’entre eux ont perdu leur emploi d’aide domestique, ou dans la construction, l’agriculture ou encore la gastronomie. Ces personnes n’ont plus aucune source de revenus. Elles n’ont pas accès à l’aide publique et ne peuvent donc pas demander l’aide sociale. Seuls quelques cantons et communes proposent des ressources financières venant en aide aux sans-papiers. La situation est grave aussi pour les travailleuses et travailleurs du sexe. Souvent, ces personnes ont non seulement perdu leurs revenus, mais aussi leur logement. La grande majorité d’entre elles n’ont ni nationalité suisse ni autorisation de séjour, et donc pas droit aux indemnités de chômage ou à l’aide sociale. D’autres verraient leur recours à l’aide sociale mettre en péril leur statut de résidence. D’autres encore, qui ne peuvent pas quitter le pays, n’ont pas de réseau social et se trouvent très marginalisées.

Photo : Dominic Wenger
 

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